Jeudi 29 juillet 2010 à 8:37

Notre personnalité

Ce n'est pas un papier peint, mais des fleurs de bignonne sur le mur blanc de ma maison de Bretagne !

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    Dans un de mes articles sur les préférences cérébrales, j’avais dit que jétais parti pour définir les diverses préférences qui me servaient lorsque j’essayais de comparer entre elles des personnalités, d’une part des études de Jung, un psychiatre contemporain de Freud, complétées par deux psychologues américaines, mesdames Myers et Briggs, d’autre part d’une théorie du chercheur américain Plutchik sur les émotions et la perception émotive immédiate, et enfin de la théorie simplifié du “big five”.
    Plusieurs correspondant(e)s m’ont demandé d’expliquer ce qu’était cette dernière théorie, et je pense qu’un article pourrait intéresser d’autres personnes.

   
    Des études américaines ont montré, après plusieurs dizaines d’années d’études expérimentales sur des individus, que ceux-ci diffèrent par leur attitude et leur façon de penser, sentir et agir, dans plusieurs domaines psychiques, ces derniers pouvant êre regroupés autour de cinq larges dimensions - traits ou facteurs - de la personnalité.
    Il s’agit plus d’un repère que d’une théorie de la personnalité.
    Ces facteurs de la personnalité ont été obtenus en partant de constatations pratiques, en faisant des hypothèses sur ces divers facteurs et en utilisant ensuite une analyse statistique dite “factorielle” qui chiffre la corrélation entre chaque facteur et les divers comportement.
    De très nombreux chercheurs ont collaboré à ces études. Les plus connus dont on trouve de nombreuses publications sont Allport, Cloninger, Goldberg et Mc Crea.
    Voici quels sont ces cinq facteurs de personnalité, qui comme les préférences cérébrales peuvent se décrire, pour chacun par deux attitudes antagonistes, l’une étant utilisée plus souvent que l’autre. :


Extraversion - Introversion :

    Comme pour les préférences cérébrales, l’extraverti tire son énergie du monde environnant et du contact avec les autres personnes et font preuve ouvertement de sociabilité, d’activité et d’émotionnalité positive, dans un rapport dynamique aux autres, en société. Ils ont tendance a se tourner vers les autres, a s'exprimer, à se mettre en avant et à diriger les groupes.
    Au contraire, les introvertis, timides ou discrets, peu tournés vers les autres, prudents, ont le monde des idées et de la réflexion comme moteur. Ils sont plutôt calmes, effacés, et moins dépendants de la vie sociale; l'introverti a besoin de moins de stimulation que l'extraverti et de plus de temps pour réfléchir.


L’Amabilité :

    C’est une attitude prosociale et altruiste dans le cadre des relations a autrui : confiance, chaleur, aptitude au dialogue, empathie.
    Le caractère agréable transparaît dans le désir de coopération et d'harmonie sociale. Les individus agréables portent de l'importance à la cohésion avec autrui et se montrent pleins d'égards, amicaux, serviables, généreux et prêts a transiger pour concilier leurs intérêts avec ceux des autres. Les personnes agréables ont aussi une vision optimiste de la nature humaine. Ils pensent que les gens sont foncièrement honnêtes, fiables, et conciliants..
    Au contraire, un faible niveau d' amabilité implique froideur, distance, égoisme, individualisme. Les individus désagréables mettent leur intérêt personnel avant la cohésion avec autrui. Ils sont généralement insoucieux du bien-être des autres et de ce fait peu enclins à faire un effort pour eux. Parfois leur scepticisme quant aux motivations d'autrui les rend soupçonneux, inamicaux, fermés à toute coopération.
.    Le caractère agréable est à l'évidence un avantage pour devenir et rester populaire. Les personnes agréables sont plus aimées que les personnes désagréables. D'un autre côté, le caractère agréable n'est pas favorable dans des situations qui requièrent des décisions dures ou absolument objectives.


L’ Esprit consciencieux :

    Le caractère consciencieux dit comment nous contrôlons, régulons et dirigeons nos impulsions.
    C’est la capacité a se focaliser sur des tâches et des buts, a les planifier, les hiérarchiser et les exécuter. Contrôle de son impulsivité, résistance a la distraction. Ordre, persévérance, méthode, discipline, ponctualité...
    Au contraire, les personnes ayant de faibles scores d'esprit consciencieux sont impulsives, cèdent aux envies du moment, sont moins soucieuses de I'avenir, moins focalisées sur des buts, moins organisées et planificatrices; elles vivent plus « au iour le iour », sont parfois négligentes,  et remettent les taches au lendemain
    Les avantages d'un fort caractère consciencieux sont évidents. Les individus consciencieux évitent les ennuis et réussissent avec brio en cernant et planifiant leurs objectifs et en maintenant leur ligne de conduite. Ils sont également perçus positivement par autrui, comme intelligents et fiables. Côté négatif, ils peuvent être des perfectionnistes compulsifs et des bourreaux de travail. Des individus extrêmement consciencieux peuvent être considérés comme ternes et ennuyeux.


La stabilité émotionelle :

C’est une capacité a gérer ses émotions et a tempérer les sautes d'humeur, a résister aux « coups de blues », a être peu sujet a I'anxiété. Ce sont des personnes calmes, émotionnellement stables, qui n'éprouvent pas d'humeur négative de manière persistante.
    A l’inverse, ceratines personnes ont des difficulté a atteindre une stabilité émotionnelle, et ont une vulnérabilité face a leurs propres émotions ou affects, sont perméables aux idées anxieuses ou tristes, voire agressives.
    Ces personnes sont émotionnellement réactives : elles s'émeuvent face à des événements qui n'affectent pas la plupart des gens, ou en tout cas beaucoup moins. Elles ont plus tendance à ressentir des situations ordinaires comme menaçantes, et des frustrations mineures comme insurmontables. Leurs réactions négatives durent plus longtemps, au point qu'elles sont souvent de mauvaise humeur. Leurs émotions peuvent entraver leur capacité à raisonner, à prendre des décisions, à faire face aux situations stressantes.


L’ouverture d’esprit :

    C’est la disposition à rechercher l' expérience la víe mentale et pratiquer, étendues, profondes, complexes, variées et originales, la facilité a gérer la confrontation avec des idées et expériences nouvelles., la faculté de « sortir » des sentiers battus.
    L'ouverture à l'expérience distingue les personnes imaginatives et créatives des personnes terre-à-terre et conventionnelles. Une personne « ouverte » est curieuse intellectuellement, apprécie l'art, est sensible à la beauté. Elle est, plus qu'une personne « fermée », consciente de ses sentiments. Elle possède souvent des convictions peu conventionnelles et individualistes, même si ses actions se conforment à l'usage.
Une personne peu « ouverte » a plutôt des intérêts restreints, communs. Elle préfère le simple, le direct, l'évident au complexe, à l'ambigu, au subtil. Elle peut porter aux arts et aux sciences de la suspicion, considérant ces activités comme abstruses ou sans utilité pratique. Elle préfère la familiarité à la nouveauté ; elle est conservatrice et hostile au changement.


    Ces cinq dimensions sont relativement indépendantes. Elles se manifestent de façon assez stable dans des situations différenteset sont également assez stables au cours d'une vie.
    Elles s'observent que ce soit dans les instants de réflexions, les émotions ou les comportements
    Enfin, ces différences interindividuelles sont d'origine tant héréditaire qu'environnementale. les prédispositions génétiques pour telle ou telle dimension fondamentale de la personnalité sont soumises a l'influence de l' environnement, el la combinaison des deux aboutit aux différences d' attitudes, de valeurs, d'identités, de styles cognitifs ou d'idéologies.
 :
    En outre, à I'intérieur de chacune de ces cinq grandes dimensions de la personnalité se regroupent plusieurs sous-composantes plus spécifiques.
Certains auteurs ont ainsi isolé jusqu’à 18 sous-traits de la personnalité, provenant des traits initiaux big-five.
Par Tristelune le Jeudi 29 juillet 2010 à 13:42
Très interressant comme article !
Ça m'a pas beaucoup aidé à me cerner parce que j'ai des bribes d'un peu des deux caractères opposés à chaque fois...
Par Tristelune le Jeudi 29 juillet 2010 à 19:29
Je repasserai souvent alors ^^
(tes articles sont vraiment enrichissants)
Par minimily le Vendredi 9 décembre 2011 à 0:17
bonsoir, je viens de lire avec consternation votre article sur les Big Five. Tout d'abord, je tiens à corriger certains éléments de votre énoncé. Le modele des Big Five est une théorie qui apparait actuellement comme la théorie la plus consensuelle auprès des théoriciens experts dans l'étude de la personnalité. Il se base sur un approche psycho-lexicale et à l'aide d'analyses factorielles sur ses adjectifs que nous utilisons pour nous décrire, il est apparu ces 5 facteurs (facteur de 1er ordre). c'est la seule approche scientifique de la personnalité. ce modèle est un modèle hiérarchique de la personnalité qui postule que ces 5 facteurs permettent de rendre compte des différences individuelle et permettent de décrire la personnalité. Chacun des facteurs se présente sous la forme d'un continuum bipolaire qui permet de définir la personnalité de chacun des individus d'une population. les 5 facteurs sont:
- Agréabilité vs antagonisme
- Nevrosisme vs stabilité émotionnelle
- Esprit consciencieux vs impulsivité
- Ouverture vs conformisme
- Extraversion vs introversion
Chacun de 5 facteurs possèdent 6 facettes(ou facteur de 2nd ordre) donc 30 facettes au total et non 18.
donc si je peux me permettre, avant de disserter sur des théorie de psychologie reconnue par les experts et de transformer celle ci en psychologie de comptoir, retourner au source de l'information dans des revues scientifiques ou des ouvrages de cours destinées aux étudiants de psychologie.
Je suis juste psychologue et chercheuse en psychologie clinique spécialisée dans ce modèle.
Par lancien le Vendredi 9 décembre 2011 à 8:18
Je suis assez étonné de votre article, et je regrette que vous n'ayez pas laissé un moyen (blog ou adresse) qui permette de discuter.
Je pense que vous n'avez pas lu mon article ou que vous ne l'avez pas compris du fait que vous êtes spécialiste et donc habituée à un vocabulaire correspondant.
J'ai énormément lu sur le big-five, (y compris des auteurs américains) je l'ai même pratiqué en entreprise de même que le MBTI et des tests du type Sosie ou Papi. J'aurais pu faire un article plus détaillé, mais alors incompréhensible pour mes lecteurs et lectrices.
Les facteurs que vous citez sont exactement ceux que j'ai présentés dans mon article.
Je n'ai pas du tout présenté le big-five comme une théorie de comptoir mais au contraire comme un des meilleurs outils pour définir rapidement une personnalité.
Mais ce n'est pas une approche scientifique de la personnalité (et j'ai une formation de chercheur scientifique). Le big five, pas plus que le MBTI n'explique rien, et c'est comme vous le dites une approche statistique multi-critères, ce qui est une approche mathématique certes difficile et longue, mais qui n'établit aucune relation certaine de cause à effet.
Et ce n'est pas pour demain que l'on établira (heureusement) une relation entre la personnalité et le fonctionnement du cerveau. J'ai fréquenté des personnes dont le métier était d'établir ces statistiques sur les tests de personnalité et j'en connais bien les limites.
Je connais aussi des personnes qui en entreprise utilisent le big five et le MBTI et je peux vous dire qu'il y a bien des cas où ces deux outils, extrêmement utiles par ailleurs, ne permettent pas, ni d'expliquer suffisamment la personnalité, ni de "prédire" le comportement d'une personne.
Je suis moi-même certifié MBTI et j'ai aussi utilisé le big five et j'ai longtemps été en contact avec l'ECPA au sujet de tous les tests correspondants
Par Cinqsensetdemi le Mercredi 7 mars 2012 à 13:39
Bonjour,

Une remarque concernant le chapitre sur l'amabilité.
Il est confondu "individualisme" et "égoïsme". L'individualisme fait référence à l'individu et à ses choix : ce que je veux faire, ce que je veux-être, mes ambitions, etc., quitte à sortir de la "norme". Il n'y a rien d'égoïste à vouloir exprimer son potentiel. Une lecture : "François de SINGLY. 2005. L’individualisme est un humanisme. La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube."
 

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