Jeudi 19 juin 2014 à 7:42

Enseignement, école, fac

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    Les profs cette année n’avaient pas d’imagination, étaient paresseux ou crevés.
    Les deux premiers sujets de L et de S portaient sur les œuvres d’art, les deux second sujets due le bonheur.
        "Doit-on tout faire pour être heureux ? » (L)
        "Vivons-nous pour être heureux ? »
(S)
    Au fond c’était à peu près le même sujet : « Etre heureux est ce un but en soi, dans notre vie? »

    Mais pour répondre à cette question, encore faut il savoir ce qu’est être heureux !! Et c’est à mon sens tout le problème, et effectivement c’est de la philo, car les grands philosophes ont tous traité un peu ce problème, avec des vues assez diverses, mais malheureusement mes souvenirs de philo sont loin (67 ans).

    J’ai eu le malheur de consulter mon “petit ami Robert” ou ma “petite amie la Rousse”, et j’ai trouvé que «heureux, c’est « ressentir le bonheur » et que le bonheur c’est « l'état de la conscience pleinement satisfaite : ce qui rend heureux » !!!.

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/epicure.jpg    C'est donc un état de bien-être que nous ressentons, et si nous n'avons pas ce bien être, il n'y a pas de bonheur et donc le bonheur c'est d'abord l'absence de peine.
    C'est ce que disaient certains philosophes stoïciens ou épicuriens : "l'ataraxie", c'était "l'absence de troubles"; l'état mental, l'éthique, la paix intérieure, où l'on n'est plus atteint par ce qui se passe autour de nous, où toutes les préoccupations nous semblent étrangères et dérisoires.
    Bien sûr c'est de la philo et un peu utopique, mais il faut cependant d'abord chasser la tristesse et le stress pour être heureux
    En pratique il faut d’abord voir le passé autrement : ceux qui n'ont que remords (de ce qu'ils ont fait) et regrets (de ce qu'ils n'ont pas su/pu faire) ne peuvent être heureux. Il faut se dire que l’on ne peut plus rien changer du passé et qu’il faut donc voir le présent et l’avenir.
    Il faut voir le passé positivement;  j’ai le souvenir d'il y a plus de 60 ans, lorsque je faisais mes études d’ingénieur, d’avoir fait un stage ouvrier, très dur dans des ponts roulants, au dessus de fours d’une aciérie, et il faisait 45 d° dans la cabine ; j’avais voulu être logé avec les manoeuvres émigrés dans une cité dortoir.
    Non seulement j’ai appris ce qu’était une véritable “chaleur humaine”, mais toute ma vie d’ingénieur, j’ai été heureux de mon métier qui, m’épargnait un travail aussi pénible que ces tâches que j’avais un peu connues pendant deux mois, mais que des gens faisaient toute leur vie.

    Puis on peut se demander que faire dans le présent?

    Pour certains, c’est très à la mode, le bonheur c’est la recherche du plaisir. Pourtant Platon disait qu’il ne fallait pas donner libre cours à tous nos désirs, et Socrate pensait qu’une vie sans excès est préférable à une vie de jouissance sans limites. Epicure expliquait même que beaucoup de désirs sont vains et qu’il faut savoir les hiérarchiser et en refuser certains.
    Evidemment on peut même se rappeler que pour Kant l'existence des hommes n'est pas orientée vers le bonheur, même si tous les hommes y aspirent naturellement et qu’il faut le mériter et s'en rendre digne, mais je doute que mes jeunes lecteurs apprécient cette pensée.
    Certains philosophe ont cependant défendu la thèse du plaisir, en associant hédonisme, empirisme et matérialisme, comme Diderot; ils, considèrent que ce sont nos sens qui doivent être les critères du bien et du mal. (ce qui apporte satisfaction à nos sens est appelé " bien " et ce qui leur déplait est appelé " mal "), et reconnaissent donc que nous cherchons naturellement à satisfaire certains besoins corporels et que suivre nos désirs et nos plaisirs, permet d’établir les normes de l'action juste et morale.
    Pour eux, nos connaissances et nos idées nous viennent aussi des sens, de leur combinaison ainsi que de la répétition des expériences et des observations que nous faisons. (c'est l’empirisme du 18ème siècle).
    D’autres au 19ème siècle (Stuart Mill) ont défendu une thèse sociale : Il faut choisir, entre plusieurs solutions, celle qui apporte le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. Il s’agit donc d’une éthique pragmatique prétendant, à partir du critère du bonheur du plus grand nombre (lui-même déduit des désirs, des plaisirs et des peines individuels), déterminer des lois et des politiques justes pour la collectivité.
   
    Mais si je vois les comportements actuels, c’est plutôt la satisfaction des désirs et pulsions personnelles et égoïstes qui est à la mode.
    Je ne pense pas que ceux ou celles qui s’enivrent régulièrement ou changent de partenaire toutes les semaines soient plus heureux. Pas plus d’ailleurs que les enfants gâtés dont les parents satisfont immédiatement toutes les envies.
    Le philosophe moderne Alain disait que c’était un devoir d’être heureux, mais qu’il fallait mériter le bonheur.
    Satisfaire toutes ses pulsions, toutes ses envies, fait que dès qu’on a obtenu ce que l’on souhaitait, on s’en désintéresse pour passer à une autre envie, on n’éprouve aucune joie de ce que l’on a acquis et qu’on est perpétuellement stressé  de ne pas avoir encore satisfaction sur ses nouvelles envies. Cela devient vite une véritable addiction et un dérèglement de notre système de récompense dans notre cerveau.
    On croit souvent que les riches sont très heureux et c’est souvent faux. S’il est préférable de ne pas trop manquer d’argent pour ne pas avoir trop de soucis, (l’ataraxie !!), l’argent ne fait pas le bonheur, car il tue les désirs puisqu’il permet de les satisfaire trop facilement et là encore l’addiction de vouloir toujours en amasser plus, nous guette.

    Goûter les joies du présent demande de regarder dans la bonne direction.
    Certaines de mes correspondantes ont tout pour être heureuse, mais elles ne regardent pas ce qu'elles ont, notamment les petites joies de la vie de tous les jours.
     Soit elles passent leur temps à regarder ce qu'a le voisin et qu'elles n'ont pas, soit elles attendent des grandes satisfactions, l'accomplissement de leurs rêves les plus fous, de choses extraordinaires. Certes cela arrive parfois, mais l'idéal est rarement atteint et le bonheur du présent est fait d'une multitude de petites joies quotidiennes.

    Il faut aussi être raisonnable dans ses souhait lorsqu’on regarde l’avenir et se fixer des objectifs réalistes.
    Parmi mes jeunes correspondantes qui pensent à l'avenir, certaines ne sont jamais satisfaites et se fixent des objectifs difficiles, dès qu'ils sont atteints, ne profitent pas de ce succès, s'en détournent pour vouloir atteindre dans l'avenir un objectif encore plus ambitieux. Ces personnes sont alors tout le temps dans l'avenir, à courir après un nouveau souhait et sont donc éternellement insatisfaites.
         Certaines également n'ont pas confiance en elles et en leur avenir, et doutent en permanence d'avoir fait le bon choix, remettant sans cesse en cause leurs décisions, se condamnant ainsi comme les précédentes à une éternelle attente du bonheur.

    Etant maintenant bien vieux avec une certaine expérience de la vie, je crois qu'il y a quatre ingrédients fondamentaux pour atteindre un peu le bonheur :
         - les souvenirs heureux du passé, mais avec une petite pointe de nostalgie, car on n'y peut plus rien et ce passé ne recommencera pas,
        - les plaisirs et les joies du présent, mais en hiérarchisant ses envies et en ne les satisfaisant pas trop vite, et en profitant de toutes les petites joies et les petits instants de bonheur de la vie quotidienne.
        - les espoirs du futur.
        - et le bonheur de ceux qui nous entourent.

    Et évidemment la recherche du bonheur personnel ayant un impact sur autrui, doit finalement être soumise à des règles morales et de comportement en société. C’est là un autre sujet de philosophie.
    On pourrait parler pendant des heures du bonheur. D’ailleurs j’ai dû faire dans mon blog, une cinquantaine d’articles sur ce sujet.
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