Samedi 25 juin 2011 à 8:57

Energie, nucléaire, économies

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     La polémique sur les “concombres espagnols et le colibacille” (ce serait presque un titre de comédie si cela n’avait presque ruiné certains agriculteurs et fait mourir des personnes), m’a inspiré une série d’article sur .... l’énergie nucléaire.
    Ce n’est pas parce que les concombres sont verts, mais parce que la facilité avec laquelle les gens s’affolent sans réfléchir une seconde me navre.
    Et la décision d’Angéla Merkel de supprimer le nucléaire en Allemagne, dictée par de pures raisons électorale, mettra sûrement ses successeurs dans l’embarras au plan énergétique ou climatique.Et l'Italie aura bien du mal à satisfaire sa demande énergétique si elle satisfait les résultats du référendum, qui a été surtout guidé par un sentiment anti-Berlusconi bien compréhensible, mais sans rapport avec la question posée.
    Alors je vais faire quelques articles sur “la peur du nucléaire”, “les problèmes que posent les réacteurs nucléaires”, et les “énergies de remplacement”.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/20110530copie.jpg    Dès qu’on parle énergie nucléaire, la plupart des gens quand ils ne confondent pas avec la bombe atomique, ne pensent qu’à Tchernobyl et à Fukushima, qui ont effectivement été des catastrophes qui ont frappé les esprits, mais que l’on examine émotionellement sans faire appel à la raison.
    La catastrophe de Tchernobyl a été lourde de conséquences en Russie, d’une part parce qu’elle a provoqué un certain nombre de morts, mais surtout parce qu’elle a pollué un territoire important.
    Mais à l’origine, des réacteurs de première génération très peu sûrs, des erreurs absolument impensables dans leur conduite avant l’accident et ensuite pour le maîtriser et ensuite une incapacité totale des pouvloirs publics à gérer la situation au plan de la protection civile. Une partie des morts parmi les personnes intervenues sur le site, et toutes les victimes parmi la population auraient pu être évitées par des mesures de sauvegarde très codifiées dans les pays européens. Un tel accident ne peut se produire dans les pays occidentaux.
    On peut comparer à l’accident d’AZF à Toulouse, où certes il y a eu des négligences de l’industriel en matière de sécurité, mais pas de faute des pouvoirs publics, et qui a fait autant de morts et de blessés immédiats qu’à Tchernobyl.
    Pourtant personne n’a proposé de supprimer toutes les usines de nitrates de France.
    A Fukushima, c’est un cataclysme naturel hors du commun, avec des vagues de plus de 20 mètres qui a détruit les digues et endommagé la centrale.
    Bien  que la crise ait été gérée de façon contestable à certains moments et que les intervenants dans la centrale aient été souvent trop exposés aux irradiations, on ne comptera que deux morts par imprudence parmi eux et aucune victime civile, les doses reçues par la population ayant été négligeables.
    Mais le monde entier n’a pensé qu’au nuage radioactif et a oublié que le tsunami proprement dit, avait fait plus de 20 000 morts et avait tout détruit sur son passage et que le risque à l’extérieur du Japon était nul..
    Quand des pluies torrentielles emportent tout sur leur passage dans une petite ville du midi français , personne ne tremble car personne ne se sent menacé.
    Finalement la peur injustifiée des gens est due à la crainte des effets d’une radioactivité, que le public ne connaît pas, et sur lesquels on a toujours été mal informés de telle sorte qu’on pense être face à un mal mystérieux dont on ne peut évaluer les conséquences. C'est une peur irraisonnée comme celle des araignées, des phasmes ou des souris, face à laquelle on ne réfléchit pas alors que finalement ces petites bêtes ne sont gu§re dangereuses pour nous, comparées à un cobra ou un tigre.

    Réfléchissons un peu de façon logique et objective, au danger du nucléaire en France, en terme d’accidents.
   
    Depuis 40 ans que nous avons des centrales nucléaires, il n’y a jamais eu d’accident grave,
pas un seul mort. De petits incidents de fuites d’eau contaminée et pas de blessures d’origine nucléaire des irradiations minimes.
    Aucune industrie ne peut se vanter de tels résultats : travaux publics 150 à 200 morts par an,  métallurgie une soixantaine, commerce une cinquantaine de décès par accident, industries du bois, des peaux et de la pierre une trentaine, industrie chimique une dizaine, et une soixantaine dans le travail temporaire..........
    En France, on compte 3000 à 4000 décès par accident de la route, mais on n’a pas supprimé les voitures pour autant; on déplore des très nombreux accidents domestiques, qui font de l’ordre de 20.000 morts par an.: 10500 environ par chutes et on n’a supprimé ni les escaliers, ni les échelles, 3500 par asphyxie et on utilise toujours les cheminées et le gaz, générateurs d’oxyde de carbone,
1000 par intoxication, mais on n’a pas proscrit les armoires à produits ménager ou à pharmacie, 1000 aussi par brûlure environ, mais on se sert toujours de cuisinières et de fers à repasser, 400 par noyade et les piscines existent toujours.
    On recense aussi plusieurs milliers d’électrocutions par an dont une vingtaine de morts et on utilise toujours l’électricité.
    Le problème, c’est que ces accidents ne sont pas mystérieux et que l’on pense qu’ils n’atteindront que les autres et pas soi même et qu’on peut les éviter

  
  Ce qui fait peur dans l’énergie nucléaire, c’est qu’on est mal informés, qu’on ne sait pas ce qu’il en est et qu’on se sent impuissant et que l’on ne fait pas confiance aux dirigeants et responsables, quand on voit les énormes erreurs faites par les russes lors de l’accident de Tchernobyl et des erreurs certaines au Japon, malgré des conséquences faibles à coté des autres destructions causées par le tsunami.
    C’est la raison pour laquelle je voudrais vous parler de la sécurité d’une centrale électro-nucléaire d’une part et d’autre part des substituts en énergie.

 

Par Charlotte0000 le Samedi 25 juin 2011 à 12:53
Peut-être.. mais vous oubliez que nous ne savons toujours pas quoi faire des déchets radioactifs. Ils ont proposé de les enterrer, je trouve cette décision vraiment inadmissible. C'est comme les enfants qui rangent leur chambre et qui mettent sous le lit ce qui les dérange,sauf qu'ils ne sont pas des enfants: Auraient-ils perdu la raison?
Par coldtroll le Samedi 25 juin 2011 à 14:29
je suis tout à fait d'accord avec charlotte, et il y a aussi un autre problème.
malgré tes propos rassurants (et que je partage) il se trouve que l'énergie atomique est une énergie dangereuse, et le fait de parler de tchernobyl ne peut que rappeler à quel point les autorités sont capables de mentir effrontément pour se couvrir dès qu'il y a des risques civils. Il n'y a aucune relation de confiance entre les différents acteurs et les consommateurs, comment veux-tu donc que les gens ne se méfient pas ?
cependant, les opposants au nucléaire me font bien rire, car à part "sortons du nucléaire", ils ne proposent aucune solution viable à court terme. une éventuelle sortie ne peut donc que s'envisager sérieusement à long terme. sachant que le nucléaire fournit 80% de notre énergie électrique, dans nos foyers, ça nous laisse seulement le frigo et les plaques de cuisson. plus d'eau chaude, plus de tv, ni d'internet, pas de lave linge, lave vaisselle, sèche linge, pas ou prou de lumière, pas de chauffage. moi, je suis d'accord pour qu'on sorte du nucléaire, mais faut bien réfléchir à nos désirs et aux solutions qu'on peut apporter.
il y a aussi une questio économique à laquelle personne ne veut répondre : si la france et d'autres pays sont capables d'exporter de l'énergie, c'est bien grâce au nucléaire. qu'en sera-t-il si nous sortons brusquement du nucléaire et que nous n'en exportons plus, faute de subvenir déjà à nos propres demandes ? qu'en sera-t-il pour nous, et qu'en sera-t-il pour ces pays qui dépendent de notre apport ?
Par lancien le Samedi 25 juin 2011 à 15:20
Je traiterai demain le problème des déchets. On saura bientôt détruire les plus dangereux (actinides) et il restera à résoudre le problème de césium et strontium. Quant à l'enfouissement, il concerne des quantités très faibles, dans des condition de sécurité draconiennes, à coté des décharges sauvages de millions de tonnes de produits toxiques par l'industrie chimique.
Par maud96 le Samedi 25 juin 2011 à 19:31
J'ai tendance à trouver cet article un peu trop optimiste, au regard de la "densité" relative des centrales sur le territoire Français. De toute manière, il est remarquable de voir qu'en Amérique du Nord, où cette densité est 25 fois moindre, vu les superficies concernées, toutes les prospectives et la recherche évolue vers les énergies "douces", ce que ne fait pas la France. Actuellement, toutes les valeurs qui montent en Bourse aux US sont des valeurs visant l'énergie solaire. Et je crois surtout aux découvertes à ce niveau, car les surfaces "potentiellement" solaires (villes ou friches)sont immenses. Ceci et, conjointement, la "mise en stock" énergétique pour les "burst" énergétiques qu'imposent certaines installations industrielles.
Le raisonnement de Coldtroll ("on (La France !) est trop dépendant du nucléaire pour en sortir), largement utilisé par les élites décisionnelles en France, me paraît pouvoir être inversé: "On est trop dépendant d'un nucléaire risqué et fragile, en outre onéreux : il faut s'en libérer !"
 

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