Jeudi 6 mai 2010 à 8:02

Actualité

   Nous vivons désormais dans une société du "tout juridique" et rien ne sert de faire la politique de l'autruche. C’est la société de la peur de l’incident, de la recherche du risque zéro, qui pourtant n’existe pas, et cela à n’importe quel prix et sans même essayer de réfléchir aux probabilités des événements.
    C’est aussi la société de la sur-agitation et et de la sur-activité où à tous les échelons, on agit dans la précipitation sans se donner le temps de réfléchir.
    Et notre gouvernement en donne l’exemple.
    L’ennui c’est qu’à ce niveau on gaspille ainsi des milliards.
    Il faut dire aussi que la soif du sensationnel des médias, la peur de l’opinion publique pour les gouvernants, et le communication hâtive irréfléchie aggravent ces tendances.

    J’avoue que cela m’agace car je n’ai pas été ni élevé, ni instruit dans cette optique.
    Certes, mes parents, comme mes professeurs, m’ont toujours appris que la vie humaine n’avait pas de prix et donner un coup de couteau à un professeur est pour moi une chose impensable), mais par contre, ils m’ont appris aussi à faire des calculs de risque, des calculs de coût efficacité, d’essayer de rassembler des données les plus sûres possible, de raisonner les phénomènes, et donc de réfléchir à la pertinence des décisions à prendre.
    J’ai eu ainsi la chance, dans mon métier comme au plan familial, de ne pas avoir de catastrophe, mais aussi de faire des dépenses financières raisonnables.
    Et deux actualités récentes me laissent perplexe

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/vaccin2ea8da.jpg
    D’abord la grippe mexicaine du printemps/été dernier, pour laquelle on a commandé des quantités énormes de masques et de vaccins.
    Qu’il faille faire quelque chose “au cas où” est évident. Mais comme la fabrication n’allait pas se faire en un jour, on pouvait commander une dose de vaccin en attendant de savoir s’il en fallait une ou deux par personne, et d’autre part prévoir des marchés à tranches conditionnelles qui permettent d’annuler une partie des commande, clause courante dans les marchés de l’Etat.
    Quant aux masques on aurait pu faire une étude très rapide sur leur utilité réelle pour voir quel nombre en commander, ce que des experts en virologie et épidémiologie savent faire.
    Au lieu de cela on s’est précipité tête baissée et le coût de la vaccination s’est avéré de l’ordre de 2,2 milliards alors que moins de 10% des français se sont fait vacciner !!
    Sur les 94 millions de doses commandées il a fallu négocier dans un situation défavorable l’annulation de commandes de 50 millions de vaccins en janvier 2010.
    Et en 2009, la société SANOFI-AVENTIS annonce 8,4 milliards de bénéfices !! (qui bien sûr ne sont qu’en partie dûs à ces vaccins dont ils ont vendu pour 440 millions d’euros), et l’action Sanofi a gagné 20% en 2009.
    Qui a payé ? : l’Etat et la Sécurité sociale, c’est à dire nous les contribuables et les salariés.

http://lancien.cowblog.fr/images/Divers/800pxA380trent900JPG.jpg

    Tout récemment l’éruption du volcan d’Islande qui a bloqué huit jours tout le trafic aérien, entraînant une pagaille monstre et un coût certain.. On a annoncé 1,7 milliards de dollards pour les compagnies aériennes du monde, et en France le Ministre a évalué le coût à environ 260 millions d’euros dont 190 pour les compagnies aériennes et 70 millions pour les voyagistes et agences de voyage.
    C’est exact que les cendres des volcans  peuvent endommager les moteurs et surtout réacteurs des avions, réduire la visibilité en rendant les pare-brises opaques, ou entraîner des défauts dans les sondes pitot qui mesurent la vitesse. On a l’expérience d’environ 80 cas de perturbations de ce type.
    On a donc des chiffres qui permettent d’apprécier le danger.
    A l’altitude où volent les avions à réactions et aux très grandes distances où est allé le nuage, les cendres de fort diamètre sont retombées et le nuage est constitué de très gfaibles particules d’un diamètre de l’ordre de quelques microns tout à fait comparables aux poussières d’un nuage radioactif après une explosion nucléaire, mais ces cendres sont composées de silice.
    Ce nuage circule à haute altitude, il n’est donc pas dangereux à terre, et sa densité n’est pas très grande de telle sorte qu’il ne se voit pas.
    Mais pour un avion qui circule à 800 km/h (220 mètres/seconde), l’abrasion sur le pare brise n’est pas négligeable et les poussière s’y incrustent.
    Un réacteur de gros avion de transport avale de l’ordre de 1000 kg d’air par seconde et donc les particules en suspension.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/800pxJetenginefrenchsvg-copie-1.png
    L’abrasion (comme un “sablage”), endommage les pales du compresseur des réacteurs, et la silice se vitrifie dans la chambre de combustion, ce qui entraîne des réparations ultérieures. Mais surtout le taux d’oxygène chute brutalement et le réacteur s’éteint , étouffé comme quand on met du sable sur un feu et de plus, lorsque le mélange de cendres, de particules basaltiques et de vapeur d’eau est aspiré par le réacteur, il se retrouve dans le compresseur puis dans la chambre de combustion où il est chauffé à environ 900°C. Les particules fondent puis se refroidissent au contact de la turbine et une pâte vitrifiée de quelques millimètres se forme sur les ailettes et obstrue en partie la sortie de l’air. Un système de sécurité, destiné à éviter une trop forte pression dans le compresseur, fait s’arrêter le réacteur.
    Il me paraît donc tout à fait judicieux que les premiers jours, le pouvoirs publics aient décidé de reporter les vols qui risquaient de traverser le nuage.
    Il était normal qu’on ne prenne pas le risque de panne sur un avion, ni de dégâts coûteux.
    Mais je ne comprends pas qu’on n’ait rien fait ensuite pour évaluer la situations
    Comme je le disais plus haut, ce nuage ressemble à celui de retombées suite à une explosion nucléaire. Or en 196à nous avions mis au point des matériels de prélèvement des poussières grâce à des “aspirateurs” montés sur un petit avion militaire télécommandé, qui allait faire des prélèvements, des méthodes pour en analyser la granulométrie et la teneur, et des logiciels pour prévoir les retombées à condition de connaître un minimum sur la répartition de vitesse des vents, d'autant plus qu'aujourd'hui il existe des "drones".
    Je ne comprends pas qu’on ait tant tardé à faire des prélèvements, à faire ces calculs et qu’on n’ait pas évalué le risque réel. Je suis persuadé qu’on aurait pu reprendre plus tôt le trafic, au moins sur certaines lignes

    Certes la vie humaine est un bien inestimable et il faut absolument la préserver. Mais le risque zéro n’existe pas et vouloir essayer de l’atteindre entraîne une paralysie totale.
    Nous risquons tous un accident de voiture et pourtant nous continuons à l’utiliser. Nous risquons d’absorber des microbes qui peuvent nous rendre malade mais nous continuons à respirer.
    Le problème est de bien évaluer le risque et les conséquences des mesures que nous allons prendre et de faire le meilleur compromis entre ce risque et les contraintes résultant de son élimination partielle ou totale : c’est une sorte de calcul de coût-efficacité.
Par alyane le Jeudi 6 mai 2010 à 9:24
ILs ne prennent pas de risque! Le retour de l'étranger a été un sacré foutoir!
Par autresrimes le Jeudi 6 mai 2010 à 9:51
bonjour Jean-pierre
eh oui il n'a pas de risque zero, et y'a souvent cette peur mediatique dans ce monde à cent à l'heure. Mais qu'il est bon de pouvoir trouver le temps de vivre et respirer la vie au présent et loin de toute (cette agitation,stress---)
te souhaitant une bonne journée,A+ d' Emmanuel
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/2993504

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast