Jeudi 14 août 2014 à 8:30

Actualité

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    Maintenant que nous avons vu d’une part la signification des mots « sexe » et « genre », et d’autre part, très succinctement les différences importantes entre hommes et femmes au plan de la génétique, des hormones et du cerveau, nous pouvons aborder à nouveau la polémique concernant la « théorie du genre », qui en fait n’existe pas.
    La théorie du genre, c'est soi disant une idéologie dans laquelle femme et hommes seraient semblables notamment sexuellement, ce qui est idiot et ce que personne n'a jamais soutenu
    Ce fantasme d'une « idéologie du genre » est venu des Etats-Unis et des groupes ultraconservateurs, qui ont inspiré leurs homologues en Europe. En réalité, la loi prévoit l'enseignement de l'égalité homme-femme à l'école depuis 1989, et des cours d'éducation sexuelle sont prévus à l'école depuis une loi de 2001, mais on n'enseigne aucune « théorie du genre » dans les écoles, pour la bonne raison qu’il n’y a pas de théorie.
    De plus il y a toujours eu de cours de biologie au lycée et j’ai eu en terminale des cours sur la « biologie humaine », y compris bien sur les organes sexuels et la procréation. Cela ne s’appelait pas (il y a 67 ans !) non pas encore SVT, mais « sciences naturelles.
    La polémique qui a sévi il y a peu de temps, résulte d’une part de malentendus, et surtout d’une ignorance de la signification du vocabulaire, et également d’une volonté de certaines personnes, soit de critiquer le gouvernement en général et plus particulièrement l’actuel, soit de s’opposer à des évolutions de la société en matière de condition féminine et de laliberté et de la sexualité de la femme. Il s'agit le plus souvent de groupes d'extrême droite, d'intégristes catholiques et de musulmans radicaux, plus des gens auxquels on fait croire n'importe quoi.
   
    Il est certain que certains milieux conservateurs sont opposés à l’enseignement sexuel à l’école (comme ils sont opposés à la contraception), et ils ont diffusé intentionnellement des rumeurs aussi ridicules que fausses, par exemple, que l’on enseignait à l’école la masturbation et l’homosexualité.
    Je suis en contact avec de nombreux jeunes et il m’est arrivé de parler avec eux de contraception et en général ces sujets en cause n’étaient pas abordés, sauf si les élèves eux mêmes demandaient des précisions sur la signification de ces mots. Cela me paraît normal qu’à notre époque, on sache ce que sont ces notion à partir de la puberté, c’est à dire dans la deuxième partie du collège.
    Je connais effectivement certaines personnes, ainsi très traditionalistes et qui sont ultraconservatrices, et je me suis toujours demandé ce qui se passerait si une de leur filles était homosexuelle (ce qui peut arriver quelle que soit l’éducation de départ), ou si elle tombait enceinte faute d’éducation sexuelle.
    Autrefois beaucoup de parents se chargeaient de cette formation, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, et le faire à l’école est un problème de salubrité publique.
    Mais il s’agit de « sexe » et pas de « genre », et personne n'a contesté la différence biologique entre homme et femme, qui est un fait scientifique avéré.

    En 2013 l'éducation nationale a testé, dans 600 classes de 275 écoles, de la maternelle au CM2, des séquences pédagogiques sur les questions d'égalité homme-femme, les « ABCD de l'égalité ». Ils ne parlent pas de sexualité et donc encore moins d'homosexualité. Ils consistent en des séries d'exercices et d'activités destinés à interroger sur les rôles masculin et féminin en société : pourquoi les filles jouent à la poupée et les garçons au ballon, etc.
    J’ai eu l’occasion de voir certains des documents ou exercices correspondants, et il n’y a rien de scandaleux ni tendancieux. C’est relativement du bon sens, mais effectivement les gens en ont de moins en moins.
    Toutefois, personnellement, je suis assez sceptique sur l’utilité pratique de ces exercices, et je pense que des discussions plus sérieuses seraient plus utiles en fin de collège et au lycée en philosophie.

    Une institution a fait l’objet d’une polémique, l’association « Ligne Azur ». Cette association, dérivée depuis 10 ans environ de « Sida info service », aidait des personnes qui souffraient de doutes sur leur sexualité, et, suite au constat alarmant d'un taux de suicide plus élevé chez les jeunes homosexuels souffrant de leur orientation et des sarcasmes de leur environnement, un partenariat a été mis en place avec l'éducation nationale, qui affiche le numéro de « Ligne Azur » dans les collèges et lycées, et Ligne Azur ne fait pas d'interventions scolaires. Parler à ce sujet d’incitation à l’homosexualité est donc ridicule et tendancieux et ridicule.

    Jean François Coppée aurait mieux fait de se taire, et de vérifier les faits, lorsqu’il est parti en guerre contre un livre qui s’intitulait « tous à poils », qui expliquait les différences physiologiques entre sexes (rien à voir avec le genre). Ce livre n’a jamais été au programme, mais a été listé par des parents d'élèves dans le cadre d'une bibliographie d'ouvrages, proposée dans quelques documents pédagogiques. Ce livre date d’ailleurs de 2011.
    Cela a fait de la pub à ce livre et je l’ai donc feuilleté; j’avoue que personnellement j’aurais choisi surtout un autre titre et j’aurais préféré des explications pédagogiques, à une suite d’images de personnes nues ayant des occupations normales diverses : cela fait un peu camp de nudistes !.    Il y a un certain humour dans ce livre, mais des enfants trop jeunes y sont difficilement sensibles et peuvent peut être être gênés par ces images, qui risquent par ailleurs de provoquer des plaisanteries déplacées.
    Mais ce livre n’est pas un livre d’enseignement !

    Cela dit cette polémique bien inutile n’est pas la première et ne sera pas la dernière.
    Il y a souvent derrière des arrières pensées politiques.
    Il y a surtout toujours des gens qui ne veulent pas admettre que la société évolue, avec effectivement des évolutions bonnes et mauvaises, que les habitudes et la façon de vivre changent, et qu’il ne faut pas vouloir obliger tout le monde à avoir la même morale et la même conduite, que celle que l’on estime devoir suivre soi-même.
    Il est normal que les parents enseignent des règles à leurs enfants, mais il faut qu’ils aient une information complète, sans occultation volontaire de certaines notions, pour pouvoir ensuite choisir eux même leur voie, lorsqu’ils seront adultes et indépendants.
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