Vendredi 22 juin 2012 à 7:55

Enseignement, école, fac

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            L'avant dernier sujet de philo du bac général 2012 qui m'a fait réfléchir est :

 
                                    "Avons-nous le devoir de chercher la vérité?"
           
            L'énoncé, pour une fois; ne pose guère de problème.
 
            "Avoir le devoir", c'est clair, il ne s'agit pas des devoirs de vacances, mais du devoir moral ou intellectuel, de l'obligation vis à vis des autres et de la société.
            Toute une tradition fait de la vérité un devoir : la plupart des religions et le christianisme en particulier considèrent que tout mensonge, y compris celui par omission, est un pêché.
 
            La "vérité" c'est ce qui est vrai, avéré. Pas d'ambiguïté non plus, si ce n'est que : la vérité existe t'elle dans tous les cas?
 
            " Nous", bien sûr c'est vous ou moi, mais justement cette recherche de vérité est elle souhaitable pour tout le monde sans exception, ou davantage pour certains.
           
Finalement le problème, c'est de savoir s'il y a une vérité et cette obligation de la rechercher est elle nécessaire pour tous, en toutes choses, dans toutes les circonstances ?
 
            Enfin on pourrait aussi se poser la question : en admettant qu'on l'ait trouvée, faut il la révéler ensuite ? N'oublions pas l'adage "toute vérité n'est pas bonne à dire".
 
            Prenons le cas le plus simple, celui des sciences : connaître c'est savoir !
            Par principe les sciences doivent être "exactes" et rechercher la réalité des choses, des explications des phénomènes qui nous entourent, pour les comprendre et les prévoir. Le scientifique a donc le devoir de rechercher la vérité avec honnêteté intellectuelle et sans "tordre" les faits et les résultats pour les faire coïncider avec ses hypothèses.
            Bien sûr, me direz vous, il y a les sciences "approximatives" : la            médecine, la psychologie, les sciences humaines.... Mais le chercheur a la même obligation, mais sa tâche est lus difficile et sa vérité restera plus approximative et contestable.
            Il y a de toutes façons des incertitudes dans tout résultat scientifique, que l'on peut évaluer par un calcul d'erreur, mais lui même approximatif. Les hypothèses que l'on fait ne sont pas toujours justes, les instruments et mesures inexactes, des artefacts se glissent dans les protocoles d'essai.
            La "vérité scientifique" n'est que la vérité de l'instant; elle évolue ensuite au fur et à mesure que nos connaissances avancent, en général par confirmation des principales hypothèses et ajout de compléments, mais parfois par révision complète des conclusions initiales.
           
            Un deuxième cas est intéressant, celui des magistrats, des policiers, dont le métier est de faire appliquer des lois, des règlements, des règles, mais aussi de protéger les citoyens.
            Il est évident que leur métier comporte l'obligation professionnelle et morale de rechercher la vérité, "toute la vérité, rien que la vérité", selon la formule consacrée des témoignages. Ce n'est pas toujours facile, il y a des bavures, des erreurs, mais il faut reconnaître que sur le nombre énorme de cas, elles sont peu nombreuses.
            L'indépendance de la justice vis à vis du pouvoir, et notamment du juge d'instruction, est un garant de cette vérité.
 
            Plus généralement il y a le cas de toutes les enquêtes de toutes sortes : épidémiologiques, d'effets des médicaments, d'opinion, sondages divers...
            Théoriquement le devoir des enquêteurs est de récolter ce qui est censé être la vérité qui résulte d'une étude statistique en général, à partir de la récolte de données, qui elles ne sont pas forcément exactes, surtout si elles sont subjectives, comme les opinions.
            Il faut reconnaître par contre, que la plupart de ces études sont commandées par un commanditaire qui les finance, avec un but souvent intéressé et lucratif, et que les enquêteurs ont souvent pour souci de satisfaire d'abord leur client et les entorses à la vérité sont fréquentes.
            Beaucoup de résultats sont également faussés par l'ignorance des lois statistiques et des dangers de l'extrapolation aux limites. Les médias, à la recherche de sensationnel, répandent largement ces fausses conclusions.
            C'est d'ailleurs une constatation regrettable : ceux dont le métier est l'information n'ont pas le souci de vérification de leurs sources et de diffuser que des informations avérées , car cela prend du temps et l'information risquerait d'être diffusée par d'autres, avant eux.
 
            Quant aux politiques, n'en parlons pas, la "langue de bois" est tellement l'habitude qu'on ne les croit même plus quand ils disent pour une fois la vérité.
 
            Cas délicat celui des croyances religieuses et des préceptes moraux;
            Là le problème est "y a t'il une vérité".
            J'ai eu des camarades catholiques, israélites, musulmans et je discutais religion. Si l'on fait abstraction des intégristes, des pratiques associées à certains rites, et des inventions de ceux qui, assoiffés de pouvoir, prennent la religion comme un instrument de soumission, j'ai été étonné de la ressemblance de ces trois religions, et finalement il n'y a pas de vérité en la matière, seulement une "foi" et l'acceptation de mystères.
            Quant à la morale, au Bien et au Mal, est ce une vérité universelle qui s'impose à tous.
Malgré les dires des religions, malgré les pensées des philosophes qui le défendent (comme Kant par exemple qui défend entre autre l'universalité du devoir de vérité), quand on compare ce que pensent les personnes, on est plus proche de l'hypothèse de Freud (pour une fois où je susi d'accord avec lui !!), selon laquelle chacun a sa notion de la morale, certes issue des préceptes généraux, mais qu'il a adaptés et adoptés : c'est le "surmoi".
            Un autre cas intéressant, celui de l'Art. Y a t'il une vérité dans ce domaine. J'en doute et certaines oeuvres peuvent avoir une valeur artistique pour certains tout en étant des nullités pour d'autres. La valeur marchande de certaines oeuvres étonne et la spéculation est souvent basée sur la crédulité de gogos. Mais surtout la sensibilité artistique est propre à chacun et très subjective, car basée sur l'émotion.
 
            Reste tous les cas que je n'ai pas abordés et notamment ceux de la vie de tous les jours.
Faut il se mêler de ce qui ne nous regarde pas et chercher la vérité des affaires d'autrui ?
            Bien sûr il y a des cas où cela peut sauver quelqu'un, le cas des femmes ou des enfants battus ou maltraités, des harcèlement en entreprise, des méfaits préjudiciables à certains dont on connaîtrait les auteurs.
            Mais faut il cherche à savoir si le mari de sa voisine la trompe et en plus le lui dire ?
           
            Effectivement une question se pose : même en admettant que l'on ait le devoir de rechercher la vérité, une fois connue, faut il la révéler aux autres.
            C'est le cas des philosophes, qui par principe sont à la recherche de la vérité intellectuelle et cela pour l'enseigner, pour la faire connaître, pour la discuter aussi.
            Certains philosophes comme Kant ou Sartre refusent non seulement le droit de mentir, mais même le droit de se taire. J'avoue que je trouve leur position insoutenable. Les impératifs catégoriques" de Kant m'apparaissent comme une utopie, comme une "déification" de l'humanité, qui nie la valeur de l'homme. On a connu cela depuis dans les états totalitaires et les dictatures.
 
            Pour moi, la valeur reste l'homme et le respect qu'on lui doit. Il faut mettre l'homme au-dessus de la vérité.

            Le proverbe dit que "toute vérité n'est pas bonne à dire", mais surtout la vérité "n'est pas toujours bonne à entendre".
            Dire la vérité au mourant qui la réclame et qui est capable de la supporter, c'est sans aucun doute l'aider à mourir dans la lucidité et dans la paix. Mais le médecin se tait par compassion et charité humaine, envers celui qui ne veut pas savoir,
            Même si une règle est juste, elle ne sera équitable qu'à la condition de savoir l'adapter aux cas particuliers. Aristote disait qu'il faut distinguer le juste de l'équitable.

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Par coldtroll le Vendredi 22 juin 2012 à 14:14
"Mais le médecin se tait par compassion et charité humaine"
bien souvent, il doit se taire parce qu'il ne sait pas comment l'annoncer... xD
 

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