Samedi 26 septembre 2015 à 18:48

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    Il est certain que le numérique fait maintenant partie de notre vie.
    Personnellement je n’écris presque plus de lettres à la main et par envoi postal, à part quelques cartes en vacances, mais j’utilise mon clavier et ma messagerie.
    Tous les documents que je rédige sont faits à partir de word ou des homologues sur Mac (Pages)
    Pour faire des calculs er surtout pour faire des tableaux chiffrés, Excel ou autres spécifiques Mac (Numbers), me font gagner du temps. Ils me servent aussi à recenser des données pour les trier et les retrouver par mots clés.
    Toutes les présentations de mes conférences sont faites sur Powerpoint ou analogue (Keynote spécifique du Mac).
    Mes dessins sont faits sur Easydraw et transformés en Jpeg ou intégrés dans le traitement de textes.
    Et évidemment Firefox et Safari me permettent de naviguez sur le Web et de trouver assez facilement une immense documentation, que je n’aurais pu trouver autrefois dans une bibliothèque, ni aller lire dans une université étrangère.
    Je lis encore des revues et journaux papier, parce que c’est facile à transporter, mais je peux les consulter aussi sur mon ordinateur.
    Et la plupart des personnes ont une connexion internet.
    Alors évidemment se servir d’un ordinateur est essentiel et il vaut mieux savoir bien s’en servir, et donc apprendre à le faire.
    Cela me parait donc normal qu’on enseigne le numérique à l’école dès le cours primaire.
    L’enseignement a fait un effort important dans ce domaine, mais pour quel résultat?

    Actuellement dans la plupart des pays de l’OCDE, 96% des élèves de 15 ans ont un ordinateur à la maison, mais 72% seulement déclarent utiliser un ordinateur de bureau, un ordi portable ou une tablette à l’école. Comment maîtrisent-ils cet outil ?
    Une enquête PISA (Program for International Student Assessment) menée en 2012, a évalué la façon dont les élèves maîtrisent l’écrit sur internet. C’est une douche froide. Le rapport, qui est sorti le 15 septembre, révèle " l’immense décalage entre la réalité de notre école et les promesses des nouvelles technologies » .
    Les enquêteurs ont programmé un environnement numérique contrôlé, avec une simulation de navigation, des sites web, des onglets et des hyperliens. 38 000 élèves ont été testés sur cet outil.

    Utiliser les outils numériques dans les écoles n'est pas une garantie de succès scolaire. Dans le meilleur des cas, utiliser les nouvelles technologies en classe n'apporte que des résultats mitigés. Et cela peut au contraire dégrader la situation.
    On constate d’abord que si la personne a une bonne maîtrise de l’écrit " papier ", elle a aussi une bonne maîtrise de l’écrit " en ligne ". Savoir comprendre et exploiter un texte, qu'il soit sur le papier ou sur un écran, requiert les mêmes compétences.
    Par contre les élèves pour lesquels l’enseignement a trop vite utilisé la machine, en raccourcissant la phase « papier », ne maîtrise pas aussi bien ni la langue, ni l’écrit et sa compréhension.
    L'absence totale d’utilisation courante de l’ordinateur se traduit ensuite par un faible niveau de lecture sur le net ; les performances sont optimales quand l'élève utilise la machine une à deux fois par semaine; au-delà, elles s'effondrent, d'autant plus que l'usage de l'ordinateur est plus fréquent.

    Je suis étonné qu’on apprenne en classe à se servir de Twitter et de Facebook. Ce ne sont pas des outils pour apprendre. L’adolescent apprendra bien assez tôt tout seul ou par des copains à s’en servir.
    Par contre on n’apprend pas aux élèves à faire des recherches sur internet, à utiliser la doc sans faire uniquement des copiers coller, à trouver plusieurs versions d’un sujet pour les comparer et pour éviter de croire n’importe quelle information.
    Trouver des renseignements pertinents sur un sujet n’est pas évident et d’ailleurs les moteurs de recherche d’internet ne sont guère performants dans ce domaine.
    Mais surtout la disposition de données immenses sur internet a persuadé les élèves, et même les professeurs que ce n’était plus la peine d’apprendre des données sourantes pourtant indispensables : on n’apprend plus les tables de multiplication, les conjugaison,s, les formules courantes de mathématiques et de physique chimie.
    Il en résulte qu’on ne sait plus se débrouiller face à un exercice et d’ailleurs on en fait très peu. Or on ne maîtrise une connaissance qu’en l’utilisant souvent : notre cerveau ne sait faire l’apprentissage que par la répétition. Si je sais utiliser et reconnaître les « identités remarquables » que j’ai apprises en maths en 3ème, c’est parce que j’ai fait une bonne centaines d’exercices à leur sujet. Et là, l’ordinateur ne m’est d’aucune utilité. Il faut que je sache par cœur ces identités, que je réfléchisse et que je travaille.

    Le rapport due l’OCDE met l’accent sur trois points pour expliquer ces faibles performances :
        - «  Le développement d’une compréhension conceptuelle et d’une réflexion approfondies requiert des interactions intensives entre enseignants et élèves." La technologie empêche parfois les protagonistes de l'école d'avoir les bonnes relations indispensables au savoir.
        - « En nous contentant d’ajouter les technologies du XXIe siècle aux pratiques pédagogiques du XXe siècle, nous ne faisons qu’amoindrir l’efficacité de l’enseignement." Pour les auteurs de l'étude, il est possible qu'en l'état actuel des connaissances, on ne maîtrise pas assez le type d'approches pédagogiques qui permettent d'utiliser ces nouveaux outils.
        - « Le fait de garantir l’acquisition par chaque enfant d’un niveau de compétences de base en compréhension de l’écrit et en mathématiques semble bien plus utile pour améliorer l’égalité des chances dans notre monde numérique que l’élargissement ou la subvention de l’accès aux appareils et services de haute technologie »,

    Mais à mon avis, l’OCDE oublie un point essentiel : l’ordinateur comme le téléphone portable sont pour les adolescents un outil de bavardage et de jeu. on communique ensemble sur les réseaux sociaux et par internet et on joue, en solitaire ou en ligne. Ce n’est pas un outil destiné au travail.
    De plus le zapping permanent sur internet et d’une occupation à l’autre, entrecoupées des appels sur le téléphone ou les réseaux sociaux, enlève l’habitude de se concentrer, de faire attention pendant un temps assez long.
    Par ailleurs les enseignants ont habitué les élèves, depuis la maternelle, à apprendre en jouant, pour essayer d’attirer leur attention, de rendre l’étude plaisante.
    L’ordinateur ou la tablette ne font qu’accentuer le phénomène.
    Apprendre c’est avant tout travailler, que l’on engrange plus ou moins de données d’information, c’est toujours un apprentissage, basé sur la répétition, sur l’effort, sur l’attention. La plupart des adolescents ne savent plus faire d’effort, encore moins sur ordinateur qu’avec les moyens classiques.
    Croyant les motiver par le jeu, on les a, en fait, démotivés parce que rendus incapables de se forcer à travailler et à faire attention.
 
    En définitive, le numérique est un outil, comme le crayon, le papier et le livre, il ne peut pas rendre un enfant intelligent !
    Un élève qui ne sait pas utiliser par exemple un dictionnaire papier, ne deviendra pas plus performant parce qu'il aura réussi à taper un mot dans un moteur de recherche.   
    Il ne faut donc pas attendre une amélioration du niveau de l’enseignement par l’utilisation du numérique. Il est utile d’apprendre à se servir d’un ordinateur, parce c’est un appareil aujourd’hui incontournable, mais votre intelligence ne se développera pas plus qu’avec d’autres outils. Il n’apportera de gain de temps que par la suite, dans la vie courante et au travail pour des tâches répétitives, et un gain de stockage de papier et d’archives. (sous réserve d’avoir plusieurs sauvegardes).
    Un enseignement c’est faire certaines actions quelque soit l’outil utilisé :
        - c’est d’abord faire le cours et faire en sorte que les élèves écoutent avec attention. Ensuite les données du cours peuvent être sur des livres, des polycopiés ou internet, peu importe pourvu qu’on puisse les lire. Une manière simple de contrôler l'attention de chaque élève est de poser des questions pour savoir ce qui leur pose le plus de problème.
        - c’est répondre aux demandes des élèves. Il est parfois plus facile pour certains de poser une question par un message ou sur un forum, que de lever la main en classe. Seulement, en classe, la réponse profite à tous.
        - c’est ensuite évaluer la compréhension, vérifier que les élèves ont assimilé le cours et les principales méthodes grâce à des exercices simples. C’est organiser et contrôler des devoirs faits à la maison et périodiquement en classe. Et expliquer ensuite ce qu’il aurait fallu faire.
    Mais pour l’élève, apprendre, c’est avant tout travailler !           
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