Mercredi 3 janvier 2007 à 10:07

Notre personnalité


  


 Si vous avez vu le film d'Amélie Poulain, vous vous rappelez peut être que sa mère malade et son père médecin n'avaient guère le temps de s'occuper d'elle et ne lui accordaient que peu d'attention. Elle se sentait donc quantité négligable, abandonnée, exclue et avait un énorme “besoin du regard des autres” .

     Alors Amélie enfouit son enfance et les beaux souvenirs poétiques qu'elle en a, au fond d'elle même, de son “moi profond” connue d'elle seule, et encore, dans la mesure où il est conscient.
     Autonome, volontariste, bien adaptée et aimant sa liberté, elle a son jardin secret, son petit appartement de Montmartre, mais elle s'y sent seule.
     Alors Amélie va se bâtir aux yeux des autres une “Personna”, avec l'arrière pensée inconsciente culpabilisante, qu'elle n'a pas été une “fille à la hauteur” et qu'elle est responsable du fait que ses parents ne sont pas heureux ensemble.

     Elle se compose un personnage de “petite fille modèle”, responsable de sa mère, qui pousse son père à voyager, lui qui est trop sédentaire, en faisant parcourir le monde à son nain de jardin et en faisant envoyer des cartes postales des quatre coins de la terre, par des hôtesses de l'air qu'elle connait.    
     Et elle va vouloir capter l'attention d'autrui en démélant les problèmes des autres et en jouant à ”Zorro, la justicière des méchants”.

     Sa Personna, c'est son dévouement aux autres, son “rôle” de serveuse qu'elle occupe dans un petit bistrot de Paris, les problèmes de ses clients qu'elle veut résoudre et qui parfois évoluent de façon ubuesque, le méchant propriétaire qu'elle punit par des procédés enfantins, mais spectaculaires, et dont l'humour vient justement du décalage entre le rôle de justicière qu'elle se donne, et les moyens utilisés, qui sont néanmoins efficaces, de façon bien inattendue.
     
     Le “moi profond d'Amélie, son intimité cachée, a pour symbole une “boite aux trésors”, qu'elle trouve dans le creux d'un mur de son appartement, remplie de vieilles figurines et de timbres-poste, et elle se demande si elle doit essayer de retrouver son enfance, de comprendre son moi.
     Aussi décide t'elle de retrouver le propriétaire de la boite et d'observer ses réactions : s'il bondit de joie, cela prouvera l'importance de ces souvenirs d'enfants, de ce moi enfoui, et s'il reste indifférent, c'est que ce passé ne vaut pas la peine, et qu'il ne faut pas lui accorder d'importance.
     C'est un jeu, mais quel jeune aujourd'hui n'a pas joué ainsi?

     Amélie Poulain s'est forgé un personnage trop encombrant, une Personna trop envahissante et elle fait ce qu'un psychologue canadien, JF Vézina. appelle de “l'évitement affectif”. Elle a peur de se montrer au grand jour, elle craint d'aliéner sa liberté si elle aime un homme, et quand celui-ci paraît, elle n'a pas confiance, elle  craint de paraître à ses yeux ce qu'elle est réellement, et quand il faut l'approcher, s'effondre dans une flaque d'eau.

     Alors il faudra que peu à peu, Amélie s'éloigne en partie de sa Personna, des habitués de son café qu'elle côtoie tous les jours, comme vous côtoyez vos copains de lycée, qu'elle prenne conscience de sa valeur propre, méconnue par ses parents.
     C'est cet amoureux qui va opérer sa transformation et qui va être le révélateur de son identité, de son moi,  et c'est ce qui justifiait sa “quête d'amour”.

     Derrière l'existence bien réglée d'Amélie, il y a l'angoisse de l'ignorance de son moi, de ses vrais besoins, la peur d'un avenir, d'un changement que l'on ne maîtrise pas. Pour oser montrer à autrui son vrai visage, son moi, échange sans lequel une relation ne peut être épanouissante, il faut avoir confiance en l'autre, sortir de sa cachette, ne pas avoir peur de soi-même et de l'échec, et affronter et maîtriser cette Personna, qui empêche la spontanéité.

     Mais cette Personna, comme notre moi profond, elle fait partie de nous-même.



Par globz38 le Lundi 8 janvier 2007 à 16:51
Amélie Poulain me rappelle moi-même, pauvre soi qui n'avait pas confiance en lui, qui faisait n'importe quoi pour obtenir une marque de gratitude d'autrui... Peur de l'amour aussi, peur d'aimer et d'en souffrir... Et finalement l'amour qui me vient en aide, qui me fait avoir confiance en moi pour elle, à m'accepter et à faire du tri dans ma vie en y écartant ceux qui ne me fréquentent que par intérêt... Je suis désormais plus exigeant avec les autres, après l'avoir trop été par moi-même, et j'avoue que cela fait beaucoup de bien et limite les souffrances et surtout ce sentiment de culpabilité que je ressentais auparavant lorsque j'échouais... Je me cherche beaucoup moins, et petit à petit je vais arriver à me persuader que je suis quelqu'un de bien... Il le faut, pour elle, pour moi, pour nous... L'amour me sauve, son amour...
Par Le-Chat-De-Chester le Dimanche 14 janvier 2007 à 18:27
J'ai beaucoup aimé ce film! Il a un petit côté enfantin que j'adore!
 

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