Dimanche 21 septembre 2008 à 12:32

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

 

    Le fait que j'écrive que les parents avaient tort de traiter un ado comme s'il était adulte, et de le consulter ou de lui faire prendre des décisions comme s'il avait dix ans de plus. a choqué certain(e)s d'entre vous.

   
    Vous avez été plusieurs à me demander dans vos mails pourquoi les jeunes n'avaient pas la même façon de penser que les adultes.
    Bien entendu vous admettez que l'âge apporte une certaine expérience de la vie, et que les différences d'éducations amènent à penser différemment.
    Mais vous vouliez surtout savoir si votre cerveau réagissait de façon analogue à celle d'un adulte.
    L'un de mes correspondants que je remercie, m'a signalé un article intéressant sur le “cerveau des ados” dans Sciences et Avenir de septembre.
    Ce journal citait une étude du National Institute of Mental Health américain dont le bilan a été publié en 2008 et je me suis procuré cette étude qui a porté, pendant 20 ans (1988-2008), sur le cerveau de 2000 personnes, enfants puis ados, puis adultes, à la fois sur le plan psychologique et neurologique, en pratiquant notamment des clichés de fonctionnement du cerveau gra^ce à l'imagerie par résonance magnétique.
    Je vais donc sur plusieurs articles vous parler de certaines de ses conclusions.

    Je vous ai donné dans plusieurs articles anciens, des renseignements sur les neurones dont je vais avoir besoin dans mon exposé, mais je sais que ce n'est pas facile pour vous d'aller chercher dans mon blog.
    Je vais donc reprendre certains points dans l'article d'aujourd'hui..

    Les neurones sont les cellules nerveuses qui transmettent l'influx nerveux.
Dans un foeutus il se crée 250 000 neurones chaque seconde, et nous avons environs 100 milliards de neurones dans le cerveau (10 puissance 11).
    Toutes nos sensations, nos réflexions, nos décisions, notre mémoire, résultent des connexions entre les neurones.
    Chaque neurone envoie un prolongement dit “axone” vers un autre neurone (ou vers les muscles pour des “neurones moteurs) afin de lui envoyer un signal d'influx nerveux.. Chaque neurone recueille l'information venant de très nombreux neurones grâce à des prolongements appelés “dendrites”. Un neurone est ainsi relié en moyenne à 10. 000 autres neurones, (mais ces connections, selon les types de neurones peuvent aller de quelques unités à plusieurs centaines de milliers).
    La richesse de notre cerveau, ce sont donc ces 100 milliards X 10 000 = 10 puissance 15 connexions.
    La connexion entre axone du précédent neurone et dendrite du suivant se fait au niveau d'une “synapse”, où la transmission est chimique au moyen de “neurotransmetteurs (environ 120 dont une trentaine très fréquents).
    Ses dendrites amènent au neurone un siganl électrique positif ou négatif, et le neurone “fait la somme” de ces signaux et si celle-ci est suffisamment positive, déclenche alors un influx électrique dans son axone et vers les dendrites du neurone qui y est relié.
    Dans le cerveau, il y a des parties où il y a surtout les neurones eux mêmes (la cellule) et des parties où il y a surtout des faisceaux d'axones et de dendrites.
    Les parties du cerveau où sont les cellules neurones sont grises et on l'appelle donc la “matière grise”.
    Les axones et les dendrites chez le jeune enfant sont aussi d'apparence grise puis ils se recouvrent d'une substance grasse, la myéline, qui fait isolant et augmente considérablement la vitesse de transmission de l'influx nerveux qui passe d'environ 1 à 120 mètres / seconde.
    Les axones et dendrites recouverts de myéline ont un aspect blanc et les zones du cerveau où il y a peu de neurone et beaucoup de prolongement s'appellent la “matière blanche”.

    Maintenant que je vous ai rappelé ces quelques notions simples, parlons du développement du cerveau.
   
    Premier point : si le cerveau d'un enfant évolue surtout entre la naissance et les premières années, il continue cependant à se former jusqu'à environ 25 ans.
Le cerveau n'est donc adulte, selon les personnes qu'entre 20 et 25 ans;

    Deuxième constatation : certes la majorité des neurones est présente à la naissance, mais l'enfant continue à voir augmenter le nombre de neurones et surtout des prolongements encore sans myéline puisqu'on constate un pic de matière grise entre 7 et 11 ans. Les filles atteignent ce sommet un à deux ans avant les garçons.   
    A 6 ans le volume du cerveau est environ 95% de celui de l'adulte. Il va finir de grossir à l'adolescence.
    Après ce pic, la matière grise diminue et le pourcentage de matière blanche augmente considérablement : d'une part parce que le nombre de neurones et de connexions diminue, et d'autre part parce que les prolo,ngements se recouvrent de myéline.
    En fait le cerveau a un nombre de connexions excédentaire, qui ont poussées un peu dans toutes les directions, et peu à peu, les connexions qui ne sont pas utilisées vont disparaître.
    Les connexions les plus utilisées se renforceront, les autres disparaîtront, façonnat ainsi des réseaux de neurones spécifiques à chaque individu.
    C'est pour cela que l'apprentissage, l'éducation et l'instruction doit se faire dès l'enfance, car plus le cerveau gardera des connexions utiles et plus il sera performant.
    L'adolescent perd donc des connexions, et l'activité de ses synapses diminue, mais par contre la transmission de celle existantes va être plus rapide grâce aux gaînes de myéline.
    En grandissant l'adolescent spécialise donc ses neurones, perd en quantité d'information transmise mais gagne un facteur 10 en rapidité; c'est un peu comme s'il passait d'internet bas débit à l'adsl.

    Troisième constatation, une des zones de matière blanche qui se développe beaucoup et se myélinise est le “corps calleux”, gros faisceau de plus de 200 millions d'axones, qui relie les hémisphères droit et gauche du cerveau et assure leur communication (et leur collaboration).

    Quatrième constatation générale, à la puberté, sous la direction de l'hypophyse, les gonades et les ovaires vont sécréter des hormones sexuelles, qui vont engendrer des transformaions du corps de l'adolescent, surtout chez les filles.
    Mais elles vont aussi se fixer sur des récepteurs dans le cerveau, modifiant les concentrations de neuromédiateurs et donc la transmission cérébrale.
Ce phénomène est important en particulier pour la sérotonine qui a une grande influence sur l'humeur.


    Vous voyez déjà de profondes évolutions au plan général. Mais on constate de non moins importantes au niveau de certaines parties du cerveau

    Dans mon prochain article, j'examinerai quelles sont les zones particulières du cerveau qui se développent tardivement et les conséquences pour le jeune dans la vie courante.

Par globz38 le Dimanche 21 septembre 2008 à 17:12
Je vous en prie :) ! Je ne manquerai pas de vous signaler d'autres articles si j'en vois en furetant sur le web ou dans mes magazines ;) ! Avez vous bien reçu mon mail daté du 2 septembre ? Si oui, et que vous y avez répondu, je n'ai rien reçu :(.

Dans tous les cas, bonne continuation et bon courage !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/2681362

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast