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    Nous avons défini hier ce que pouvait être l’inconscient, mais cela ne nous définit pas son rôle.
    L’importance de l’inconscient dans notre comportement est très grande.


    Nous avons vu hier que nous enregistrons, pour des temps très courts ou plus longs, des images, sons et autres sensations de nos cinq sens.
    La plupart de ces informations ne nous servent pas et d’ailleurs sont détruites ensuite (les connexions ne sont pas renforcées et disparaiussent d’elles même notamment au cours du sommeil).
    Certaines images, certains sons, certaines autres sensations sont cependant conservées (notamment celles qui ont un  grand impact émotionnel, dont beaucoup sont conscientes, mais certaines inconscientes sont aussi mémorisées à notre insu). Ces sensations peuvent ensuite dans certaines circonstance surgir consciemment, ou même avoir une influence sur nos décisions ou comportements, sans que nous nous en rendions compte, car d’innombrables connexions se produisent à tout instant à notre insu, quand un processus conscient est engagé.
    Certaines études ont confirmé qu’un geste inconscient ou un mot anodin peut déclencher un « amorçage », et orienter une décision, un choix, un comportement. Elles
mettent en évidence que des motivations subliminales (sensations au dessous du seuil de perception conscient), utilisent les mêmes processus mentaux - la mémoire de travail et les fonctions exécutives - que les actes conscients, et que les gens se méprennent souvent sur les raisons de leurs comportements, car ils sont influencés par des pulsions inconscientes.

    Un autre domaine d’action de l’inconscient est celui de tous les automatismes et actes réflexes. C’est évidemment vrai pour des réactions réflexes physiologiques, au niveau de la moelle épinière (réaction à la brûlure, à la douleur…), au niveau du cervelet (faire du vélo, conduire une voiture…) ou du cerveau lui même (réaction d’évitement devant un danger..).
    Mais cela est vrai pour des réactions beaucoup plus intellectuelles et émotionnelles.
Il nous faut exercer un effort volontaire et conscient pour nous défaire de nos préjugés. Plus l’influence de l’inconscient est forte, plus le contrôle cognitif conscient doit être important pour la surmonter.
    Cela concerne par exemple les addictions, la perception que nous avons d’autrui, le jugement sur notre environnement ou sur une situation donnée.
    Par exemple, lorsque nous rencontrons quelqu’un que nous ne connaissons pas, une première impression est présente en nous avant même que nous n'ayons commencé à lui parler. Nous notons la couleur de sa peau, son sexe, son âge…, caractéristiques qui, une fois perçues se connectent automatiquement à des stéréotypes sur la façon dont les membres de ce groupe sont supposés se comporter. Ces croyances relatives à un groupe social sont souvent inexactes pour l’individu en cause, qui n'a généralement rien fait
pour mériter aucune de ces impressions, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.
    Les gens ont du mal à connaître la cause de leurs sentiments positifs ou négatifs, et se trompent souvent, quelque soit leur rôle et leur intelligence ou leur professionnalisme.

    Mais l’action de l’inconscient est plus vaste que les stéréotypes et les préjugés. Il influence nos actes.
    En particulier nous avons une propension innée qui est d’imiter autrui, non seulement dans ses expressions, mais aussi dans ses comportements.
    Et nous avons tendance à essayer inconsciemment à la place d’autrui, pour mieux le comprendre : c’est le rôle inconscient des « neurones miroirs ».
    Les centres d’apprentissage, qui sont aussi les centres du plaisir, et dont j’ai parlé souvent (voir en particulier mes articles des), agissent la plupart du temps de façon inconsciente, nous donnant la motivation de l’action. Ils calculent automatiquement le bénéfice de certaines actions et nous poussent vers la satisfaction maximale, de façon le plus souvent inconsciente.
    Mais si ses centres nous dictent un comportement égoïste, d’autres nous amènet à avoir un comportement altruiste et sont sensibles aux impressions que nous font les autres et à ce que nous pourrions faire pour eux.
    Les sentiments et les jugements inconscients que nous avons pour ou sur une personne, nous dictent notre comportement, parfois consciemment, mais le plus souvent sans le savoir.
   
    Des études ont montré que lorsque nous avions un problème à résoudre, dans de nombreux cas, la réponse était intuitive, ce qui ne veut pas dire qu’elle était réflexe, mais en fait une réflexion inconsciente et rapide, menée par le cortex émotionnel et probablement en partie par de cortex préfrontal.
    Et l’on pense actuellement que lorsque nous refléchissons aux solutions d’un problème, derrière la partie rationnelle consciente de recherche de solution, se cache une consultation du cerveau émotionnel par le cortex préfrontal, qui lui demande une « simulation émotionnelle » des conséquences des diverses sortes de décisions conscientes.
    En définitive, le rôle de l’inconscient est beaucoup plus important que ne le pensait Freud, car il n’est pas limité à nos désirs et pulsions, mais intervient dans tous nos actes.
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