Jeudi 2 décembre 2010 à 8:16

Informatique, médias, internet

    J’avais fait un article où je me plaignais de la publicité et des journaux télévisés, entre autres.
    J’ai reçu deux commentaires de Maxence et je l’en remercie.
    J’en publie ici un extrait
“Mes cours de gestion, et notamment de marketing, m'ont fait découvrir les enjeux de la publicité. Il ne s'agit pas tant de vendre un produit en soi mais de donner une image générale à la marque. Je suis suppose que tu es bien placé pour savoir qu'une décision relève souvent de motivations implicites et cachées, voire irrationnelles. Mais je suis d'accord pour dire que la publicité se contente souvent de jouer sur des ressorts assez triviaux, de bas instincts plutôt que de convaincre leur rationalité. Et surtout qu'hélas cette persuasion de bas niveau se diffuse à travers l'ensemble des médias. Ce qui aboutit au modèle de "l'infotainement" - l'information dispensée comme un divertissement, à base de sensationnel et de raccourcis. Le livre de Neil Postman, "Se distraire à en mourir", vient d'être récemment publié en France”

     Je suis évidemment beaucoup moins calé que Maxence dans ce domaine, mais ce commentaire m’a donné envie de traiter un peu de ce sujet.
http://lancien.cowblog.fr/images/Chats1/NeilPostmanfinal.jpg
    D’abord je ne connaissais pas Neil Postman, alors j’ai été voir sur internet pour savoir ce qu’il avait écrit et j’ai trouvé cela intéressant :
    Neil Postman aurait un an de plus que moi (1931) mais est malheureusement mort en 2003.
    C’est un professeur de l’Université de New-York et il y a été président du département de la culture et de la communication.
    Son ouvrage le plus connu publié en 1985, ”Se distraire jusqu’à la mort” est une analyse de l’évolution de l’information.
    L'ère de la communication électronique (à l'époque la télévision) a succédé à l'ère de l'imprimé et modifie profondément l'ensemble de la société humaine. Postman pense que la forme de la télévision force les chaînes à présenter n'importe quel programme quel qu'en soit le contenu, comme un spectacle et que son audience ne tient pas à son contenu mais à l'image et sa mise en scène.
    Il compare l’information et l’utilité de l’action que nous pourrions avoir à partir de cette information, et il en déduit que l'utilité des informations que nous recevons n'a cessé de décroître depuis le Moyen Âge et que les informations que nous recevons via la télévision (ou Internet maintenant mais qui n’en n’était qu’à ses débuts en 85) ne sont que des distractions sans aucune importance.
    Il considère que l’abondance d’informations “trivialise” la culture.
    Pour lui le rôle d'une culture est de filtrer les informations afin de permettre sa préservation. La télévision ne rendant plus cela possible, les structures qui rendaient les sociétés stables sont affaiblies et leur capacité à contrôler l'information diminue encore.
    Cela fait penser au “Meilleur des mondes” d’Huxley où les gens aiment leur oppression et les technologies qui détruisent leur pensée, parce qu’elles leur procurent du plaisir et des distractions.
    Mais ce n’est pas nouveau : “panem et circenses” : du pain et les jeux du cirque pour que le peuple soit heureux, disait Juvénal.
    La voie de la démocratie et de la liberté semble bien étroite.

    Je voudrais revenir ensuite sur cette notion d’image de marque de la société à la place de la promotion d’un produit. C’est tout à fait vrai que c’est une des évolutions majeures des dernières années dans la publicité télévisée.
    Avec même parfois des clips tellement éloignés du sujet qu’on se demande où ils veulent en venir et de quelle marque il s’agit.!!!
    En plus adroit, de nombreux clips humoristiques , comme par exemple ceux de Georges Clooney et d’une marque de café, qui sont fort amusants et où on nous montre, sans le dire, que cette marque a séduit Saint Pierre au Paradis : le summum de la qualité ! lol
    Mais le jour où je voudrai acheter des capsules de café, j’en achèterai peu de diverses marques et je comparerai leurs qualités moi même avant de me décider. Pourtant il ne s’agit que d’achats de faible valeur.
    J’espère tout de même que pour un achat très important en coût, ce n’est pas la publicité pour une marque qui vous fera acheter une voiture de cette marque et que vous irez comparer leurs qualités.
    Cependant quand je vois de jeunes écoliers vouloir absolument des chaussures, un vêtement de telle marque, très cher, et qui n’est pas de meilleure qualité que des produits bien moins onéreux, tout cela parce que ses copains en ont et qu’il veut avoiir la même chose, je me demande si l’éducation de nos jours développe vraiment l’intelligence des enfants !
    Je crains que Neil Postman n’ait raison : les médias font de nous des moutons qui n’ont plus d’imagination et qui sont heureux de rentrer dans le premier moule tout fait qu’on leur propose.!
Par Arisu le Jeudi 2 décembre 2010 à 9:20
C'est bien connu, les marketers sont là pour créé le besoin chez l'être humain. Non pas des besoins physiologiques, mais d'estime et d'appartenance en général.. ( pyramide de maslow )

j'ai beau être dans le marketing cette année, tout cela m'énerve comme jamais.
 

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