Vendredi 27 mars 2020 à 9:53

Actualité

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         La crise du coronavirus nous amène à réfléchir sur l’évolution de notre société et ses carences. 

Dans ma ville, les queues s’allongent devant les magasins, et me rappellent la guerre de 40 lorsque j’étais enfant. Mais ce n’est pas parce que les magasins manquent de nourriture, mais parce qu’il faut se protéger du voisin et rester à au moins un mètre de distance. Alors on ne rentre dans les magasins que par paquets de dix, quand dix autres personnes en sont sorties.
Ce n’est qu’une image banale, mais elle est le reflet d’une situation soudaine qui nous fait réfléchir sur nous mêmes mais aussi sur l’évolution de notre société, du rôle des entreprises et de l’Etat.

 

Nous sommes tous bloqués chez nous : en soi ce n’est pas si grave que cela. On a de quoi manger, on peut ouvrir la fenêtre quand il fait beau, on peut lire, écouter des CD ou voir des DVD,  regarder la télé ou aller sur internet, et on ne risque pas, comme pendant la guerre, qu’une bombe vienne exploser sur la maison. 

Certes on est isolé, mais on peut communiquer avec sa famille : il y a le téléphone, skype, les réseaux sociaux, la messagerie sur internet.

En fait ceux qui souffrent de la situation actuelle, et risquent leur santé, ce sont ceux qui sont obligés de continuer à travailler dans leur entreprise ou commerce, et surtout ceux qui soignent ceux qui sont malades, dans le cabinets médicaux, les hôpitaux, les EPADS, ou les infirmières libérales, et sont donc en contact avec eux.

Pourtant beaucoup de gens ont peur et certains se promènent dans la rue avec un masque plus une écharpe par dessus, ce qui ne sert strictement à rien, (sauf s’ils sont malades et alors ils devraient rester chez eux) car le masque ne sert qu’arrêter les postillons et gouttes expulsées par la toux ou un éternuement et nous ne risquons rien à un mètre les uns des autres (et encore moins si, dans une queue ils nous tournent le dos).

Du jour au lendemain le monde est devenu inquiétant, vidé d’humanité, et les gestes réconfortants - manger ensemble, s’embrasser, se serrer la main, discuter - sont maintenant interdits, par précaution tout à fait nécessaire, mais qui bouleverse nos attitudes et nos émotions.

La peur nous guette, car dans notre société et surtout en France, la santé était considérée comme une chose acquise, d’une part par notre système de protection sociale et d’autre part parce que nos médecins étaient compétents et notre personnel soignant dévoué et efficace. Certes on savait que nos politiques négligeaient les hôpitaux publics, mais les conséquences, on ne les voyait pas. Cent mille lits d’hôpitaux ont été supprimés ces vingt dernières années  et les soins à domicile ne sauraient compenser des lits en unités de soins intensifs, et depuis un an, médecins et infirmières manifestent pour dénoncer les coupes budgétaires qui détruisent peu à peu nos hôpitaux.

Les crédits de recherche - médicale et autre - ont été réduits au minimum, et les stocks de sécurité ont diminué, comme les masques, les médicaments, les vaccins.
Mais il n’y avait pas de crise, alors on ne s’en souciait pas tellement !

 

Certes on sait que la mondialisation existe, mais on en connaissait que les méfaits économiques et les exils de ceux qui étaient confrontés à des situations dramatiques.

        L’Etat était censé garantir notre sécurité, mais il y a eu le terrorisme et les guerres du Moyen Orient, qui sont venu entamer cette certitude.

Certes il y a le chômage qui est au dessus de nous comme une épée de Damoclès, les faillites, les délocalisations, le manque d’emploi, surtout pour les moins qualifiés. Mais on voyait une lueur d’espoir, l’emploi allait un peu mieux.

En janvier on  a entendu parler de ce nouveau virus en Chine, mais la Chine c’est loin. Des cas au Japon, en Corée. Puis une alerte en France mais très bien maîtrisée.

Puis tout à coup l’Italie contaminée, la réunion des évangélistes à Mulhouse, des aviateurs d’une base militaire revenant de Chine et c’est brutalement l’explosion de la maladie en France. On s’aperçoit que la mondialisation, c’est aussi celle du virus, et que les frontières n’existent pas pour lui.

Et l’on découvre tout d’un coup , que l’on ne fabrique plus en grande quantité les masques et les respirateurs en France, qu’on manque de lits de réanimation et que les médicament sont fabriqués à l’étranger, notamment en Chine.

On prend tout à coup conscience que les personnels soignants ne peuvent être efficaces, malgré leur savoir et leur dévouement, que s’ils disposent du matériel nécessaire.

 

La crise actuelle est certes gérée au mieux par les pouvoir publics des pays, mais avec un mélange de gravité et d’hystérie, qui cache en réalité une énorme impréparation, et une évolution du rôle de l’Etat, qui lui a fait négliger la santé au profit de la politique et de l’économie. Et là, tout à coup, on s’aperçoit que, sans la santé, il n’y a plus ni économie, ni politique.

Quand j’étais jeune ingénieur, c’étaient mes anciens, ingénieurs eux aussi, qui dirigeaient les entreprises et ils avaient le souci de ceux qui travaillaient: certes l’entreprise ne devait pas faire de perte, et devait rémunérer ceux qui lui donnaient des fonds, mais son rôle était aussi de procurer du travail pour que les gens puissent survenir à la vie de leur famille. Certains de mes camarades, dans le Ministère de l’Industrie, avaient la tâche de « l’organisation du territoire », c’est à dire de faire en sorte qu’il y ait des entreprises qui distribuent du travail et qui par ailleurs, produisent en France, les produits et denrées stratégiques, nécessaires à la poursuite de notre activité, même si un de nos partenaires étrangers faisait faux bond.

Maintenant tout cela n’existe plus, les sociétés sont dirigées par des financiers, l’Etat devient libéral et mondialiste et ne pense que finances et à réduire ses dépenses, ainsi que le coût du travail. L’entreprise doit « produire des richesses » et faire le maximum de profit et ne se sent plus responsable de fournir des emplois. Donc les salaires doivent être au plus bas et on délocalise là où ils le sont. Les états sont aux mains des investisseurs financiers, donc préoccupés par leurs dettes et accaparés par la sécurité et les relations internationales gangrénées par les guerres entre religions et ethnies, qui se disputent le pouvoir politique.

La politique et le goût du pouvoir rendent aveugle. Plutôt que prendre tout de suite les mesures pour endiguer la dissémination du virus, on a attendu car on voulait maintenir les élections municipales. On a attendu de se rendre compte de la pénurie des moyens de soins pour essayer d’y faire face et de passer les commandes nécessaires. Certes les mesures prises sont bonnes, mais très tardives. On aurait notamment pu se rendre compte, début janvier, par exemple, du faible niveau des stocks de masques.

Finalement la crise sanitaire était aussi impréparée et mal réfléchie de la réforme des retraites absurde et l’économie est à l’arrêt.

Mais seul l’Etat a pu gérer cette crise. Les GAFA sont impuissants vis à vis d’un virus et Amazon ne peut qu’expédier des colis. Peut être que Google devrait se demander si des recherches médicales ne sont pas plus utiles qu’une voiture robot sans chauffeur.

Cette épidémie va causer des dommages économiques importants, des faillites et du chômage en résulteront, une croissance négative, et cela affectera le monde entier, les économies asiatiques ayant des chances d’en sortir les plus fortes. 

Les banques, les entreprises et les sociétés financières vont devoir en supporter les charges, aux côtés de l’Etat, une fois cette crise terminée. Elles devront porter le fardeau de la reconstruction économique, même si cet effort collectif ne génére que peu de profits.

L’Etat devra tirer les leçons de la crise. Il devra se demander si notre société n’est pas trop occupée à réaliser des bénéfices, et à exploiter la terre et la main d’œuvre, sans se soucier des conséquences. La crise a montré que l’économie n’existe pas si la sécurité et la santé des personnes n’est pas assurée. 

La mondialisation et le capitalisme tel que nous l’avons connu doivent changer car ils profitent de la garantie de sécurité, santé et éducation qui est fournie par les Etats, et si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne pourront pas nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié.

Le retour en France de certaines fabrications stratégiques  devra en particulier être envisagé, malgré son coût plus élevé qu’une fabrication dans les pays à bas coûts.

Et quand je vois l’envoi de masque par la Chine à l’Italie récupéré par la République Tchèque - puis rendus heureusement - je me pose des questions sur l’avenir de l’Europe et je continue de penser qu’on aurait dû rester dans une Europe limitée de 17 membres, sans un certain nombre de pays, qui égoïstement ne pensent qu’à eux mêmes.


Par autresrimes le Vendredi 27 mars 2020 à 16:58
un coucou par ici Jean-pierre
en ce temps de confinement,trouver diverses occupations. le soleil est au rendez vous donc çà fait du bien . en espérant que tu vas bien, de mon côté çà va . A+ du troubadour Emmanuel
Par jazz le Samedi 28 mars 2020 à 11:33
un"jazz" musical bonjour Jean-pierre
A+ du troubadour Emmanuel
Par coldtroll le Mardi 7 avril 2020 à 21:44
On aurait surtout du commencer par construire une europe socialeaavant de vouloir une Europe économique.
Mais je n'ai guère d'espoir. Depuis quand l'homme apprend-il de ses erreurs ?
 

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