Mardi 16 novembre 2010 à 8:34

Notre cerveau : émotions

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    Moi même comme certaines de mes correspondantes il nous est arrivé d’être ému(es) par un morceau de musique, une chanson, un air que l’on entend jouer ou chanter, même parfois alors qu’on ne le connait pas, quon ne l’avait jamais entendu auparavant.
    A l’inverses certains autres airs, morceaux de partition, nous paraissent sans intérêt, voire peu agréables.

    Pourquoi la musique nous émeut-elle? Pourquoi tel accord parait-iI harmonieux. tel autre dissonant ?
    A I'Université de Durham, en Caroline du Nord, David Schwartz et ses collaborateurs ont découvert que la voix “contient”, en quelque sorte, les accords d'une sonate de Mozart ou de Beethoven.
   En étudiant 6300 voix ils ont observé qu'elles se composent toutes de neuf fréquences universelles, présentes chez tous les individus. Ce sont les “briques” constitutives de la voix.
    La première fréquence est la fréquence fondamentale, celle qui donne le ton de la voix, plutot grave pour un homme et plutot aigüe pour une femme ou un enfant. Puis viennent d'autres fréquences complémentaires, nommées harmoniques qui sont reliées el la fréquence fondamentale par un rapport fixe, indépendant des individus. (vous avez peut être étudié cela en physique ou en SVT - on vous a peut être parlé des harmoniques - voir à la fin de mon article.)

    Ces rapports universels expliqueraient-ils la beauté musicale ?
    Pour le savoir, D. Schwartz a fait écouter el des volontaires des accords de deux notes, et a constaté que les accords jugés les plus beaux sont composés de deux notes reliées par un des rapports présents dans la voix humaine. Ainsi, nous « vibrons »quand la musique contient des combinaisons de sons dissimulées dans la voix humaine.
    C’est logique que la voix humaine ait forgé notre goût musical. Une des principales contraintes ayant guidé le développement du cerveau, depuis des centaines de milliers d'années, est la capacité de distinguer le son de la voix humaine d'autres sons moins utiles ou plus menaçants car pour  nos ancêtres, cela pouvait être une question de survie.
    Les systemes cérébraux qui opèrent cette distinction analysent les fréquences :ils repèrent la signature harmonique des sons. lis connaissent parfaitement la composition et les rapports des harmoniques de la voix humaine.         Ainsi, nous avons en nous une réceptivité innée pour ces rapports de fréquences, que les compositeurs utilisent consciemment ou non, sans doute parce qu’ils ressentent la même chose et probablement de façon encore plus sensible.

    Comment la musique fait-elle naitre la nostalgie ou I'allégresse ? Souvent, les partitions des maitres contiennent des accords majeurs qui évoquent la joie et le bonheur, et des accords mineurs inspirant la tristesse.
    Ces derniers comportent des notes dont les harmoniques correspondantes sont les moins intenses des neuf répertoriées. Ainsi, en inscrivant ces notes sur sa partition,le compositeur crée des sons « moins humains », auxquels manquent des composantes essentielles de la voix.
    Au contraire, lorsqu'iI revient au mode majeur, I'auditeur se trouve rassuré par cet environnement familier. De célèbres compositeurs ont usé de cet artifice : Bach concluait très souvent de longs passages mineurs par un accord majeur. En voulant exprimer la gloire divine, il faisait vibrer la corde « humaine ».
    J’aime la musique classique, mais je n’ai malheureusement pas appris à jouer d’un instrument parce trop jeune, je n’ai pas voulu accepter l’effort du solfège.
    Parmi mes correspondantes, il y a une musicologue et je serais heureux de savoir ce qu’elle pense de cette question.

Nota : Pour celles qui ont oublié leur cours de physique, je rappelle ce que sont les harmoniques.
    Je prends pour exemple le la3 fondamental qui correspond à 440 hertz (vibrations par seconde)
    Les harmoniques du la3 correspondent à des sons ayant des fréquences multiples de cette note, (et donc sons plus aigus) soit :
        hf2  :    880 Hz
        hf3  :   1320 Hz
        hf4  :   1760 Hz  etc....
    Quand vous faites jouer un la à votre instrument, celui ci produit en réalité un son complexe qui n’est pas la simple sinusoïde à 440 hz, mais une addition de cette sonorité et d’une certaine proportion moindre des autres harmoniques
`    Cette sonorité résultante s’appelle le “timbre” de l’instrument.
    Quand vous prenez un piano, un violon, un alto, un violoncelle, un hautbois, un flute, un basson.... les proportions de ces harmoniques ne sont pas les mêmes et pour un même la, les instruments ont un timbre différents et votre oreille et votre cerveau peuvent les différencier.
    Mais comme ce sont les mêmes notes et les mêmes harmoniques, le son global de ces isntruments jouant ensemble, reste harmonieux et agréable à l’oreille.
    Quand deux instruments jouent en même temps des notes différentes, cela n’est agréable que si les deux notes comportent les mêmes harmoniques (à peu de chose près.
    Le tableau ci dessous emprunté à Wikipédia, compare les 12 premières harmoniques d’un do très grave  et donne les correspondances de la note la plus proche et l’écart en % d’un demi ton.
    On voit sur ce tableau qu’avec un do, on peut utiliser harmonieusement un mi (tierce) ou un sol (quinte) ou le do de l’octave supérieure. Les harmoniques 7 et 11 ne sont pas utilisées en musique occidentale.


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Par alyane le Mardi 16 novembre 2010 à 9:14
Zarlino a précisé comment reconnaitre les accords majeurs et mineurs. Mais ces modes sont issus de ceux de la Renaissance et du Moyen âge, qui avaient tous une couleur spécifique. IL était effectivement courant de conclure sur un accord majeur dès la Renaissance.
Mais ces accords sont stables, ceux utilisés plus tard sont instables et doivent se résoudre sur les accords majeurs ou mineurs.
Les accords majeurs ou mineurs sont composés de trois sons, révolutionnaires au 16e siècle, cette triade symbolise la trinité divine...
Par Arandil le Mardi 16 novembre 2010 à 10:30
Article intéressant, bien qu'ayant de nombreuses imprécisions. Je trouve intéressant la façon dont certains se sont penchés sur la question des harmoniques, mais par rapport à la voix humaine, il ne faut pas oublier que le corps est un réceptacle de son. Plus que le simple phénomène harmonique, une note à un hauteur précise vibrera à un endroit précis de notre corps, de façon invariante quelque soit notre état physique et l'environnement dans lequel on se trouve.
Par exemple, les notes les plus graves parmi les sonorités audibles par une oreille humaine se trouvent dans nos orteils ou la plante de nos pieds. Au contraire, des sons très aigus se trouvent au sommet d notre crâne.

De plus, la provenance de l'émission d'un son humain (voix chantée ou parlée) exprime un sentiment précis : la joie est émise par le sternum, la tristesse/la plainte par le bas ventre, etc...

Ainsi, les modes majeurs et mineurs ne sont qu'une vision rétrécies de l'idée de joie ou de tristesse, car aux époque baroques, classiques et romantiques, les recherches scientifiques n'étaient pas assez poussées pour comprendre ces phénomènes. Cependant, nous constatons bien des "traités rhétorique" disant qu'une tonalité précise dépeint un sentiment, une ambiance, une image. L'humain a donc toujours eu conscience de ces enjeux, sans pouvoir les expliquer clairement avant le XXème siècle.

En outre, l'article comporte une faute tout à la fin : l'harmonique 7 est utilisé en musique occidentale puisqu'elle continue la "septième de dominante". Elle est aussi appelée 7ème naturelle avec Debussy, terme bien plus élégant et juste, puisqu'elle est une résultante naturelle d'un son d'origine. Et bien entendu, il ne faut pas oublier le blues, où cette septième naturelle est l'essence même de l'harmonie.

En espérant que ce commentaire t'ait apporté quelques lumières supplémentaires sur la sensibilité musicale, liée avec la voix. Si tu veux d'autres informations, des titres d'ouvrages intéressant ou si tuas simplement des questions à poser, n'hésite surtout pas.
Par autresrimes le Mardi 16 novembre 2010 à 10:58
bonjour Jean-pierre
eh oui la musique est remplis d'émotions quand nous l'écoutons, nous la jouons. resentir d'agréables sensations lors d'un concert , d'un morceaux de musicque une chanson puis étant musicien , comme tu le sais , il est bon aussi de faire passer des emotions et quand quelque'un vient après un concert par exemple dire "oh sur telte chanson vous nous avez fait vibrer---) bon c'est un exemple par mis d'autres mais aussi en tant qu'auditeur parfois dans des spectacle j'ai déjà resenti de belles emotions , un bel echange humain au tour de la musique .
te souhaitant une belle journée ,A+ d' Emmanuel
Par alyane le Mardi 16 novembre 2010 à 14:22
A la Renaissance et au Moyen-Age, chaque mode était rattaché à un ethos, ou affect.D'ailleurs dans certains tableaux, la musique est symbolisée par un instrument,pour guérir l'âme.
Par poesiesansparoles le Mardi 16 novembre 2010 à 16:14
Puisque des collègues sont dans les précisions techniques, j'en ajoute une tout en ayant lu avec intérêt cet article.

"Bach concluait très souvent de longs passages mineurs par un accord majeur."

Je suppose que vous faite allusion à cela : prenons l'exemple d'une pièce en do mineur. Pendant toute cette pièce, cette tonalité sera en vigueur et chaque cadence (sauf... si on module, voir si on fait une demi-cadence (dans ce cas, on se pose sur un accord de sol chiffré 5 ou 7)) l'accord qu'on dira de référence sera ce do mineur. Si la cadence finale est avec un accord (homonyme dans ce cas) de do majeur, alors on appelle cela une tierce picarde. Je pense au prélude 6 du premier cahier du clavier bien tempéré en ré mineur qui se termine sur un magnifique accord de ré majeur après une cadence parfaite.

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le cliché du majeur gai et mineur triste... La sonate en si bémol mineur de Frédéric Chopin n'est pas triste malgré cette tonalité...

Par rapport aux accords. On peut l'expliquer simplement. Pour qu'il y ait accord il faut qu'il y ait au minimum trois sons. On apprend en écriture qu'un accord est constitué à l'état fondamental d'un empilement de tierces (majeurs ou mineurs). Ce qui donne la couleur majeur ou mineur à l'accord est la première tierce.

Le côté "agréable" de deux sons simultanés dépendent en fait de l'esthétique (pour simplifier...). Il fut un temps où ce qui est pour nos oreilles actuelles très consonant (agréable) ne l'était pas du tout !J'avoue un trou de mémoire sur les intervalles en question...
Par monochrome.dream le Dimanche 21 novembre 2010 à 21:13
Le commentaire d'Arandil me fait penser à quelques livres de musicothérapie, dont je pourrai te communiquer les titres si cela t'intéresse.
Par Bernd Willimek le Mercredi 12 août 2015 à 15:50
Pourquoi des accords mineurs sonne triste?
La Théorie de la "musical équilibration" dit contrairement aux hypothèses précédentes - .la musique ne décrit pas directement émotions: à la place la musique évoque processus de volitions, avec qui l'auditeur identifie.
Un accord majeur est quelque chose que nous identifions avec le message, «Je veux!" L'expérience de l'écoute d'un accord mineur peut être comparé au message véhiculé quand quelqu'un dit: «non plus." Si quelqu'un venait à dire les mots "non plus" lentement et calmement, ils créer l'impression d'être triste, si quel'qun dit les mots haut et fort rapidement, Ils seraient apparaissent comme des furieux. Donc cette distinction applique pour le caractère émotionnel d'un accord mineur: si une harmonie mineure est répété plus rapidement et à plus grand volume, sa nature triste semble avoir soudainement transformé en fureur.
La Théorie de la "musique équilibration" applique ce principe comme il construit un système qui décrit et explique la nature émotionnelle des harmonies musicales. Pour plus d'informations, vous pouvez google "musical equilibration".
Bernd Willimek
 

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