Mardi 4 décembre 2007 à 18:41

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

un beau papillon :



J'ai reçu le commentaire suivant à propos de mon article sur le cerveau qui “voit et entend”, "lit et écrit" :

Commentaire de geabsland :
J'ai remarqué que certaines personnes mémorisesnt mieux les sons que les images et d'autres l'inverse.
De plus lorsque l'on pense à une chose, certaines personne visualisent le mot ou l'objet et d'autres entendent le mot.
il y a donc plusieurs schémas d'enregistrement et de traitement de l'information dans le cerveau, le 1er sur le son, le 2eme sur l'image, le 3eme l'odeur, le 4eme le toucher ect.... d'apres toi d'ou viens cette différence dans l'utilisation de notre cerveau ? Cela a t'il un rapport avec la taille de ces zones ? ou chacun décide inconsciemment d'utiliser telle ou telle zone et donc au cours du temp de fonctionner soit avec une mémoire visuelle, soit une mémoire auditive, etc.. ?

    Ta constatation est exacte, nous avons des sensibilités différentes les uns des autres, en ce qui concerne le fonctionnement de nos sens. (et d'ailleurs de tout notre cerveau).
    Mais ensuite les raisons sont plus compliquées que ce que tu me dis.
    J'avais pensé au début te répondre personnellement, mais cette réponse peut intéresser d'autres lecteurs alors je fais un article à ce sujet et je t'avise de sa mise dans mon blog.

    Il y a d'abord la formation du cerveau qui est commandée par ce que l'on appelle des “facteurs de croissance”, molécules chimiques qui stimulent des gènes qui vont présider à la différenciation des cellules nerveuses, puis à la croissance de leurs ramifications : dendrites et axones.
    Les diverses sortes de neurones apparaissent d'abord, puis leurs prolongements se développent, guidés par des indicateurs chimiques qui tracent leur chemin, pour que les jonctions nécessaires se fassent entre les divers centres du cerveau.
    Au départ, les gênes ayant une origine héréditaire, notre patrimoine génétique légué par nos ancêtres intervient. mais ces marqueurs chimiques ont aussi une action indépendante des gênes et une différenciation individuelle se produit ainsi. De plus ces marqueurs ne conduisent la croissance de ces terminaisons qu'à proximité de l'endroit cible, mais la fin de la croissance et la connexion à d'autres neurones se termine aléatoirement.
    Tout cela fait que même deux jumeaux issus du même ovule (génétiquement unique), n'ont pas des cerveaux identiques.
    La formation du cerveau aboutit donc à des préférences cérébrales qui vont régir en partie notre personnalité et des centres plus ou moins développés, ce qui nous confère des aptitudes différentes à la naissance.
    Mais ces différences sont moindres que celles que vont apporter l'apprentissage du bébé et de l'enfant et toute l'éducation qui lui sera donnée, puis ensuite son “expérience de la vie” personnelle.
    En ce qui concerne la perception qu'évoque Geabsland, c'est surtout l'apprentissage de l'enfant qui intervient.

    En effet le nombre de connexions entre neurones est à l'origine très supérieur au besoin et les connexions qui ne servent pas vont disparaître surtout pendant l'enfance. Il en résulte une modification importante des centres , notamment ceux qui concernent la perception (nos 5 sens) en fonction de l'apprentissage de l'enfant.
    Pour donner un exemple, on constate que si, par suite d'un strabisme que l'on ne corrige pas très jeune par exemple de l'oeil droit, celui ci devient “paresseux” et les centres du cerveau gauche qui devraient s'occuper de l'interprétation des images de l'oeil droit, s'atrophient ou se mettent à travailler aussi pour l'oeil gauche, de telle sorte que l'enfant, peu à peu ne “voit plus” de l'oeil droit. (en fait c'est son cerveau qui ne travaille plus pour lui).
    C'est un exemple extrème, mais il est certain que plus on fait travailler un de nos sens, plus le nombre de connexions du centre d'interprétation correspondant sont nombreuses.
    Cette différenciation se poursuit lors de l'instruction de l'adolescent.
    On constate par exemple qu'un musicien a un centre auditif plus développé (notamment en ce qui concerne la différenciation des sons en fréquence - les “notes”) et que les centres moteurs s'occupant de la commande des doigts sont plus développés chez un pianiste.
    Ceci touche aussi la mémoire :
    Un peintre ou un photographe a en général des aires qui gèrent la mémoire des couleurs beaucoup plus développées, mais aussi les centres d'interprétation de la vison colorée plus sensibles aux nuances.
    C'est l'utilisation plus ou moins grande de ces centres du cerveau qui peu à peu modifie leur développement.
    Il y a des phases très importantes dans le développement de l'enfant : apprentissage des gestes de préhension et de la vison qui les guide entre 5 et 9 mois, apprentissage de l'équilibre lorsque le bébé apprend à marcher, apprentissage de l'ouie et des centres de la parole lorsqu'il apprend à parler, de la vue et de ces mêmes centres lorsqu'il apprend à lire et à écrire, les centres moteur de la main étant aussi concernés par cette dernière action.

    Pour répondre de façon plus précise à ta question, ce n'est pas tellement la taille des zones qui intervient (le nombre de neurones) qui reste à peu près le même, mais le nombre de connexions entre eux, (il est colossal de l'ordre de dix puissance seize !), et aussi un phénomène plus complexe, leur capacité à produire au niveau des synapses plus ou moins de neuro-transmetteurs, qui conditionnet le passage de l'influx nerveux.
    De plus certaines connexions existantes sont peu actives ou “en réserve” et d'autres sont “favorisées” par l'utilisation, c'est à dire qu'il faut un imulsion moindre pour qu'elles transmettent l'influx nerveau. Notre mémoire notamment est basée sur cette propriété.

    Nos aptitudes sont donc en partie génétiques, en partie dues à notre apprentissage d'enfant, qui dépend plus de nos éducateurs (parents, éducateurs, professeurs) que de nous mêmes, puis une partie volontariste qui dépend de nos activités cérébrales.

    En ce qui concerne l'interprétation de nos sensations, je ferai d'autres articles sur les centres qui interprètent chacune d'entre elles.


Par elfeperigourdine le Mardi 4 décembre 2007 à 19:19
Superbe la photo, vraiment!
Pour ce qui est de l'article je t'avouerais ne pas l'avoir lu dans son intégralité parce que la littéraire que je suis béni le ciel chaque jour de ne plus avoir de physique ni d'svt ou tout ce qui s'en approche et ne s'interrèsse donc pas spécialement a tout ce qui y ressemble.
Alors faute de lire (pour cet article du moins) je regarde et j'admire, c'est déjà bien non?
Par geabsland le Jeudi 6 décembre 2007 à 15:27
merci pour ta reponse tres instructive.

a+
 

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