Mercredi 23 avril 2008 à 8:46

Vue, ouïe, toucher...

    Nous avons vu hier comment le cerveau traitait les sons.
    Je ferai aujourd'hui un court article reliant les précédent à la musique et à la parole.
    Je voudrais d'abord souligner que l'on trouve beaucoup d'études de livres et d'articles sur le langage, mais très peu sur la perception de la musique.

    Rappelons d'abord la zone de perception des sons en fonction de leur fréquence, pour une oreille humaine, qui est de 20 à 16 000 hz environ..
    Le schéma ci dessous donne la zone de perception de l'oreille humaine en fonction de l'intensité du son en décibels et de la fréquence en herz.
          Il y a d'une part un seuil d'audibilité et d'autre part une limite supérieure en intensité au delà de laquelle il y a douleur et les cils de la colchée sont endommagés
          La zone en vert foncé montre que la parole n'utilise qu'un quart environ de ces fréquences. La musique couvre une zone beaucoup plus importante (en bleu).
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        Traitement de la parole

    Sur le schéma dessus on voit les zones du cerveau de l'hémisphère gauche qui contribuent à l'interprétation des sons et à l'utilisation du langage. (voir les articles déjà écrits sur le langage dans ce blog).
    On y voit l'aire du cortex auditif primaire qui fait l'interprétation physique, (en violet), puis l'aire secondaire (en rose foncé), qui nous donne une “représentation des sons” avec des fonctions différentes des deux hémisphères cérébraux.
    On voit que l'aire de Wernicke qui interprète les sons relatifs à la parole, se trouve immédiatement en dessous (en ocre). Elle est évidemment reliée également aux aires visuelles car elle participe aussi à la compréhension du langage écrit.
    La petite zone orangé est impliquée dans la phonologie et l'articulation des sons et elle est en relation avec les aires de Wernicke et de Broca (production de la parole). Le cortex moteur commande les muscles qui nous permettent de parler.
    Enfin la zone en vert est aussi appelée centre de Geschwind et c'est le siège d'une partie de la mémoire sémantiue des mots.
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/cartographiecerveau.jpg
    Dans l'hémisphère droit on retrouve des zones analogues, mais plus petites qui concernent l'interprétation des mélodies et du contexte émotionnel du langage.
    Des étudesont montré que chez l'enfant qui ne sait pas encore parler, , c'est d'abord l'hémisphère gauche qui apprend à reconnaitre les rythmes dans la phrase (vitesse, accentuation) et qui reconnait (sans comprendre), la langue maternelle et la voix de sa mère par rapport à d'autres langues (il y fait plus attention).
    Puis après six mois, l'enfant apprend peu à peu à reconnaître la “prosodie”, c'est à dier la mélodie du langage et son intonation émotionnelle (il ne comprend pas “oui” ou “non” mais le ton d'acquiècement (même si on dit non) et le ton de refus (même si on dit oui). C'est le rôle surtout de l'hémisphère droit.
    Puis l'hémisphère gauche et les centres de Wernické et de Broca reprennent la direction des opérations d'apprentissage des mots et du langage..
   
    Venons en à la musique
    La figure ci après montre en activité le cerveau d'un musicien, (en haut) et d'un non musicien (en bas) écoutant le même morceau.

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    On voit que dans l'hémisphère gauche une aire beaucoup plus importante est activée chez le musicien; les neurobiologiste l'appellent l'aire de “l'oreille absolue”, c'est la partie qui identifie une à une les notes, (leur b”hauteur”) et de différencier au milieu d'autres sons musicaux, de savoir si par rapport à une référence cette note est la bonne (c'est ce qui permet au musicien de jouer “juste” et au chef d'orchestre de suivre ce que joue un musicien particulier.
    Cette aire s'est développée peu à peu au cours de l'apprentissage du musicien (de même que dans l'aire de Broca et dans le cortex moteur primaire, des aires qui permettent de jouer d'un instrument.)
    Dans l'hémisphère droit le volume des centres en action est également plus grand chez le musicien, mais la différence est moindre. Ce sont les centres qui reconnaissent et suivent la mélodie.
    Une mélodie (notes successives) met surtout en jeu l'hémisphère droit, alors qu'une suite d'accords (notes simultanées implique plutôt l'hémisphère gauche.
    Il est à peu près certain qu'une place plus grande dans l'aire de Geswind d'un musicien (ou dans des zones autres) est réservée à la mémoire des morceaux de musique, de même que celui qui lit énormément à une place plus grande consacrée à la mémoire de ses lectures.
    Mais je n'ai pas trouvé d'étude importante, simple et claire sur ces sujets.
    Il existe des études sur le mécanisme de reconnaissance au son des instruments de musique, mis leurs résultats sont très complexes.

    Vous avez maintenant un aperçu assez complet de la façons dont nous percevons les sons et nous les interprétons;

    Je voudrais appeler votre attention sur le fait suivant :
    La musique, les sons la parole, ne sont que des vibrations dans l'air.
    La parole, un mot ce n'est qu'une suite de sons de diverses fréquences avec un certain rythme, des variations d'intensité.
    De même une mélodie, cela n'existe pas : ce sont des instruments qui envoient ensemble, un horrible mélange de vibrations sonores dans l'air.
    Et pourtant nous écoutons avec délices un orchestre, un morceau de musique et nous avons parfois les larmes aux yeux en écoutant les mélodies que nous aimons.
    Ceux qui sont musiciens parmi nous lorsqu'ils jouent un air ont la mélodie qui chante dans leur tête. J'ai souvent vu un chef d'orchestre chanter tout doucement certaines parties du morceau qu'il dirigeait.
    C'est notre cerveau qui crée, qui invente une “représentation” des sons et de la musique et cette “sensation qu'il a créée devient notre réalité, et nous finissons par croire que c'est le monde réel.

    Un jour, je vous montrerai que c'est la même chose pour les couleurs et la vue. Les couleurs ne sont que des photons animés d'une certaine énergie, et ce qui nous environne des amas de moolécules et d'atomes.
    Mais notre cerveau en fait des “images” et ces images deviennent pour nous le monde qui nous entourent.


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