Je vous avais montré que nous avions plusieurs types de mémoire et je vous avais dit que j'allais vous en parler davantage puisque ce sujet semblait intéresser certaines d'entre vous.
    Nous allons aujourd'hui parler de la “mémoire épisodique”. C'est celle qui est la plus intéressante  à étudier.
    La mémoire épisodique nous l'avons dit est celle qui enregistre les événements de notre vie, dans l'ordre chronologique de leur arrivée.

    Il faut savoir qu'il y a d'abord une énorme activité inconsciente de notre cerveau, qui enregistre en permanence toutes les perceptions de nos cinq sens et notamment toutes les images que nos yeux voient.
    Tous les 1/40èmes de seconde le thalamus interroge nos organes de sens et aiguille les informations reçues vers les centres d'interprétation du cortex.
    Les informations traitées sont enregistrées pour une durée faible et certaines vont être envoyées au cortex frontal qui va s'en servir à des fins diverses.
    Cette activité est totalement inconsciente et permanente pendant l'éveil.

    Supposez que vous soyez arrêté à un feu rouge dans votre voiture. Des voitures passent au carrefour sur la voie perpendiculaire, mais elles ne vous intéressent pas. Vous avez la sensation de les avoir vues, mais vous n'y accordez pas d'importance.
    Mais la personne assise à coté de vous vous dit soudain “tiens une dodoche”. (une 2CV) !
Vous ne l'aviez pas remarquée, mais vous faites un effort de mémoire et son image vous revient, pas très précise certes, mais vous vous rappelez la couleur, la rue d'où elle venait.

    On vous aurait dit cela une minute plus tard, vous auriez été incapable de cette extraction de la mémoire. L'image ayant été jugée sans intérêt a été effacée. C'est à dire que des connexions entre neurones, activées pour quelques dizaines de secondes, n'ont pas été maintenues et nous oublions l'évènement correspondant.
    Heureusement d'ailleurs, car supposez que nous enregistrions les 40 images que nous voyons toutes les secondes sans les effacer, notre cerveau serait saturé au bout de quelques semaines..

    Deuxième cas. Supposons maintenant que vous gariez votre voiture au parking du supermarché. Votre cerveau va enregistrer les images correspondantes, mais là le cortex frontal va lui dire : “il faut se rappeler cet endroit”. Alors il va faire chercher des images complémentaires, ou même des éléments syntaxiques comme le numéro de la rangée et de la place.
    Les connexions correspondantes vont être renforcées sur ordre des neurones du cortex frontal et vous allez conserver en mémoire l'information jusqu'à ce que vous vous en serviez pour retrouver votre voiture. En suite elle s'atténuera un peu, mais jusqu'au soir vous vous rappelerez les grandes lignes de votre stationnement.
    Puis, pendant votre sommeil, le cerveau va faire disparaître ces connexions inutiles et le lendemain vous n'aurez sans doute plus grand chose en mémoire et plus le temps passera moins vous en aurez de souvenir.
    Par contre si vous vous réveillez au moment où votre cerveau “évacue” ce souvenir, vous allez rêver du parking et de votre voiture, mais de façon assez incohérente.!
    Les souvenirs épisodiques utiles sont conservés au moins jusqu'à la nuit suivante. Mais leur précision dépend de la motivation que nous avons eue au moment de leur acquisition. Ainsi nous nous souviendrons très mal en tant que témoin, d'une personne dont les actes ne nous ont pas concernés.
    Le centre qui organise la mémorisation sur ordre du cortex frontal est l'hippocampe (c'est ce centre qui est l'un des premiers lésés dans la maladie d'Alzeimer). Il est aidé par le thalamus qui coordonne les sensations.(voir la figure ci-dessous)



    Trosième cas, nous allons tous les jours à notre travail en passant par les mêmes rues, les mêmes endroits. Le premier jour nous faisons un effort de mémorisation, mais nous n'avons enregistré que quelques éléments de notre route. Mais à force de répétition du même trajet notre mémoire enregistre plus de détails et la répétition consolide notre mémoire.
    On constate que plus nous mémorisons le même événement ou plus nous rappelons fréquemment son souvenir et plus ce souvenir est ancré dans notre mémoire.
    A l'inverse un souvenir dont nous ne nous servons jamais, se détériore peu à peu et à la longue disparaît.

    Enfin l'hippocampe étant en relation constante avec les autres centres du cerveau émotionnel et en particulier les centres amygdaliens, la mémorisation varie énormément selon la charge émotionnelle de l'événement enregistré.
    C'est ce dont nous parlerons dans mon prochain article.


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