Mercredi 29 octobre 2008 à 7:57

Libertés et règles

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    Mes deux derniers articles sur les violences urbaines, m’ont valu quelques de mails et des réflexions indignées :
“mais que fais tu de la morale, qui dit que l’on ne doit pas faire de tort aux autres”.

    Bien sûr j’ai une morale voisine de la vôtre alors j’aurais un peu tendance à penser comme vous, mais la vie m’a appris à me méfier des idées préconçues et de mes réactions impulsives !

    Les quatre exemples qui vont suivre, et que j’ai vécus au cours de mon travail, avant que je ne sois en retraite, montrent que les notions que nous avons du bien et du mal, dépendent de notre culture initiale, de notre éducation et de notre manière de vivre.

    J’ai eu l’occasion, il y a une trentaine d’années, d’approcher pendant plusieurs séjours, la population des iles du Pacifique et notamment tahitienne.
    Là bas, il arrive parfois que votre voiture ou un autre objet vous appartenant disparaisse. Et deux ou trois jours après vous le retrouvez, en bon état, presque au même endroit. On vous l’a “emprunté”.
    Un réflexe d’occidental serait de porter plainte et de faire punir cet emprunt. Ce serait idiot. La notion de propriété est presque étrangère aux autochtones - du moins à cette époque, cela a peut être un peu évolué - . Les objets sont pratiquement presque mis en commun, même si à l’origine, ils appartiennent à quelqu’un en propre. Il y a d’ailleurs une vie très communautaire.
    Punir ces personnes de cet emprunt serait un non-sens : elles ne comprendraient pas, car ce serait aller à l’encontre de centaines d’années de traditions et de culture. Bien sûr, il y a la loi française. Mais encore faut il l’appliquer avec intelligence.

    J’ai passé aussi quelques mois au coeur du Sahara, en ayant des contacts avec les nomades qui vivent sous la tente au milieu du désert.
    Dans ces populations très particulières, il y a des esclaves, et le fils d’une esclave (même si souvent son père n’est pas un esclave) est lui même esclave. Ils ne sont pas malheureux, sont bien traités car c’est pour la caravane un “capital”, mais ils font toutes les tâches fastidieuses et dures de serviteurs.
    On nous a amené un jour un petit esclave d’une dizaine d’années, mourant, car il avait été piqué par une vipère à cornes. Mon médecin l’a soigné et il est resté un mois au camp. Cet enfant était d’une grande intelligence, et, lorsque ses “propriétaires” sont revenu me voir, j’ai marchandé et “acheté” cet enfant 100 francs !
    Nous lui avons appris à lire, à écrire et à compter, à conduire des engins de terrassement. Il adorait également cultiver des plantes et il a crée des jardins autour de nos maisons d’argile, car là où on fait monter l’eau du sous-sol, le désert peut devenir vert. Moi, il m’a appris bien des mystères de la faune et la flore du désert et même à trouver des vestiges des temps où le désert était mer (pierres fossilisées, roses des sables), et des premiers hommes. (des silex taillés et des restes de poteries).
Par la suite, on l’a embauché comme ouvrier, puis il a appris à réparer les gros engins de travaux publics et, lorsque nous avons quitté quelques années après, notre camp, il a été embauché comme technicien, par une entreprise de travaux publics et nous avons longtemps correspondu tous les deux.
    Empêcher cet esclavage était impensable pour les autorités locales; c’était aller contre des traditions centenaires et le sort des esclaves aurait probablement été pire. Le seul moyen est de fixer peu à peu ces populations, mais cela demandera un siècle.
    Alors la loi interdit le trafic d’enfants ! Mais que fallait il faire ?
    Les autorités ne nous ont d’ailleurs jamais rien reproché, au contraire.

    J’ai eu l’occasion aussi de discuter avec des américains de l’utilisation des armes par des particuliers, chacun ayant là bas, plusieurs armes chez lui et sachant s’en servir dès l’enfance.
     Si un voleur pénêtre dans un appartement, le résidant se sent menacé et n’hésitera pas à tirer sur l’intrus, sans même savoir quelles sont ses intentions. Et la justice le considèrera à priori comme, “en légitime défense”, surtout si c’est un noir qui est le voleur.
    Cette conduite nous parait barbare, mais elle est issue des habitudes des pionniers du Far-west et du climat de violence qui est beaucoup plus latent aux USA que chez nous, et qui transparait dans leur cinéma et les médias, ce qui d’ailleurs entretient cette violence, comme l’ont montré certaines études psychologiques.

    Il m’est arrivé de passer des marchés de travaux ou d’études à des sociétés et , si j’avais touché de l’argent pour favoriser l’une d’elle, cela aurait été un “pot de vin”, délit passible de prison, ce qui me semble tout à fait normal et juste.
    Mais j’ai eu l’occasion de discuter avec des personnes de pays du moyen orient, qui faisaient  un travail analogue au mien. Et à ma grande surprise, j’ai constaté que cette pratique dans leur pays, est considérée comme habituelle. On les paie peu car ils ont là un complément de salaire admis sinon reconnu (ils ne le déclarent pas dans leurs impôts !!).
    Autre civilisation, autre moeurs, comme disaient autrefois les latins dans leur sagesse.

        Ces quatre exemples n’ont aucun rapport avec les violences urbaines actuelles.
       
Je voulais uniquement vous faire réfléchir sur le fait qu’il ne faut pas juger les autres uniquement par rapport à ses propres convictions morales, mais qu’il faut essayer d’écouter, de comprendre et d’expliquer et admettre qu’autrui ait une morale différente de la vôtre.
   
Par welcometomymind le Mercredi 29 octobre 2008 à 10:01
Je ne pense pas que les moeurs, coutume et moral doivent forcément être vue sur le même plan. Même si c'est le cas (ce qui serait discutable) nous devons faire comme si la morale n'était pas relative, car si on admet une relativité de la morale des institutions, des textes également comme la Fédération internationa des droits de l'homme (et la fameuse convention), les tribnaux internationaux, les crimes contre l'humanité n'auraient plus aucune raison d'être. Et je pense que leur utilité est admise pour tous. Or, la pierre angulaire de tout cela est justement dans l'idée d'une morale valable pour tous et en tout temps (d'ailleurs "autre temps, autre moeurs", non ?)
 

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