Dimanche 14 septembre 2014 à 9:02

Notre cerveau : intelligence; langage

 J’ai toujours beaucoup d’admiration pour la nature et l’évolution qui font des merveilles dans le fonctionnement des animaux, et notamment dans celle du cerveau humain.
    J’ai déjà fait plusieurs articles sur la lecture et l’écriture et leur apprentissage. Mais aujourd’hui, je vais voir un mécanisme plus amont, celui de la reconnaissance des lettres et plus généralement des formes.

    Le bébé apprend très vite à reconnaitre la voix, puis le visage de sa mère, puis ceux de ses autres parents frères ou sœurs. Il voit les objets et reconnait peu à peu tous ceux qui lui sont familiers ou utiles, à commencer évidemment par le biberon, puis les divers jouets qu’il va peu à peu apprendre à saisir.
    Il y a donc dans le cerveau des centres qui concourent à la reconnaissance des formes, des objets et des visages.
    En fait quatre régions du cerveau sont principalement concernées, mais évoluent avec l’âge et les apprentissages successifs.

    Il y a forcément le chef d’orchestre du cerveau, le cortex préfrontal, siège de la pensée et organisateur de nos activités, qui est tenu au courant de ce qui se passe dans le cerveau et c’est lorsque l’information lui parvient que nous en avons conscience. Si elle ne lui parvient pas, elle reste inconsciente.
    Mais ce n’est pas parce qu’elle est inconsciente qu’elle n’existe pas.


    A l'arrière de notre cerveau un énorme centre interprète les signaux visuels envoyés par les neurones de la rétine. Les couches arrières traitent les signaux les plus élémentaires constituant les images, puis des couches plus en avant traitent peu à peu des notions plus complexes : couleur, forme, mouvement…
    Le schéma ci dessous représente les divers centres intervenant dans le langage et notamment la zone de Geschwind, dans le lobe pariétal inférieur gauche, qui d’une part interprète les données d’interprétation auditive donnée par le centre de Wernicke et d’autre part les données visuelles concernant les mots. Cette zone compare ces données à un « dictionnaire » de mots en mémoire, et va donc reconnaitre s’il s’agit d’un mot connu et quelle est sa signification.
    L’aire de Geschwind va être active dès la naissance, mais elle n’agira vraiment qu’avec l’apprentissage du langage et des mots.
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/langageetmots.jpg
    Les données visuelles concernant les mots proviennent d’un centre particulier de la partie occipito-temporale, près des centres d’interprétation visuelle, représenté en rouge sur le schéma,
    Cette zone au début de notre vie, ne connaît évidemment pas l’alphabet et n’a pour rôle que la reconnaissance des visages d’abord (il faut reconnaitre sa mère et sa famille; en jaune sur le schéma), puis la reconnaissance des objets familiers (son biberon, ses jouets; en bleu sur le schéma). La mémoire correspondante est l’homologue de la zone de Geschwind, mais dans l’hémisphère droit.
    Puis quand le bébé va marcher et donc se déplacer, une partie de cette zone et des zones de mémoire, vont se consacrer à la reconnaissance et au stockage des images et des « cartes » de notre environnement. (en vert sur le schéma)
    On arrive à l’empilement du schéma ci dessous.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/reconnaissancemots.jpg
    Et lorsque l’enfant apprend à lire et à écrire une chose extraordinaire se produit :
une partie de la zone destinée à la reconnaissance des visage et des animaux se transforme en une zone de reconnaissance des lettres et des mots écrits (en rouge sur le schéma).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/formelettres.jpg

Un autre phénomène extraordinaire va se passer.
    Pour pouvoir identifier des visages ou des objets vus sous divers angles, ces centres ont l'habitude de considérer que deux images symétriques "en miroir" correspondent à un même objet. Par exemple sur l'image ci contre le vélo et le triangle.
    Il y a donc un petit problème, car ce n'est pas vrai pour les lettres (b et d) et les mots (ioup et quoi), par exemple.
            Il faut donc que l'enfant inhibe la réaction automatique de ces centres pour leur faire acquérir l'apprentissage de reconnaissance des lettres.
    Son cerveau frontal apprend à envoyer un signal qui bloque la fonction de miroir quand il décide de vouloir lire !
    Et il est possible que chez les enfants dyslexiques, qui ont du mal à différencier les lettres symétriques, cette fonction de blocage soit partiellement déficiente.
Par Thierry Monson le Lundi 1er février 2016 à 15:57
Tu fais un job excellent!
Par Larisol Richard le Samedi 5 mars 2016 à 13:20
Bravo pour cet excellent article très pertinent et interessant !
 

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