Dimanche 26 septembre 2010 à 9:12

Enseignement, école, fac

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    J’ai lu sur “Le Monde”, un article qui m’a fait bouillir. Encore à propos de notre ministre de l’Education Nationale. Mais je trouve aussi que les médias croient tout et réfléchissent peu, pourvu que cela fasse vendre le journal, mais en cela ils donnent l’impression aux lecteurs de les prendre pour des imbéciles.
    Il s’agissait d’un classement des lycées vis à vis de la réussite au bac, publié par l’Education Nationale, un peu comme un tableau d’honneur.

    Le seul chiffre qui me paraît objectif, pour moi, parent d’élèves, c’est la pourcentage d’élèves reçus. Après les autres interprétations c’est de la cuisine.
    Car finalement si celui auquel je souhaite donner la meilleure instruction possible est admis dans le lycée qui a un pourcentage très élevé, il aura plus de chances sans doute de réussir (bien sûr à condition de travailler et les lycées où la réussite est meilleure sont sans doute plus exigeants; il n’y a pas de miracle!)
    Certes ce n’est pas représentatif du mérite des profs, mais comment un simple chiffre pourrrait il permettre un tel jugement qui par ailleurs est individuel et dépend de beaucoup de facteurs.
    Pourquoi ce classement, cette manie de la comparaison, de vouloir opposer les gens entre eux. !

    C’est vrai que le pourcentage de reçus dépend du niveau des élèves plus que du mérite des profs. Alors l’Education Nationale a concocté avec ses ordinateurs un classement qui utilise un algorithme calculant le “niveau moyen des élèves des classes”  et le classement en question est fonction des résultats et de ce niveau calculé (je serais d’ailleurs curieux de savoir en fonction de quoi et comment on le calcule !).
    On arrive alors à des résultats curieux : le lycée Henri IV, qui a presque 100 % de réussite au bac, et l’un des meilleurs pourcentage, est classé 124ème. Mais c’est vrai que HIV ayant des demandes très supérieures aux possibilités d’accueil fait un certain tri, et sauf grande proximité géographique, a tendance à prendre les dossiers les meilleurs.

    Pourquoi vouloir  faire un classement des lycées en fonction des deux chiffres, sans aucun critère valable de choix , sans dire le but de ce classement et sans moyen de chiffrer objectivement le niveau des élèves.?
    Cela me paraît ressembler à une liste que l’on ferait des hôpitaux, pour nous inciter à aller dans les meilleurs et que le classement soit fait en raison inverse du nombre total de morts dans l’année. (cela a été fait aussi et cela n'a évidemment aucun rapport avec la qualité des soins, mais c'est surtout fonction des malades et de la gravité de leur mal !!)
    Je ne comprends pas que les journalistes acceptent sans rechinier et sans la critiquer, une telle information qui est un attrappe-nigauds..

    Mais la question est bien plus profonde et importante qu’un simple classement, car ce procédé idiot de jugement de valeurs, met en cause les méthodes d’enseignement, mais montre aussi l’hypocrisie de nos dirigeants et leur volonté de manipulation de l’opinion.
    Quand j’étais jeune, c’est vrai que l’enseignement était trop sélectif et donc inégalitaire. Si l’école communale était la même pour tous, l’entrée en sixième au “lycée” était subordonnée à un examen dificile avec des problèmes d’arithmétique et surtout une dictée pour laquelle 5 fautes étaient éliminatoires, les accents comptant pour 1/2 faute et la ponctuation pour 1/4. Nouvel examen en 3ème avec le brevet, éliminatoire pour l’entrée en seconde, et en première un bac éliminatoire, comportant toutes les matières, avant le deuxième bac en terminale.
    Seuls 20% des élèves arrivaient en fin de parcours dans le supérieur “général”, mais les autres étaient orientés vers un bac technique et des filières qui ressemblaient aux BTS actuels, ou bien vers un apprentissage et un métier d’ouvrier professionnel, mais qui leur permettait de gagner correctement leur vie, alors qu’actuellement cette filière n’intéresse plus les jeunes et les entreprises et artisans manquent d’ouvriers professionnels qualifiés;
    Il y avait donc effectivement une sélection par les résultats et donc le niveau moyen était plus élevé. Mais les professeurs s’ingéniaient alors à soutenir les moins bons comme les meilleurs, en faisant au besoin, quelques cours supplémentaires aux uns et aux autres.
    C’était inégalitaire car tous n’avaient pas droit au même enseignement et l’orientation était sévère, mais par contre c’était moins inégalitaire vis à vis de l’argent qu’aujourd’hui. Beaucoup de mes camarades appartenaient à des familles modestes et bénéficiaient d’une bourse et c’étaient en général des élèves très travailleurs qui voulaient réussir.
    L’impression que j’ai aujourd’hui est que, certes l’enseignement général est dispensé à tous, ce qui est mieux, mais le niveau moyen est plus bas et dès lors si les bons élèves veulent avoir un très bon niveau, il faut qu’ils soient "poussés" et cela n’est possible le plus souvent  que si les parents sont aisés, et en plus cela favorise l'enseignement privé au détriment du public.
    Il y avait beaucoup plus d’enfants de familles modestes reçus à l’Ecole Polytechnique ou à Normale Sup dans les années 50 que maintenant.

    Le problème finalement est le suivant : l’enseignement général pour tous, c’est mieux, mais comment garantir un bon niveau aux meilleurs élèves. ?
Malheureusement je n’ai pas l’impression que cela préoccupe ni le gouvenement, ni l’Education Nationale (en tant que ministère, je n’ai pas dit les profs, dont certains sont très concernés par ce problème).
    J’en ai justement discuté avec certains d’entre eux, non seulement au lycée mais en fac ou avec des profs de l’enseignement supérieur ou des écoles d’ingénieurs.
    Pour la plupart d’entre eux, ils ne voient qu’une solution : faire des classes de niveaux différents en fonction du niveau des élèves en effectuant un tri. L’enseignement sera plus poussé plus rapide chez les meilleurs, mais s’il n’est pas aussi élevé dans les classes de niveau moindre, les méthodes et le rythme, la répétition, les exercices pourront être différents pour que les élèves suivent et acquièrent cependant un niveau convenable.
    Actuellement le mélange fait que les meilleurs élèves s’ennuient et prennent l’habitude de ne rien faire (et d’avoir beaucoup d’autres occupations que le travail de classe) et les moins bons élèves sont cependant largués et se dégoûtent peu à peu de l’école.
    Bien entendu il ne faudrait pas juger les professurs selon les résultats au bac mais selon leur façon d’enseigner tout au long de l’année, quelque soit le niveau de ceux auxquels ils enseignent.
    Certains lycées pretiquent sans trop le dire cette méthode (j’en connais quelques uns et ils ont d’excellents résultats, même dans les moins bonnes classes), mais ils ne sont pas bien considérés par le gouvernement qui veut faire preuve d’une hypocrisie égalitaire..
    Et ces lycées que je connais ne trient pas selon la situation et la fortune des parents, mais selon le dossier des élèves (et éventuellement des tests de niveau), et dans leurs internats il y a de nombreux boursiers, dont certains sont parmi les meilleurs élèves. Mais évidemment l’exigence de travail est beaucoup plus grande et cela rebute certains !
    Et puis après tout, peut être que nos dirigeants n’étaient pas de bons élèves lol

Par alyane le Dimanche 26 septembre 2010 à 11:09
D'autres journaux établissent une liste des meilleurs lycées, mais tiennent en compte dans leur méthodologie, la capacité à faire progresser l'élève entre la seconde et la terminale. Des surprises s'affichent, quelquefois les meilleurs lycées pour le résultat au bac, mais sélectifs lors de l'entrée sont relégués ou descendent dans le classement, car la progression ne suit pas les résultats affichés.
Par Edgar.Friendly le Dimanche 26 septembre 2010 à 11:17
C'est du n'importe quoi, ce genre de comparaison. D'abord parce que l'enseignement général pour tous, c'est de la connerie. On a besoin des filières professionnelles et techniques, parce qu'elles sont plus "professionnalisantes" et qu'on peut pas régler tous les problèmes ou faire tourner une société juste avec son cerveau, il faut et il doit persister un grand nombre de manuels et de travailleurs plus physiques ou techniques (cela dit, j'émets pas de jugement péjoratif, quelqu'un qui a un savoir et un savoir-faire technique vaut autant pour moi que quelqu'un qui a des connaissances académiques ou culturelles).

Ensuite, le comparatif semble prendre un très petit nombre de critères en compte, de manière mécanique et automatisée (et donc en faisant abstraction de la réalité du terrain).

Un exemple parlant : 4 lycées généraux sur le Dunkerquois (du Noordover, Jean Bart, de l'Europe, Angellier). Angellier est le "meilleur", mais très exigeant et peu aimé de ceux qui le connaissent ou y ont étudié (le règlement est vachement strict, paraît-il). Puis vient le lycée du Noordover, celui de Jean Bart, et enfin de l'Europe.

Le lycée du Noordover est dans une ZEP, classé en zone sensible (c'est même le seul des quatre). J'le sais : c'était le mien. Alors, d'après l'Etat, il aurait moins d'honneur dans la réussite, parce qu'il est "juste bon" ? Je trouve que vu la population qu'on y trouve (pour bonne part venant des quartiers sensibles ou "d'origine étrangère"), il n'en a que plus de mérite.

Conclusion, on peut pas faire une bonne étude si on connaît pas la réalité des faits et du terrain.
Par kaa le Dimanche 26 septembre 2010 à 21:10
Ce qu'on oublie de dire, c'est la sélection faire les années précédentes par certains lycées pour obtenir le plus fort pourcentage de réussite.
Et dans ce domaine, le privé est champion puisqu'il "accompagne sagement vers la sortie" celles et ceux qui risquent de faire baisser le taux de réussite les années qui précèdent l'examen. C'est ainsi qu'il atteint régulièrement des 100%.
Par Le-Gabier le Mercredi 29 septembre 2010 à 20:33
"Pourquoi ce classement, cette manie de la comparaison, de vouloir opposer les gens entre eux. !"

Bah c'est simple, si on oppose les gens entre eux, c'est autant d'énergie qu'ils n'utiliseront pas pour s'opposer ensembles à d'autres choses. Où l'on rejoint le fameux diction : "diviser pour mieux régner".

:D
Par shani le Samedi 27 novembre 2010 à 21:11
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