Samedi 25 novembre 2006 à 16:30

Le bonheur



 Une de mes correspondante de Tchatcheblog, férue de philosophie pose dans son dernier article, une question qui me parait intéressante et que je voudrais essayer de commenter
:

 “Peut-être que le bonheur, ça se mérite !! La condition du bonheur serait-elle d'avoir souffert ?…”
 
     Dans la philosophie chinoise, on ne peut concevoir une seule chose. Il faut appréhender à la fois une chose et son contraire.
     Alors peut on apprécier vraiment le beau temps et le soleil si l'on n'a pas connu l'orage, la pluie et la tempête.?
     Il y a évidement quelques personnes un peu spéciales : j'ai connu le commandant d'un navire, qui était heureux quand il y avait tempête parce “qu'après cela ne pourrait être que mieux” et qui était malheureux quand le temps était superbe, parce que ce serait ensuite “moins bien”

     J'ai le souvenir lorsque je faisais mes études d'ingénieur, d'avoir fait un stage ouvrier, très dur dans des ponts roulants, au dessus de fours d'une aciérie, et j'avais voulu être logé avec les manoeuvres émigrés dans une cité dortoir. Non seulement j'ai appris ce qu'était une véritable “chaleur humaine”, mais toute ma vie d'ingénieur, j'ai été heureux de mon métier qui m'épargnait un travail aussi pénible que ceux que j'avais un peu connus pendant deux mois.

     Curieusement, quand j'étais enfant, au lendemain de la guerre, où nous n'avions plus grand chose, nous étions probablement plus heureux que mes petits-enfants, qui ont presque tout ce qu'ils désirent.

     La grande souffrance n'est pas souhaitable certes, mais je crois qu'avoir été témoin d'un peu de difficultés et de souffrance fait qu'on est beaucoup plus sensible aux petits bonheurs de tous les jours qui font la joie de la vie.
     
     Ma correspondante a raison : le bonheur, ça se mérite.

     Quand nous souffrons, il ne faut pas se lamenter, se complaire dans notre malheur, il faut avoir d'abord la volonté de remonter la pente, de faire des efforts pour cela.
     Il faut aussi analyser notre situation : y a t'il vraiment autant de raisons pour que nous soyons aussi malheureux et quel est notre avenir ? Est il aussi sombre que cela si nous essayons de réagir?
     Il faut enfin regarder autour de nous : n'y a t'il pas beaucoup plus malheureux que nous, et des gens bien plus désespérés, qui pourtant essaient de survivre et de remonter la pente.?

     Depuis deux ans que j'essaie d'aider certain(e)s d'entre vous, j'ai vu très souvent des jeunes qui, à force de courage et de volonté, sont sortis du précipice et ont maintenant trouvé au moins une partie du bonheur.
     Alors cela est possible de le mériter ce bonheur !

Par Breves le Samedi 2 décembre 2006 à 19:46
Peut etre qu'a force d'experimenter les bons cotés on n'a plus conscience des valeurs de bases, du "bien" et du "moins bien". Puisque tout est deja acquis, reste il seulement quelquechose a desirer?
merci pour l'article en tout cas :)
Par live-in-a-dream le Lundi 11 décembre 2006 à 18:49
Je suis d'accord avec votre correspondante, mais pas entièrement ... Je dirais plutôt que lorsqu'on a souffert on est plus sensible à ce qui nous entoure et à ce qui nous fait du bien. C'est un peu comme lorsqu'on a jamais eu de calins de la part de ses parents, la moindre caresse fait naître une émotion ... bizarre ... je sais pas, mais avant je trouvais bizzare que l'on me touche le bras ...

Mais ça, vous l'avez plus ou moins dit dans votre article, et d'ailleurs je trouve que c'est un blog très bien, qui peut servir, et qui nous fait sentir qu'on est pas seul, que tout le monde ne nous prend pas pour des monstres (oui je sais j'exagère!lol). C'est juste qu'il y a plein de préjugés sur les ados, mais après tout, c'est partout la même chose, il faut vivre avec, malheureusement !!

En tout cas : merci !!
Par BlOoDyLoVeR le Samedi 19 mai 2007 à 22:32
C'est ce que j'ai cru avoir trouver; simple illusion..
Par Plume le Mardi 12 octobre 2010 à 13:47
J'suis tombée sur cet article pas tout récent par hasard.
Mais je suis totalement d'accord :
Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point. [Edgar Allan Poe]
On me dit souvent que j'ai une volonté inébranlable pour avoir l'état d'esprit que j'ai avec "tout ce que j'ai vécu". Moi j'ai pas l'impression d'avoir été si malheureuse que ça. J'ai peut-être vécu des choses difficiles, mais comme je n'en avais pas conscience, sur le coup, ça ne l'était pas. Et aujourd'hui, ça m'a enrichi, et je sais davantage relativiser que la plupart des personnes de mon âge.
Bon ça m'a aussi amputé d'un certain développement sur d'autres points, mais ça, c'est autre chose.
 

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