Vendredi 27 septembre 2019 à 0:00

Ecologie, Changement climatique

          Je voudrais refaire quelques articles sur le changement climatique.
         
Ce que j’ai dit jusqu’à présent sur le réchauffement climatique et les intervenants dans le climat est assez théorique et on souhaiterait des données sur ce qui nous attends dans les années futures. Mais ce n’est pas facile car d’une part les modèles mathématiques que nous avons ne sont pas parfaits, que les phénomènes sont très complexes et que les répercussions seront différentes selon les endroits.

           De plus on ne sait pas quelles quantités de gaz à effet de serre seront relâchées dans l’atmosphère dans les prochaines années car c’est presque uniquement fonction de décisions politiques, et si la Chine et l’Inde consentent à faire un petit effort, Trump et le président du Brésil restent toujours aussi ignares et réticents, or les USA sont le principal pollueur, de manière absolue, et de loin par habitant.

           La Chine et l’Inde polluent beaucoup, et leur consommation énergétique par habitant reste faible et donc ne peut qu’augmenter. Ces deux nations font cependant effort pour diminuer la pollution qu’elles engendrent. Les USA ont par contre de loin le plus fort taux de consommation énergétique du monde et se refusent à faire effort, tant pour réduire ce taux, que pour diminuer les émissions de gaz à effets de serre.

           Il faut donc, avant d’exposer des résultats, parler de la méthodologie, notamment celle adoptée par le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

           Le GIEC avait fait une étude sur les conséquences pratiques du changement climatique, mais cette étude était basée en  2007 sur des hypothèses économiques assez vagues sur l’évolution future de la démographie mondiale, de nos modes de vies et sociétés, et les connaissances techniques étaient moins bonnes qu’aujourd’hui.
          Depuis le GIEC a revu sa méthodologie et depuis son 5ème rapport de 2014, il sépare de façon nette les aspects techniques physiques et l’aspect économique.

           Pour analyser le futur du changement climatique, les experts du GIEC ont  défini à priori quatre prévisions d'émissions et de concentrations de gaz à effet de serre, d'ozone et d'aérosols, ainsi que d'occupation des sols baptisés RCP (« Representative Concentration Pathways » ou « Profils représentatifs d'évolution de concentration »).
           Ces RCP sont utilisés par les différentes équipes d'experts (climatologues, hydrologues, agronomes, économistes …), qui travaillent en parallèle. Les climatologues en déduisent des projections climatiques globales ou régionales. Les économistes établissent des scénarios qui explorent toutes les possibilités d'évolutions technologiques et socio-économiques compatibles avec les RCP.
           Ces 4 profils correspondent à l’évolution à l’horizon 2300, de la différence énergétique entre le rayonnement solaire reçu et le rayonnement infra-rouge réémis par la Terre, exprimé en Watts/ m2. . Plus cette valeur est élevée, plus le système terre-atmosphère gagne en énergie et se réchauffe.
          Ces RCP correspondent aux courbes d’évolution ci-dessous en énergie et le tableau ci-dessous donne des correspondances avec les émissions de gaz à effets de serre en « équivalent CO2 » (qui tient compte d’autres émissions tellle que celle de méthane CH4

Nom

     Forçage radiatif

   Concentration (ppm)

Trajectoire

RCP8.5

    >8,5W.m-2 en 2100

>1370 eq-CO2  en 2100

croissante

RCP6.0

    ~6W.m-2 au niveau de              stabilisation après 2100

~850 eq-CO2 au niveau de stabilisation après 2100

Stabilisation sans dépassement

RCP4.5

   ~4,5W.m-2 au niveau de stabilisation après 2100

~660 eq-CO2 au niveau de stabilisation après 2100

Stabilisation sans dépassement

RCP2.6

   Pic à ~3W.m-2 avant 2100  puis déclin

Pic ~490 eq-CO2 avant 2100 puis déclin

Pic puis déclin

Les scénarios du GIEC

          A partir de ces 4 scénarios, le GIEC a fait fonctionner ses modèles physico-mathématiques pour prédire les données physiques du changement climatique et les conséquences probables.

           Mais pour rendre le phénomène plus sensible aux gouvernants politiques, il a fait également des hypothèses de comportement des nations et populations , qui peuvent se représenter sous forme de 5 scénarios, disposés sur un graphique, dont :
                      - l’axe horizontal représente l’effort d’adaptation des sociétés au changement climatique
                      - l’axe vertical représente les résultats en matière d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Les scénarios du GIEC

                       ● Le SSP1 (efforts mondiaux d’atténuation et d'adaptation,), décrit un monde marqué par une forte coopération internationale, donnant la priorité au développement durable ; on en est malheureusement très loin.

                       ● Le SSP2 (efforts d’atténuation et d’adaptation moyens), décrit un monde caractérisé par la poursuite des tendances actuelles avec un effort de baisse des émissions de CO2 et d’adaptation, qui rencontre toutefois des difficultés certaines.

                       ● Le SSP3 (peu d’efforts aussi bien de diminution des émissions que de l’adaptation) dépeint un monde fragmenté affecté par la compétition entre pays, une croissance économique lente, des politiques orientées vers la sécurité et la production industrielle et peu soucieuses de l’environnement. C’est le cas le plus néfaste.

                       ● Le SSP4 (effort d’atténuation de certains pays mais pas d’efforts coordonnés d’adaptation) est celui d'un monde marqué par de grandes inégalités entre pays et en leur sein. Une minorité y serait responsable de l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre, ce qui rend les politiques d’atténuation plus faciles à mettre en place si on arrive à un accord, tandis que la plus grande partie de la population resterait pauvre et vulnérable au changement climatique.

                       ● Le SSP5 (peu d’efforts pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, mais un certain effort d’adaptation) décrit un monde qui se concentre sur un développement traditionnel et rapide des pays en voie de développement, fondé sur une forte consommation d’énergie et des technologies émettrices de carbone; la hausse du niveau de vie permettrait d’augmenter la capacité d’adaptation, notamment grâce au recul de l’extrême pauvreté,

            Les correspondances possibles entre les SSP et les RCP sont données dans le tableau ci-après, les RCP correspondant à des efforts plus ou moins importants..

RCP

SPP1

SPP2

SPP3

SPP4

SPP5

8,5 W/m2

 

 

O

 

 

6,0 W/m2

 

O

O

O

O

4,5 W/m2

O

O

 

O

O

2,6 W/m2

O

O

 

O

 

           Cette séparation des hypothèses en scénarios économiques et évolution chiffrée de l’énergie de réchauffement permet de relier de façon scientifique et technique les conséquences à ces chiffres physiques et de se dégager ainsi de l’indécision des prévisions socio-économiques.

          Enfin, pour nous rattacher à des chiffres dont on parle souvent, une correspondance prévue entre les RCP et l'élévation de température qui risque d'être atteinte en 2100:

Les scénarios du GIEC

          Maintenant que vous connaissez la méthodologie du GIEC, j’essaierai, dans les prochains articles de dégager des tendances générales sur les conséquences du changement climatique.

Par jazz le Samedi 28 septembre 2019 à 15:07
un musical "jazz" bonjour en passant lire tes nouveaux articles
bon w end et A+ du troubadour
 

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