Dimanche 27 avril 2014 à 8:45

Notre personnalité

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    Héraclite disait 500 ans avant JC : « connais toi toi même ». Descartes séparait bien le corps et l’esprit et son discours figure en haut de mon blog. Vous avez dû apprendre en philo que Kant estimait que chaque homme construit son propre univers, et qu’Hegel considérait que la « conscience de soi » est une des caractéristiques de la conscience supérieure de l’homme par rapport aux animaux; et puis il y a l’inconscient de Freud, le ça, le moi et le surmoi. Les psys parlent même du « protosoi » (je trouve ce terme horrible !). Cela devient compliqué !!! lol
    Pourtant la conscience de soi est chose essentielle, mais qui reste mystérieuse.

    C’est justement cette conscience de soi qui fait que nous ne sommes pas des automates biologiques sans conscience de leur existence et de leurs relations avec I’environement et les autres êtres vivants.
    Nous avons tous conscience de nos limites corporelles, mais aussi spirituelles, qu’il existe une frontière bien définie entre I'intérieur et l’extérieur.
    Nos pensées et nos sentiments, nos motivations et nos souvenirs sont notre bien, nous appartenant en propre et tout en étant capables de nous mettre mentalement à la place d'autrui et de comprendre ses émotions, ses désirs et ses sentiments, nous ne les confondons pas avec les nôtres.
    La séparation entre le moi et le reste du monde apparaît donc comme la première caractéristique importante du soi.

    Une autre caractéristique du soi est qu’il est relativement stable. Certes il évolue avec l’éducation et aussi avec l’âge, notre vécu, notre expérience et nos souvenirs devenant plus importants. Mais nous restons nous mêmes, nous ne changeons pas de personnalité, et sauf quelques rares personnes présentant cette anomalie, nous n’avons pas de personnalité multiple, comme monsieur Hyde et le docteur Jekyll.
    Notre corps peut subir des évolutions profondes, notre cerveau garde une image du soi relativement la même.

    Mais ce « soi » se construit lentement : à partir d'environ trois à cinq mois, les bébés savent contrôler leurs mouvements de façon à peu près fiable ; à l'âge de un an et demi environ, ils se reconnaissent dans un miroir. À partir de deux ans, ils savent ce que veulent dire « je » et « à moi » ; dès trois ans, ils donnent un nom aux sentiments qu’ils éprouvent. À la maternelle et à l'école primaire, les comparaisons aux autres permettent à l’enfant de se comparer aux autres, de voir ce qui le différencie, d’avoir une notion de ses capacités et donc de constituer petit à petit son estime de soi. Les adolescents et jeunes adultes acquièrent leur identité personnelle bien définie et mature à travers des rôles sociaux de plus en plus différenciés et au fur et à mesure qu’ils prennent leur liberté et leurs responsabilités hors du nid familial protecteur.

    Les psychologues distinguent le « je » et le soi ».
    Le « je » est l’homme qui agit, qui sait qui il est. Le « moi » (ou « soi »), c’est le contenu de ce qu’il sait : les pensées, les souvenirs, les désirs, les émotions les sentiments. Autre distinction : les émotions sont des états mettant en jeu à la fois corps et cerveau et se traduisant par des effets corporels (rougir, cœur qui s’accélère, sudation, la « peur au ventre », pleurer….). Les sentiments sont la traduction, l’évaluation par l’esprit de ces modifications corporelles et de leurs causes et conséquences.

    J’ai déjà fait des articles sur le « moi » (articles du 28/7/2013, et du 1/9/2009) et sur les conceptions de Freud (ça, moi, surmoi : voir mon article du 23 juillet 2009).
    Je voudrais rajouter cependant quelques notions
    Certains neurobiologistes rajoutent une conscience du soi corporel, qui est en fait presque totalement inconsciente et qui, à tout instant renseigne notre cerveau pour qu’il nous maintienne en vie. C’est le « protosoi », la représentation de tous les états de notre corps, selon le neurologue Damasio. Certains signaux sont conscients, notamment quand il y a dérégulation de notre système de vie ou un besoin (la faim, la soif….)
    La « conscience », ce sont les réactions de nos sens avec l’environnement : nos sensations et la conscience de nos sensations, pour lesquelles le cerveau doit être éveillé (avec quelques cas particuliers comme le somnambulisme).
    Enfin le « soi autobiographique », qui résulte de notre vécu, nos souvenirs, ceux de nos émotions et sentiments, notre savoir, notre expérience, nos réflexions et idées.
Cette partie de nous est très tributaire du langage et c’est ce qui nous différencie des animaux.
    Finalement nous avons d’abord une conscience de notre état corporels et de ses réactions avec l’environnement grâce à nos cinq sens. Et être conscient de soi, c'est pour notre système cognitif être capable de représenter, au second degré, certaines de nos propres représentations, de les expliquer, de les mémoriser, de nous les rappeler et de nous permettre d’anticiper. Mais c’est aussi être capables d’essayer de comprendre de la même façon ce qui se passe en autrui, alors que nous n’avons pas accès à ses représentations corporelles internes.

    Demain j’essaierai de vous montrer quelles parties du cerveau sont impliquées dans cette connaissance et cette action des divers « soi ».
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