Dimanche 27 janvier 2013 à 8:33

Energie, nucléaire, économies

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J'avais fait le un article (19 avril 2011), sur les problèmes qu'avait provoqués aux Etats Unis l'exploitation des gaz de schistes et j'étais d'accord sur le fait que, avant de lancer des exploitations, il fallait absolument examiner dans quelles conditions elles allaient être faites et quels étaient les risques correspondants.
            Mais une fois de plus l'application rigide et sans réflexion du principe de précaution aboutit à une absurdité : l'arrêt en France de toute étude et de toute prospection, alors qu'il aurait fallu au contraire intensifier celles-ci et examiner les risques de l'exploitation avant de l'autoriser, pendant que l'on examinait où étaient les gisements et qu'elle était la configuration de leur sous-sol.
            Je vais donc revenir en plusieurs articles sur ce problème, car les médias, recherchant comme d'habitude du sensationnel, ont désinformé l'opinion publique sur ce sujet.
            Je me servirai de certaines données et de certaines photos de l'Institut Français du Pétrole et d'un de ses ingénieurs, Monsieur Levier, dont j'ai suivi une conférence.
            Aujourd'hui je vais parler de l'enjeu économique et je résumerai ensuite les problèmes techniques.
 
            L'enjeu économique :
 
            Tous les pays du monde ont actuellement autorisé la prospection et l'exploitation des gaz de schistes, à l'exception en Europe de la France, de la Bulgarie et de la Hongrie.
            Il y a donc un enjeu économique certain et la France prend actuellement du retard dans ce domaine, alors que techniquement, elle a de grandes possibilités.
            Grâce aux gaz de schistes, les Etats-Unis sont devenus les premiers producteurs de gaz depuis 2010 devant la Russie et le prix du gaz ayant beaucoup baissé (trois fois moins cher qu'en France), la recherche pétrolière a été relancée et les USA devraient dépasser la production de pétrole de I'Arabie Saoudite entre 2017 et 2020. Cela risque de changer certaines donnes politiques, car tout le monde sait que ce pays finance en partie les terroristes, mais personne ne dit rien car on a besoin de son pétrole.
         Le marché gazier mondial est modifié car les Etats-Unis, ancien plus gros importateur de gaz naturel, ont cessé d'importer.
            Ils ont ainsi assuré leur indépendance énergétique pour plus de cent ans.
 
            La consommation d'énergie dans le monde est en forte croissance, du fait principalement des pays émergents, qui cherchent à augmenter le niveau de vie de leurs populations, notamment la Chine et l'Inde. (12 milliards de TEP en 2012 et elle doublera presque d'ici 2035).
            L'évolution de la répartition des diverses provenances de l'énergie mondiale est prévue dans le tableau ci-dessous :
                                     
Nature des énergies
2012
2035
Pétrole, biocarburant
34%
26%
Charbon
31%
27%
Gaz
20%
25%
Total énergies fossiles
85%
78%
Hydraulique
8%
8%
Nucléaire
5%
10%
Renouvelable
2%
4%
 
            La part d'énergies fossiles reste très forte, et donc l'émission de gaz de serre correspondante, les USA et la Chine n'ayant toujours pas signé les accords de Kioto).
            Le gaz est moins polluant que le charbon, puisque produisant moins de CO2, mais ce n'est pas une énergie "propre".
            C'est encore une énergie fossile, mais nous n'avons pas encore les moyens de nous passer de celles-ci, alors autant en favoriser une moins polluante.
 
            Les réserves de gaz de schistes sont une ressource très importante, beaucoup mieux répartie que le pétrole et donc favorable à une plus grande indépendance énergétique.
            Elles sont évaluées à : (en milliers de milliards de m3) :
 
Pays
Chine
USA
Argentine
Mexique
Af.duSud
Australie
GB
Pologne
France
Ressource
24
21
22
19
14
11
6
5
5 ?
 
            En France cette ressource représente l'équivalent de 100 ans d'importation de gaz.
            La France aurait par ailleurs des réserves importantes de pétrole (huile) de schistes.
 
            La facture énergétique de la France a représenté plus de 45 milliards d'euros en 2009 dont 9 milliards pour le gaz (47 milliards de m3 importés). En 2011, cette facture s'est élevée à 61 milliards dont 11 milliards pour le gaz, soit près de 90% de notre déficit commercial, (à comparer aux 50 milliards pour les intérêts de la dette).
Nos importations proviennent de Norvège (36,8%), Pays-Bas (16,8%), Russie (16,1%), Algérie (15,4%), Qatar, Nigéria, Egypte. Elles représentent 98% de nos besoins en gaz. Le reste provient de Lacq dans les Pyrénées Atlantiques, et sert à alimenter les industries qui se sont implantées autour du site.
 
            En France ces gisements de gaz de schistes se trouvent entre 2000 et 4000 m dans le bassin parisien, le bassin aquitain et les parties méridionales de la vallée du Rhône (Montélimar), Hérault, Ardèche, Gard et du massif central, Dordogne et en Moselle.
 
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            Une soixantaine
de permis dont 17 pour les schistes avaient été octroyés par le ministre Borloo. mais ont été suspendus par Nathalie Kosciusko Morizet.
            Le rapport préliminaire des experts du comité ministériel reconnaissait qu'il serait dommageable pour l'économie nationale et pour l'emploi que notre pays s'interdise de disposer d'une évaluation approfondie de cette richesse potentielle dont on n'a pas une idée précise de son coût de production sauf qu'il sera certainement plus cher qu'aux Etots-Unis et préconisait :
                        - de lancer un programme de recherche scientifique sur les techniques de fracturation hydraulique dons un cadre national ou européen.
                        - de promouvoir la réalisation d'un nombre limité de forages expérimentaux d'exploration instrumentés, en particulier dons les bassins du sud-est moins connus que le bassin parisien au plan de leur sous-sol.
                        - de réviser le code minier et la fiscalité pétrolière de sorte que les collectivités locales trouvent un intérêt à une exploitation sur leur territoire.
                        - d'effectuer une mission aux USA pour visiter des sites opérationnels.
                        - d'avoir un encadrement strict pour ces opérations.
            Alors que la plupart des pays européens et mondiaux vont vers une exploitation d'un gaz meilleur marché, nous risquons de subir une augmentation importante du coût de nos importations de gaz naturel, alors que nos finances ne sont pas dans une situation favorable.
            Une prospection dans un premier temps ne comporterait aucun risque, et il est absurde de l'interdire, de même que la recherche de méthodes d'exploitation autres que la fracturation hydraulique, ou l'amélioration de celle-ci en matière de sécurité..
 
            Dans les trois articles suivants, je vais essayer d'examiner d'abord ce qu'est l'exploitation des gaz de schistes par fissuration hydraulique, puis quels sont au plan technique, les risques présentés par l'exploitation du gaz de schiste.
 
Par alyane le Dimanche 27 janvier 2013 à 9:08
J'apprends toujours plein de choses en vous lisant.
Par Pepite le Dimanche 27 janvier 2013 à 16:55
Article très intéressant. Merci.
 

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