Vendredi 30 mai 2014 à 7:48

Préférences cérébrales

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Les articles que je fais de temps à autre sur introverti/extraverti me valent toujours quelques mails de remarques ou de questions.

On m’écrit en particulier que « la société actuelle est faite pour les extravertis ».

Mais en fait ce sont des personnes introverties qui me disent cela. !!

 

Elles ont en partie raison, en apparence du moins.

Les psys disent souvent que « Le système, à l'oral, est fait pour les extravertis. »

Une de mes correspondantes qui avait eu 18 en français à l’écrit n’a eu que 13 à l’oral, et elle en était vexée), car la question l’avait prise de court, car les introverties ont besoin de réfléchir longtemps avant de donner une réponse, car elles veulent qu'elle soit bien argumentée et bien présentée. Elle s’est bien rattrapée depuis : elle est entrée dans les premiers à Normale Sup Sciences, rue d’Ulm, la première école scientifique française.

C’est vrai que dans le primaire ou même au collège, les introvertis sont souvent seuls dans un coin de la cour, lisent ou discutent tranquillement, alors que d’autres parlent tout le temps et jouent à des jeux collectifs et l’on dit d’eux qu’ils sont « sociaux ».

En fait les introvertis ne sont pas asociaux; ils sont juste moins adaptés à la vie en groupe, parce qu’ils ont besoin d’être parfois seuls et tranquilles pour se reposer et réfléchir. Ce n’est pas une question de système, mais de tempérament.

 

En fait c’est vrai, l’enfant a besoin de relations sociales pour se construire, et donc l’école, surtout maternelle et primaire, a un rôle de socialisation.

Alors, c'est une institution où l'on parle tout le temps, car la pensée de l’homme est structuré autour du langage. C’est vrai que les introvertis sont souvent pris de court par les extravertis qui lèvent tout de suite le doigt et, à force de ne pas être interrogés, ils finissent par se lasser et ne plus se manifester, sûrs de ne pas être écoutés.

Ils risquent alors d'entamer leur estime de soi, d’autant plus qu’il y a parfois sur leur bulletin « Ne participe pas assez en classe », mais ils devraient se rendre compte qu’ils disent beaucoup moins de bêtises que les extravertis qui parlent trop vite, sans réfléchir, poussés par leur tempérament.

Certes les profs interrogent plus volontiers les extravertis, mais ils se réjouissent de ne pas en avoir 30 dans leur classe, car les gérer dans cet espace limité deviendrait vite anarchique, et les profs préfèrent en général les enfants calmes.

 

Bien sûr les réseaux sociaux, les fêtes et anniversaires agités sont plutôt faits pour les extravertis, et les introvertis ne sont pas toujours invités, mais ils préfèrent peut être n’avoir que quelques copains, mais de bons amis et ils se passent volontiers de ces rassemblements où les extravertis populaires et chefs de file passent leur temps à parler, à vouloir être les leaderships et à toujours avoir raison et la barre sur les autres.

Il peut aussi y avoir des cas extrêmes, quand des groupes (où il y a aussi des introvertis mais menés par des extravertis), prennent un introverti pour tête de turc, le traitent de « loser », d’ « intello », et le font passer pour un imbécile infréquentable, l’isolant  à la cantine face à son plateau et lui faisant subir les quolibets de la bande.

Là il faut réagir et l’aider. C’est d’abord aux parents et aux profs de le faire, mais il faut aussi se prendre en charge soi même.

 

Je suis personnellement nettement introverti. J’aime réfléchir et bouquiner, faire de la doc, et les réseaux sociaux et grandes fêtes ne m’ont jamais tenté. Cela a un avantage, seul ou entouré je ne m’ennuie jamais, ayant bien trop de choses à faire et à penser.

Quand j’étais gosse, en classe, je ne levais pas le doigt tout de suite, mais quand je le faisais la réponse était juste, et le prof,; plutôt que m’interroger, m’envoyait au tableau corriger les exercices, et me demandait d’aider ceux qui avaient du mal à suivre.

Mon grand père, qui était ingénieur, me faisait lire des documents techniques puis me les faisait résumer oralement. En première et terminale, mes parents m’ont fait faire du théâtre et cela m’a appris à poser ma voix et à articuler face au public, en le regardant.

J’avais un petit groupe d’amis solidaires et qui s’estimaient et se respectaient et on discutait ensemble de ce qu’on allait faire, et c’est valorisant pour un introverti d’organiser cette discussion. Le sport développe aussi le sens social.

Jeune ingénieur, j’ai eu tout de suite à diriger des équipes, chose difficile au début pour un introverti, mais comme on connaît peu à peu ses collaborateurs, la confiance s’installe, et alors que sur le plan général on reste introverti, dans le petit groupe que l’on dirige, on se comporte comme un extraverti, qui écoute volontiers les autres et essaie de les aider. 

Et le vieux singe aime bien, aujourd’hui écouter, discuter et répondre à ses « guenons » de cowblog.

Le plus difficile c’est de faire un discours lors d’une réunion ou d’une cérémonie, surtout si l’on doit l’improviser. Mais si on le fait souvent et assez facilement sur des sujets techniques qu’on connaît bien, même devant des interlocuteurs importants, on finit par être capable d’improviser un minimum en toutes circonstances, même sur des sujets qu’on connaît moins.

 

Ceci pour vous dire qu’il ne faut pas regretter d’être intro ou extraverti; chaque personnalité a ses avantages et ses inconvénients. Certes en apparence la société actuelle semble, au départ, favoriser les extravertis, mais à l’âge adulte, c’est l’inverse dans certaines professions.

 

Et surtout d’une part il faut que parents et professeurs aident les introvertis à mieux se comporter en groupe et à développer leur confiance en eux, mais il faut aussi qu’ils ne soient pas pessimistes sur leur sort et fassent eux mêmes l’effort nécessaire pour développer leurs capacités d’expression, de communication et de relations sociales.

Mais c’est vrai qu’il faut aider les introvertis à être optimistes et à avoir confiance en eux et empêcher certains groupes de leur nuire.

Par maud96 le Vendredi 30 mai 2014 à 10:13
"introverti","extraverti" : mots récents inventés par la "caractérologie" pour décrire des "tendances", menant parfois à des traits de caractères affirmés... Je suppose qu'on se situe le plus souvent à mi-chemin "entre ces deux extrêmes"... ce que d'ailleurs tu décris bien à propos de ton parcours professionnel.
Par lancien le Vendredi 30 mai 2014 à 11:56
Il y a évidemment des personnes très extra ou introverties, et elles ont alors une personnalité assez extrême. je connais quelqu'un qui ne peut rester 5 minutes sans une compagnie, sinon elle est catastrophée. D'autres sont de véritable ours insociables. Mais beaucoup ne sont heureusement que peu ou moyennement intro ou extravertis. Et puis on peut considérer des sous-préférences : besoin des autres, besoin de parler, besoin de diriger, besoin de parler de soi, écoute des autres, et chacun peut avoir des degrés différents dans chacune de ces orientations. Enfin on peut avoir un comportement très différent (notamment pour les introvertis, au sein d'inconnus et dans un groupe qu'on connaît bien, au travail et dans la foule ou à la maison. Mais au départ il y a une préférence innée sur laquelle l'éducation et l'expérience de la vie agissent, mais sans la transformer complètement.
En France il y a environ moitié E, motif I; aux USA il y a 65% d'extravertis.
 

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