Samedi 21 novembre 2015 à 9:08

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Les psychologues ont une dénomination que je trouve bizarre et peu explicite : « la théorie de l’esprit ». Qu’est ce ?
    C’est le fait de pouvoir expliquer les actes d’autrui (et éventuellement de soi même) et de les prévoir, grâce à l’observation d’états mentaux, souvent d’ailleurs perçus intuitivement.
    Ce n’est pas quelque chose d’évident et cela fait partie du développement des enfants, sujet qui me tient à cœur.
    Jusqu’à 4 à 5 ans l’enfant n’a pas cette capacité qu’il acquiert progressivement à partir de 18 mois environ (en fait à partir du moment ou il peut comprendre le langage).
    Lire et écrire le conforteront car cela développera ses moyens d’expression.

   
    Le bébé considère que les autres et notamment sa famille, sont le reflet de lui même et ont les mêmes pensées et il compte sur eux pour satisfaire ses désirs.
    La première étape, vers un an à 18 mois, est de se rendre compte que les autres peuvent voir le monde autrement que lui. L’enfant n’explore plus le mo,nde seul mais avec les autres, il regarde là où il regarde, il leur montre des objets, il réclame des actions : il découvre qu’on peut partager des pensées.
    Mais, à ce stade, il ne sait pas dans quelle mesure la pensée d’autrui peut être différente de la sienne, et il est incapable de comprendre le mensonge ou la plaisanterie.
    A 18 mois l’enfant coopère à des actions : quand je revenais de faire des courses avec deux cabas dans les deux mains, mon fils de 19 mois poussait devant moi la porte de la cuisine fermée, pour que je puisse passer. Mais la réalité était parfois difficile à comprendre : il y avait un interphone de surveillance entre la chambre des enfants et la nôtre et les jeunes enfants avaient du mal à comprendre qu’on pouvait leur parler sans être dans la pièce.
    A cet âge l’enfant croit que les autres ont le même savoir que lui. Quand on changeait devant mon fils la place de la balle du chien dans la pièce, alors que le chien n’était pas là, il ne comprenait pas que le chien aille la rechercher d’abord à son ancienne place : puisque lui savait où elle était, le chien aurait dû le savoir aussi ! Le savoir de l’enfant, c’est lka réalité pratique et visible.
    L’enfant ne s’apercevra vraiment que les autres ne pensent pas comme lui que lorsque le langage lui permettra de communiquer de façon suffisante pour comprendre la pensée d’autrui.

    Le stade suivant est pour l’enfant de s’apercevoir que quelqu’un peut avoir une opinion sur un sujet, qui pour lui est fausse et non conforme à la réalité, et notamment que quelqu’un peut volontairement mentir.
    Le premier pas est de se rendre compte qu’une réalité peut être vrai pour l’un et fausse pour l’autre.
    Habituellement les gâteaux du goûter étaient rangés dans un placard bas de la cuisine. Devant mes deux fils je mettais le paquet de gâteaux dans le frigo (ce qui est idiot!), puis je leur demandais « Où votre sœur va t’elle chercher le paquet de gâteaux.
    Mon deuxième fils, qui avait 3 ans répondait « dans le frigo », car c’était ce qu’il savait de la réalité. Mon fils aîné qui avait 5 ans, comprenait que sa sœur n’étan
t pas là, ne pouvait connaître ce nouvel emplacement et répondait logiquement « dans la placard ». Il savait que quelqu’un pouvait avoir une représentation de la réalité différente de la sienne, mais cela de façon logique et sincère.
    Par contre, même à 5 ans, l’enfant prend en général assez mal une plaisanterie, car il ne s’imagine pas sur le moment que ce n’est pas la vérité et cela le vexe de s’être fait berner.

    Le deuxième stade est en effet de s’apercevoir qu’autrui peut volontairement penser quelque chose de faux, en sachant que ce n’est pas conforme à la réalité.
    Au départ l’enfant pense que la personne est sincère et ignore que ce qu’elle dit est faux, et cela même vers 4 ou 5 ans. Pour repérer plaisanterie et mensonge, il faut comprendre que l’autre sait pertinemment que ce qu’il dit est faux et qu’il le fait volontairement dans un but donné.
    C’est effectivement là une situation où l’enfant doit se mettre à la place de l’autre et essayer de penser comme lui, pour comprendre son comportement
    Si mon fils me disait « je vais aller jouer, j’ai fini d’apprendre mes leçons » en pensant que je vais le croire, c’est un mensonge. S’il dit la même chose juste en rentrant de classe, sachant très bien que je sais que c’est faux et que je ne le croirai pas, c’est une plaisanterie.
    C’est très difficile pour un enfant de moins de 6 à 7 ans de différencier les deux et surtout de savoir manier ces concepts.

    En effet le troisième stade, c’est d’imaginer comment on pourrait agir sur la pensée d’autrui, et donc de mener dans ce sens, son propre comportement.
    C’est apprendre à mentir de façon vraisemblable, pour en tirer un avantage et à faire une plaisanterie pour amuser les autres.
    Il est rare qu’un enfant sache faire cela avant 7 ans.
Par http://www.madeleinebrunelet.fr le Mardi 26 janvier 2016 à 3:51
Une correspondante qui habite la province me demande s’il faut avoir peur de venir à Paris.
 

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