Mercredi 5 novembre 2014 à 7:25

Enseignement, école, fac

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     Cela m’arrive souvent de discuter avec des élèves de lycées ou des étudiants de BTS/DUT, de fac ou de prépas diverses.
    Je constate qu’il y a toujours des élèves qui sont motivés, aiment apprendre et travaillent sérieusement. Ceux là réussissent dans leurs études. J’en connais bon nombre qui sont rentrés à Normale Sup, à l’X ou dans une école d’ingénieur, qui ont réussi un mastère en Fac ou qui, après un DUT ou BTS, ont poursuivi des études d’ingénieur.
    Mais je constate aussi que le niveau du primaire, des collèges et des lycées (et donc du bac) a nettement baissé depuis 20 ans, qu’il y a un nombre assez grand d’élèves en échec (plus de garçons que de filles d’ailleurs) et que ces échecs sont plus souvent dus à un manque de motivation et surtout de travail, qu’à des capacités insuffisantes.
    Jusqu’à la fin des années 80, si les élèves étaient moins studieux que leurs parents, le niveau moyen avait augmenté, car l’enseignement n’était plus réservé à une minorité, mais touchait la majorité de la population (alors qu’il y a 60 ans moins de 20 % de la population réussissait le deuxième bac).
    Le niveau d’illettrés (j’appelle illettré quelqu’un qui peut savoir lire, mais ne comprend pas ce qu’il lit) était tombé à une proportion de population de l’ordre de 2 à 3%. De plus on apprenait à lire et à calculer, au service militaire, aux garçons qui n’avaient pas la chance de savoir le faire. Et pourtant l'anaphabétisation a diminuée : les enfants aprennet à lire, mais ne l'tuilisent plus assez ensuite.
    On constate qu’aujourd’hui ce pourcentage est de l’ordre de 10%, que l’orthographe est méconnu même de jeunes qui ont réussi leur bac, (alors qu’autrefois, 5 fautes d’orthographe dans une dictée d’une page faisait refuser l’entrée en 6ème !!).
    Beaucoup de jeunes ont des connaissances diverses, mais ne savent pas les utiliser, et ont peu de culture générale (quand on pense qu’un ministre confondait le conte philosophique « Zadig » de Voltaire, avec la marque de vêtements « Zadig et Voltaire » !!!).
    Mais surtout les jeunes ont trop d’activités multiples, une vie trop remplie et qui va trop vite, souvent pour des occupations sans intérêt et sans utilité, et ils n’ont plus conscience que les études sont là pour former leur intelligence, les habituer à travailler et leur donner des méthodes de travail, et leur permettre ultérieurement de trouver du travail et d’exercer des métiers.

    Alors on cherche les causes : le nombre d’heures de lecture et de calcul a baissé dans le primaire, surtout les enfants - et les adultes ne lisent plus - : ils préfèrent s’amuser sur l’ordinateur ou papoter sur les réseaux sociaux ou au téléphone. La lecture était la base de la connaissance des idées, de la curiosité intellectuelle, du vocabulaire et de l’orthographe. L’absence de formation pédagogique des professeurs. Le mélange des niveaux des élèves en classe, alors qu’on n’a pas mis en place des méthodes pour aider ceux qui ont du mal à suivre et intéresser ceux qui suivent trop facilement.
    Je connais un grand nombre de jeunes, qui, étant intelligents, ont eu leur bac avec mention, sans rien faire ou presque, et, n’ayant pas appris à travailler, ont ensuite échoué totalement dans des classes de prépa, débordés par le travail à faire.
    Les programmes sont trop théoriques et pas assez près de la vie de tous les jours, la multiplication des options au détriment des matières fondamentales, le peu de travail à fournir à la maison, les exercices d’application trop peu nombreux.
    Par le passé beaucoup des enseignements n’étaient pas faits pour multiplier les connaissances mais pour former l’intelligence.
    Les mathématiques (et le latin) était plus destinés à former l’esprit de rigueur et de logique, qu’à constituer une connaissance et les méthodes de calcul avaient leur application directe en physique. Il est aberrant qu’on ait supprimé l’enseignement d’un minimum de physique chimie, en L et surtout en ES.
    En français, on fait surtout de l’explication de quelques textes et on ne connaît qu’un nombre d’auteurs très limité. Le nombre de dissertations à faire à la maison est passé d’une par semaine à une par mois (et encore !). Les programmes ont supprimé l’étude de tous les auteurs, dont on voyait des morceaux choisis en littérature, car ce sont des « connaissances » qu’on peut trouver sur internet (sauf que rares sont les élèves qui regardent des documents sur d’autres auteurs que ceux étudiés).
    Or cette « revue de la littérature » n’avait pas tellement pour but principal de donner une culture générale du passé, mais surtout de nous ouvrir l’esprit, de donner à notre cerveau de la flexibilité et du bon sens, en comparant toutes les idées très différentes de ces auteurs et notamment des philosophes.
    Je constate malheureusement que si bon nombre de bacheliers ont encore pas mal de connaissance (théoriques), ils n’ont plus beaucoup, ni de logique, ni même de bon sens, et n’ont pas appris à faire correctement analyse et synthèse des problèmes.
    Quant aux connaissances pratiques, elles sont devenues inexistantes, alors qu’autrefois, dans le primaire, les « leçons de choses » portaient sur la vie de tous les jours, l’explication des phénomènes naturels, l’utilisation des instruments courants et de leur fonctionnement, la résolution des petits problèmes pratiques quotidiens et cela passionnait les élèves.

    Bien que j’en aie l’expérience tous les jours, ce que je cite ci dessus fait l’objet de nombreux articles et c’est donc devenu banal.
    Par contre on ne cite que rarement le problème de la mémoire, que l’on ne peut avoir bonne que si on l’exerce, et lorsqu’on parle de la motivation des élèves, c’est pour mettre le manque de motivation sur le dos des ordinateurs et téléphones portables, d’internet et des réseaux sociaux, et de l’incitation à faire la fête au lieu de travailler.
    Le problème de la mémorisation est effectivement totalement négligé dans notre enseignement de même que le développement du « bon sens »..
    Certes les raisons ci-dessus sont vraies pour le manque de motivation, mais comme ces raisons sont extérieures à la classe, on ne se pose pas assez le problème de redonner de la motivation aux élèves.
    Paradoxalement, alors que nos connaissances sur le fonctionnement du cerveau ont considérablement augmenté de nos jours, on ne se pose pas la question de savoir si ces connaissances pourraient permettre aux parents et aux professeurs d’éduquer et d’instruire les enfants, avec plus de résultats et moins de gros inconvénients.
    Espérons que les nouvelles écoles normales re feront une place importante à la pédagogie dans la formation des professeurs des Ecoles, des Collèges et des Lycées.
   
   
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