Jeudi 27 février 2014 à 9:05

Tristesse, désespoir

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    J’essaie assez souvent de remonter le moral de certaines de mes correspondantes, et un certain nombre d’entre elles ont eu affaire à des psys, notamment des psychiatres, qui sont aussi des médecins. Elles n'étaient pas malades, mais très stressées et souvent découragées, pessimistes et sans pensées positives.
    Rares sont ceux qui ont essayé de comprendre leurs vrais problèmes, de voir avec elles ce qui les tracassait et qui en général avait trait à leurs parents, ou leurs camarades de classe et leurs études (ou leur collègues de travail et leur patron), ou à leurs amours (ou parfois aux trois à la fois).
    La plupart du temps ces jeunes n’ont que des motifs plus où moins graves de stress, et sont même quelquefois au bord de la dépression, mais leurs maux sont la conséquence de faits matériels logiques et concrets

    Dans certains cas ce sont des traumatismes graves qu’on identifie aisément : mort d’un être cher, accident, rupture difficile, divorce de parents, enfant battue, compagnon manipulateur et pervers, viol ….
    C’est alors facile au psy d’identifier ce problème précis, (enfin si la jeune veut bien se confier), mais c’est moins facile de la calmer et cela demande de longues conversation, de la persuasion et le médecin n’a pas le temps de faire cela et en plus ce n’est pas une malade, alors il considère que ce n’est pas de son ressort et se contente le plus souvent d’ordonner des psychotropes (tranquillisants ou antidépresseurs) pour être tranquille et calmer la personne, en attendant que le temps répare la plaie (si tant est que letemps seul puisse le faire!).

    Mais c’est souvent plus difficile à cerner, parce que les raisons sont assez anodines et multiples et c’est leur accumulation qui a provoqué le trouble. Certaines sont inconscientes et la personnes ne les connais pas à priori, sauf les dernières d’entre elles, les « déclencheurs ». C’est donc difficile à trouver et il faut une longue recherche logique commune pour arriver à y voir clair, et on ne cerne pas toujours l’entière réalité.
    Là encore le psychiatre n’a pas le temps de faire ce travail, qui ne relève pas vraiment de la médecine, si ce n’est la possibilité de soulagement provisoire par les médicaments.

    Mais ce qui m’agace c’est que le psychiatre ne connaisse pas un psychologue compétent (c’est rare!!), qui puisse faire cette recherche avec sa patiente, par des méthodes simples purement logiques et de communication, et surtout pas par celles de la psychanalyse. Ce n’est plus de la médecine, il faut simplement savoir écouter, analyser logiquement les situations comme le ferait un chercheur, connaître un minimum sur les personnalités, le fonctionnement du cerveau et les bases du comportement humain.
    Malheureusement ce n’est pas ce qu’on apprend en France aux psychologues, que l’on bourre avec les théories de Freud, complètement périmées pour la plupart, et les maladies mentales. J’ai entre les mains des cours de fac de psycho actuelles et je déplore le peu qui est dit, sur les théories de la personnalité et le fonctionnement du cerveau.
    Alors psychiatre comme psychologue n’ont qu’une préoccupation pour la plupart : trouver une explication à leur patient dans une maladie mentale.
    Alors pourquoi pas en inventer, ou trouver des variantes à celles qui existent.

    La tarte à la crème actuelle, c’est le « borderline », ou, en français, ou « l’état limite ».
    C’est un trouble de la personnalité qui se traduit par stress, anxiété, irritabilité, instabilité affective, changement d’humeur et manque de confiance en soi, et souvent une certaine difficulté dans la communications avec autrui. Le principal problème est une difficulté à gérer ses émotions.
    Ce trouble, lorsqu’il est sévère (je n’ose appeler cela une maladie !) est assez répandu : près de 2% des français, surtout des jeunes et des femmes. Mais les psys vous disent que « ce problème est souvent ignoré par les malades eux-mêmes » ! Cela me rappelle le docteur Knock !
    Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux américain (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou DSM-IV), la personnalité « borderline » se définit par au moins cinq des neuf critères suivants :
            - mode de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisées par l'alternance entre les positions extrêmes d'idéalisation excessive et de dévalorisation ;
            - instabilité affective due à une réactivité marquée de l'humeur (par exemple : malaise psychologique intense, irritabilité ou anxiété durant habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours) ;
            - sentiments chroniques de vide ou d’ennui ;
            - perturbation de l'identité : instabilité marquée et persistante de l'image ou de la notion de soi, manque de confiance en soi;
            - impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (par exemple : dépenses excessives, sexualité, toxicomanie, alcoolisme, jeu pathologique, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie ou d'anorexie) ;   
            - colères intenses (rage) et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère (par exemple : fréquentes manifestations de mauvaise humeur, colère constante ou bagarres répétées, colère subite et exagérée) ;
            - efforts effrénés pour éviter un abandon réel ou imaginé ;
            - répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires, ou d'automutilations ;
            - survenue transitoire dans des situations de stress d'idées de persécutione ou de symptômes dissociatifs sévères.
   
    Certaines personnes ont certainement un trouble de ce type, mais la difficulté est que la description des symptômes est vague et surtout celle de leur intensité et fréquence.
    De plus il circule des tas de questionnaires/diagnostic qui doivent vous dire si vous avez ce trouble, et qui ont été faits par des personnes non compétentes et qui ne sont pas étalonnés statistiquement.
    Quand vous répondez à ces questionnaires, au moins 1/3 des personnes ont les symptômes correspondants.
    En effet beaucoup d’entre elles sont des personnes sensibles, qui sont stressées par la vie actuelle et maîtrisent mal leurs émotions. Et une jeune femme (et même un jeune homme) n’ont souvent pas encore assez confiance en eux.
    Quant à l’instabilité affective, les médias et les mœurs actuelle en font presque un dogme, de même que la peur de ne pas s’intégrer à un groupe.
    Alors il ne faut pas s’étonner si on se croit « borderline ».
    Mais ce n’est pas une raison pour que les psys, quand ils n’ont pas le temps de chercher avec vous ce qui vous cause problème, se débarrassent du pensum, en disant que vous êtes dans un « état limite » et que donc ils vont vous prescrire des anxiolytiques.

     Donc, si votre psy vous dit que vous êtes « borderline », ne vous affolez pas. D’une part ce n’est vrai que si vous avez des symptômes vraiment très nets et importants, et d’autre part, même si c’est vrai, ce n’est pas vraiment une maladie mentale, mais un trouble passager, que l’on doit effectivement soigner pour qu’il ne conduise pas à la dépression.
    Mais, même  si l’on vous donne des médicaments, cela vous soulagera sur le moment, mais ne vous guérira pas, et il faut que vous fassiez un effort de volonté pour vous en sortir, et d’abord rechercher les causes de vos problèmes.
    Les anxiolytiques, c'est comme le plâtre pour une jambe cassée : cela immobilise l'os pour qu'il puisse se réparer, mais il faut qu'il se répare lui même ensuite, et il ne faut pas garder le plâtre trop longtemps, car c'est nocif.
    Enfin il n’y a pas forcément que l’aspect psychologique, votre santé physiologique doit être bonne, et notamment une nourriture insuffisante ou mal adaptée, ou des troubles hormonaux, peuvent être à l’origine de déséquilibres préjudiciables;
Par Morgane la Fée qui fait BLI le Vendredi 7 mars 2014 à 15:58
Coucou Papy !
Je parcours ton blog de temps à autres entre deux révisions, il y a beaucoup d'articles intéressants, mais que je n'ai pas forcément le temps de lire en intégralité...
Je me suis attardée sur celui-ci, et je pense qu'il faut que je t'envoie les cours de cette année et de l'année prochaine, il me semble que tu n'as pas un bon aperçu de ce qu'on apprend à la fac. On est loin de nous bourrer le crâne avec les théories de Freud, qui bien que relativement anciennes, ne sont pas à rejeter en bloc d'ailleurs ! J'étudie les neurosciences ce semestre et je trouve cela passionnant, mais je pense aussi que ce malgré leurs apparentes divergences au niveau théorique, ce sont deux disciplines qui gagneraient à être utilisées ensemble et de manière complémentaires dans la pratique.
Notamment concernant l'état limite, il y a un très net amalgame qui est fait au niveau de ce qui relève de la pathologie à proprement parler (ce qu'on trouve dans le DSM, donc), et de ce qui est de la personnalité limite, qui là relève de ce qui constitue une structure de personnalité (propre à chaque personne en fonction de sa construction depuis la petite enfance, censée normalement se stabiliser à l'âge adulte entre la névrose, la psychose, la perversion...). J'étais assez perplexe du coup j'ai fait des petites recherches à la BU et autres, et je pense donc que la différence doit être faite entre ce qui est du TROUBLE borderline (qui lui est assez approximatif je te l'accorde), et la PERSONNALITE limite, qui est un ajout à mon sens très judicieux d'une structure de personnalité manquante jusqu'alors, qui ne relève ni de la névrose, ni de la psychose puisque oscillant entre les deux, dans le sens qu'elle emprunte des caractéristiques et notamment des mécanismes de défense de ces deux structures.
Enfin, cela mériterait que l'on puisse avoir une conversation là dessus quand je monterais à Paris ou Carnac, peut être au printemps ou cet été.
Je te fais de gros bisous, ainsi qu'à Mamie !
 

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