Lundi 6 août 2007 à 11:36

Eveil, sommeil, rêves

    Mes articles sur les rêves m'ont valu quelques mails et pas mal de questions. J'ai répondu directement à certaines, mais d'autres m'ont paru suffisamment générales pour faire des articles de réponse.

            “...Rêvons nous en couleur ou en noir et blanc ? “

    C'est une question intéressante car elle permet d'illustrer le mécanisme des rêves, mais aussi de parler “physique”.

    Je vais d'abord vous surprendre, mais la couleur cela n'existe pas dans la réalité.
    Ce qui existe ce sont des rayonnements de diverses longueurs d'onde (ou fréquences) notamment dans la “lumière visible”.
    Les corps absorbent certaines longueurs d'onde et en réfléchissent d'autres.
    Notre rétine contient des cellules nerveuses, dont certaines, les cônes (4 millions dans chaque rétine ), qui sont sensibles aux fortes lumières et à une bande de longueur d'onde. Il y a trois sortes de cônes sensibles à des bandes (on verra plus tard qu'elles correspondront au rouge, au vert et au bleu.)
    Il y a aussi d'autre cellules, les batonnets, (100 millions) sensibles aux très faible intensités de lumières, toutes longueurs d'ondes confondues.
    Les trois types de cônes et les bâtonnets envoient des signaux d'intensité de lumière : une première couche, dite “primaire”, de neurones du cerveau (à l'arrière de notre crâne, chacun des neurones de cette couche est relié à un neurone de la rétine ) traite chaque signal et répartit l'information entre d'autres couches.
Les deux couches suivantes recréent une image en noir et blanc de ce que nous voyons (elles traitent les contours et les textures).
    Une quatrième couche analyse les signaux des trois types de cônes sensibles à trois longueurs d'ondes particulières.     
    Une cinquième couche analyse les déplacements et donc les mouvements et une sixième couche de neurones les “formes élaborées” pour les reconnaître (par exemple un visage, un animal, un objet ...).

    Dans cette quatrième couche, des neurones spécialisés analysent pour chaque point de l'image les signaux reçus des cônes “rouges”, des cônes “verts” et des cônes “bleus” et d'autres neurones dfont la synthèse en dont une information du type (35% rouge + 25% vert + 40% bleu). Finalement c'est cette information que nous donne le cerveau : c'est une sensation.
    Nous, humains, “animaux pensants”, grâce au langage, nous appelons cette sensation “couleur”.
    A chaque sensation correspondant à trois pourcentages donnés, nous faisons correspondre une couleur différente à laquelle nous donnons un nom : rose, jaune, marron, etc....
    Ainsi, tout comme la télévision ou notre écran d'ordinateur, nos neurones reconstituent toues les couleurs à partir de 3 couleurs fondamentales que nous avons nommées rouge, vert et bleu.

    Mais la couleur n'existe pas. Si un corps absorbe toutes les longueurs d'onde correspondant au bleu et au vert, l'oeil ne transmettra que les signaux des cônes “rouges” , sensibles à cette longueur d'onde, et nous dirons que ce corps est “rouge”.   
    La réalité ce sont des lumières de diverses longueurs d'onde plus ou moins absorbées et la couleur n'est qu'une “création” de notre cerveau qui attribue un nom à des signaux transmis par 3 sortes de neurones sensibles à des longueurs d'ondes spécifiques.

    A la sortie de ces six couches d'analyse des signaux de vision, les informations décodées par le cerveau sont très complètes et nombreuses, elles sont alors transmises à deux zones du cerveau que nous appellerons le “Quoi?” et le “Ou?” (schéma ci dessous).



    Le centre “Quoi” va comparer les informations reçues à des données de notre mémoire visuelle et il va identifier l'image : c'est le cousin Astérix, Idéfix mon chien, un ordinateur, un stylobille, un arbre, une rose...... Un peu comme un bibliothécaire, il va chercher en mémoire leur nom et éventuellement des carctéristiques essentielles et envoie tous ces renseignements au cortex (via le Thalamus).
    Le centre “Ou” va examiner l'environnement visuel et déterminer où se trouve l'objet de l'image par rapport à cet environnement.
    C'est lui qui permettra au cortex de guider ensuite les gestes ou les mouvements pour prendre l'objet ou au contraire l'éviter.

    Mais ceci ne se passe ainsi que lorsque nous sommes éveillés et que nos yeux ouverts transmettent des signaux au cerveau.
    Lorsque nous sommes endormis, la rétine ne transmet rien et la première couche d'analyse primaire de la vue est au repos.
    Par contre pendant le sommeil paradoxal notamment le cerveau se débarasse de tout ce qui lui paraît superflu ou gênant et notamment les perceptions inconscientes. Il envoie donc aux couches autres que la couche primaire des “images internes” provenant de la mémoire.
    Ce sont ces images qui, lorsqu'on se réveille, alimentent le rêve et comme des informations peuvent être transmises à la couche IV de neurones, qui habituellement analyse les couleurs, on peut donc parfaitement avoir une sensation de couleurs dans un rêve.


“.... Dans mes réves, je fais ce que je veux. Je change la couleur du ciel, je vole...”

    C'est normal, mais c'est un peu une illusion.
    Ce que tu fais ce n'est pas ce que tu as décidé quand tu étais éveillée.
    Tu fais ce que tu décides dans ton rêve, même des choses parfois impossibles dans la réalité. Mais ce sont des décisions fictives, que tu as prises dans ton rêve.
    Quand tu es révéillée, c'est le cortex qui en général décide, mais influencé par le cerveau émotionnel, par les sensations venant de l'extérieur et transmises par les centres d'interprétation, et par l'expérience provenant de notre mémoire.
   
    En fait on rêve (les rêves qui nous restent en mémoire quand on est éveillé, car des autres ils ne nous reste rien en mémoire) au moment où on se réveille, au moins pendant quelques secondes (quitte à se rendormir ensuite).
    En fait les images arrivent en se bousculant de façon désordonnée, et le cortex, qui n'est pas encore en pleine possession de ses moyens, voudrait reprendre les commandes et n'y arrive pas;
    Alors il esssaie d'expliquer, comme il peut, l'enchaînement bizarre des faits et “pour sauver la face”, il fait semblant d'avoir décidés ces faits.
    Et quand tu te rappelles ton rêve, tu as en mémoire que c'est toi qui as décidé tout cela !

Par yOung-littles le Lundi 6 août 2007 à 17:29
eh monsieur l'ancin je ne suis pas triste quand j'ai trop bu d'alcool moi hein !
c'était tout simplement la fatigue !
comment etre triste avec des amis et un amoureux comme j'ai ?!
Par Angel.or-and.Demon le Mardi 11 septembre 2007 à 21:27
Et les aveugles (de naissance) rêve mais sans image! ça m'a fait bizarre d'imaginer un rêve sans image quand j'ai lu ça mais d'un autre côté c'est logique...
 

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