Lundi 22 juin 2009 à 8:09

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Je n’ai pas encore parlé des sujets de philo de L.
    J’avoue que le premier
    “L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ? “
ne m’inspire pas du tout
    Cela me paraît tellement évident que si l’on ne veut pas verser dans le roman historique (qui peut être fort intéressant d’ailleurs et apporter des connaissances historiques s’il est bien fait), et écrire donc autant que faire se peut la “vérité historique”, il faut ne pas être influencé, et donc le plus objectif possible
    Mais cela me paraît non moins évident que l’historien est un homme, et que si rigoureux et bien intentionné qu’il soit, il ne peut totalement s’abstraire de lui même et de ses pensées, de ses opinions, de son passé, de son éducation et de son environnement..
    Alors si ce n’est développer tous ces éléments, je ne sais pas bien comment j’aurais pu aussi défendre un “non “ timide à cette assertion.

    Par contre l’autre sujet de L m’aurait passionné (car j’ai une particularité bizarre quand j’étais ado, celle d’avoir passé mon bac S en juillet et mon bac L en septembre !) :
    Le langage trahit-il la pensée ?

    Mais première constatation, trahir en français a deux significations très différentes
    - ce peut être divulguer, révéler, laisser voir, faire apparaître, comme dans “trahir une émotion”.
    - et puis c’est aussi être un traître, ne pas traduire fidèlement comme la célèbre maxime italienne qui dit que tout traducteur est un traître !!
    Cette dualité s’applique bien évidemment à notre sujet.

    Si je pense au premier sens de trahir, je pourrais formuler la phrase ainsi :
    “la pensée peut elle exister sans le langage ?


    La pensée dans le cerveau a deux supports : le langage et les perceptions, notamment les images, qui sont conservées par la mémoire épisodique, qui enregistre la succession des événements.
    Les études menées sur les bébés montrent que la pensée existe sans le langage mais qu’elle est très limitée; elle est composée d’images et de perceptions, et des apprentissages qui y sont liés (reconnaître, prendre un objet, marcher, se diriger...) enregistrés dans le cervelet, et d’émotions liées au cerveau limbique.
    Puis le langage se développe avec la parole et une première organisation dans la mémoire des mots utilisés, liée à la chronologie de l’apprentissage; puis le vocabulaire s’élargissant, notamment avec l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, la mémoire se réorganise au plan sémantique, en associant les mots par signification, par catégories d’utilisation (exemple les animaux, les outil, les véhicules...) et en créant des liens logiques entre les connaissances complémentaires de sujets donnés (vos grands parents, leur adresse, leurs dates de naissance, leur maison, sa configuration, leur vie ....)..
    Le langage sert non seulement pour s’exprimer, pour révéler aux autres ce que l’on pense, mais pour soi même exprimer sa propre pensée en interne, pour créer et organiser ses propres idées dans son cerveau.
    Et même lorsqu’un souvenir épisodique est composé essentiellement de perceptions et notamment d’images de notre passé, sa réminiscence interne, dans l’intimité de notre cerveau, est associée à des mots qui nous rappellent ou nous définissent les scènes, ou des paroles qui les ont accompagnées.
    En définitive, dès 6 ou 7 ans, la pensée n’existe plus sans le langage.
    Certes les perceptions, les émotions existent en elles mêmes de façon autonome, et nous les ressentons, nous en sommes conscients, cela fait parti de notre vécu. Mais si nous voulons les comprendre, les définir, les analyser pour nous mêmes, ou à fortiori les révéler aux autres, seul le langage nous permet de les définir et les décrire. C’est encore plus vrai de toute pensée rationnelle.
    Il faut donc le langage pour trahir (c’est à dire révéler), nos idées, notre pensée
    Mais le langage est il un outil parfait pour cette tâche ?


    Venons en à la seconde signification de trahir :
  “le langage permet il de refléter fidèlement notre pensée, de toujours l’exprimer clairement ou bien parfois la trahit il  ? “
    et je rajouterai alors
  “à qui la faute, au langage ou à nous mêmes ? “

    Il est clair que ce n’est pas parce quelqu’un verbalise beaucoup qu’il a beaucoup d’idées et que sa pensée est claire. Nous avons tous connu d’incorrigibles bavards, mais qui ne nous apportaient que peu en matière de pensées intéressantes.
    On l’a dit précédemment, le flux de la conscience peut exister sans le langage, sous la forme d’images et d’émotions    En fait je me sers, consciemment du langage vers autrui ou en interne, ou même inconsciemment, surtout quand je réfléchis et le flux de la conscience est alors composé d’idées, objets de la pensée, et on ne voit pas alors très bien comment une idée pourrait être pensée sans des mots, sans un langage. Les neurologues croient même mais ne peuvent démontrer, que la pensée inconsciente s’appuie sur les mots dès qu’elle est rationnelle.
    Cela étonnait beaucoup une de mes guenons lorsque je lui disais cela !

    Le problème maintenant que l’on sait que les mots sont nécessaires est de savoir s’ils sont suffisants.
    Je pense que nous avons tous connu des cas où nous ne savions pas comment exprimer nos sensations, nos émotions, et même nos idées de façon claire. C’est même le problème principal que je rencontre avec mes correspondant(e)s : se comprendre en évitant les malentendus, les erreurs (et je ne parle pas des réticences plus ou moins conscientes à révéler quelque chose, mais du cas où on veut le faire).
    Effectivement on peut longtemps discuter sur les réticences conscientes ou non et leurs raisons de ne pas dire et révéler nos pensées et notre vécu, ainsi que ses causes. Mais je m’en tiendrai au cas où nous voulons communiquer.
    Pourtant, même dans ces cas, les erreurs de compréhension sont multiples tous les jours de notre existence.
    Le langage c’est évident, peut trahir , c’est à dire déformer nos pensées, mais à qui la faute ?

    Le langage est lié à un vocabulaire, une grammaire et une syntaxe. Ce sont en quelque sorte des outils.
    Des études ont été faites sur des personnes n’ayant qu’un vocabulaire très limité, de l’ordre de 2000 à 4000 mots et  les conclusions de ces études étaient que l’expression des pensées pouvait être bonne, mais sur des sujets très limités et à condition de ne pas demander de détails, de précision. Le fait qu’elles ne disposent que d’un vocabulaire limité fait que dans certains cas, en quelque sorte, elles ne savent pas elles mêmes à quoi elles pensent.
    Vous qui allez avoir votre bac, prenez un dictionnaire et pointez sur quelques pages de chaque initiale, les mots que vous connaissez. Vous verrez que l’instruction que vous avez reçue, vos lectures vous font connaître la signification d’environ 20 à 30 000 mots. A la fin de votre vie, vous verrez que votre vocabulaire a à peu près doublé.
    C’est cette richesse et la faculté de s’en servir (syntaxe et grammaire) qui va faire la qualité de votre expression en nuances, en précision, en quantité d’informations transmises et donc conscientes de vous même.
    Cela ne suffit pas. Vous avez toutes et toutes lus des textes peu compréhensibles, que vous trouvez être du “charabia”. Un esprit “rempli de mots" n’est pas forcément clair et la "confusion mentale" est une cacophonie des mots dans un esprit qui n’y voit plus clair. Nous pouvons parler beaucoup pour ne rien dire de clair et de précis et dans ce cas, la parole peut ne pas être inspirée par une pensée, mais se développer dans une prolifération de sons plus ou moins cohérents.

    Mais supposons que nous soyons bien formés et que nous sachions nous exprimer clairement. Cependant il y a des personnes qui ne nous comprennent pas ou peu. Il y a des professeurs que nous comprenons mieux que d’autres.
    D’abord il est certain que même si les mots servent à traduire la pensée, avec l’aide de la grammaire et de la syntaxe, ils ne s’organisent pas tout seuls et les qualités de notre cerveau d’analyse et de synthèse sont également essentiels et résultent de nos dispositions naturelles, et surtout de notre formation et de notre entrainement à ces exercices. (d’où l’utilité de certains exercices d’expression écrite ou orale !).
     Dans les cours de communication on apprend que s’exprimer, c’est d’abord savoir ce que l’on veut dire, quel message on veut faire passer. Puis c’est de savoir à qui on veut s’adresser (la cible !) et d’adapter le message à chaque type d’interlocuteur. Dans mes discussions sur des sujets analogues, je ne m’exprime pas de la même façon si vous êtes au collège ou en fac, parce que votre âge et votre environnement sont différents, ou à une fille comme à un garçon.
    De plus la connaissance de l’autre permet de mieux adapter son expression, en essayant de s’imaginer comment l’autre va recevoir et interpréter le message.
    Mais il y a toujours des cas où, soit on ne sait pas comment exprimer ce que l’on ressent , soit on ne sait pas comment l’exprimer à l’autre : c’est surtout vrai de ce qui est émotionnel, sentiments flous, ou cas dans lesquels il est difficile de ressentir l'émotion de son interlocuteur, par exemple lorsque l’on est en face d’une personne qui vient de perdre un être cher.

    Finalement le langage peut trahir la pensée, mais en fait c’est nous même qui nous trahissons, car ce langage n’est qu’un outil, encore faut il savoir s’en servir et que celui auquel nous nous adressons soit apte à recueillir l’idée que nous voulons faire passer en interprétant notre pensée au travers de sa personnalité et de son vécu propre.
Par Dalya le Lundi 22 juin 2009 à 16:06
J'aime cette conclusion, même si je dois avouer que je n'ai pris le temps de ne lire que les passages en gras (comme je le fais souvent lorsque je n'ai pas le temps de rester sur la toile).
D'ailleurs je dois préciser que c'est très agréable d'avoir des tels petits résumés des articles.
Bisou, à bientôt. J'attend mes résultats pour te les transmettre. ;-)
Par Amaryllis le Lundi 22 juin 2009 à 16:41
Très intéressant.
Bonne analyse du sujet.
Dommage qu'il y ait quelques fautes d'orthographe.
Mais on ne peut pas être bon partout hein. ;)
Par ecrit.vain le Lundi 22 juin 2009 à 22:04
Bonsoir :)

Les maths, et bien, disons que j'ai fais tout ce que j'ai pu. Et maintenant je me sens bien mieux. Je suis allée passé le français ce matin, sereine comme tout. Mais je ne m'avance pas, jamais. J'espère que tu vas bien. La philo, ça va beaucoup me plaire je pense, j'ai hate de découvrir ça l'an prochain.

Des Bises .
Par maud96 le Lundi 22 juin 2009 à 23:21
Rien qu'à ton analyse de deux sens du mot "trahir", tu as, avec ton "corrigé", dû faire défaillir le coeur de beaucoup !
Merci de ton mot-météo : le parapluie est resté plié au fond de mon sac à dos mais on voit en effet les nuages sur les photos que j'ai mises sur mon blog.
Par Le.Chat.de.Cheshire le Mardi 23 juin 2009 à 8:29
Je ne mets pas mes dessins sur mon blog, donc ce ne sont pas les miens. Je suis en train de mettre le nom et le dessinateur sous chaque image, maintenant, pour plus que le lecteur s'abuse ^^' lol
Par Le.Chat.de.Cheshire le Mardi 23 juin 2009 à 8:40
Je suis tout à fait d'accord ! J'ai été totalement décu ne pas avoir pris ce sujet, bien que tu me rassures, j'étais dans cette optique. Seulement, les mots, les mots ! Sur le coup, je ne savais comment formuler tout ça, surotut que je n'avais pas ton vocabulaire ci-présent comme "cerveau limbique" etc lol. Bref, j'ai pris le désir pour mon bac car l'étude de texte me garantissait peut-être de ne pas partir dans un hors sujet. J'en ai jamais fait en philo, mais nous ne sommes jamais à l'abris d'une erreur, et puis le désir c'est mon dada lol. Dommage que tu n'es pas fait une étude dessus, mais d'un autre côté tu n'as peut etre pas le texte aussi ^^' Ceci dit, je m'en vais à mon anglais bidoux !
Par naftaline le Jeudi 9 juillet 2009 à 16:24
J'ai pris ce sujet, "le langage trahit il la pensée?"

J'ai eu 15, mais je n'ai fait que 2 parties :S

Très bonne analyse du sujet, j'aime tant la philosophie, mais je n'ai pu briller qu'à l'examen final :-/
 

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