Lundi 4 août 2014 à 8:47

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures2/Bioethique01.gif

     J’ai lu sur le « Courrier International », un article de Kate Brian, du Daily Telegraph, qui m’a amusé, mais qui montre aussi les différences de culture et d’habitudes de vie d’un pays à l’autre.
    Je vais essayer de vous le résumer brièvement et j’ai rajouté quelques données sur la loi française dans ce domaine.
    L’article décrit d’abord de grandes salles de banque de Copenhague, où sont rangés de très nombreux conteneurs, véritable usine frigorifique où sont congelés des éprouvettes de sperme. C’est la plus grande banque mondiale. Le patron de cette « Cryos International Sperm Bank », déclare qu’il veut devenir « le McDonald’s du sperme » !!!
    Son pays offre une telle concentration de blonds aux yeux bleus qu'il rêve déjà d'une marque déposée, note le Wall Street Journal. (Cela me rappelle désagréablement les grands ariens blonds d’Hitler !).

    Puis on nous parle d’une jeune homme à la beauté nordique, qui vient donner trois fois par semaine sa semence pour la somme de 45 € chaque fois. Mais ce n’est pas l’argent qui compte le plus pour lui, mais le fait de rendre service.
    Les contrôles sanitaires sont sévères, les donneurs triés sur le volet.
    Un donneur danois peut concevoir jusqu'à 25 bébés. Il peut garder l’anonymat, mais le catalogue donne de nombreuses informations sur les donneurs potentiels : antécédents médicaux, personnalité, études, mode de vie, hobbies, et même des photos de quand ils étaient bébés, mais aucune photo récente, nom ou adresse..

    Les clients de cette banque : plus de 25 pays, mais surtout la Grande Bretagne.
    La demande y est en effet en très forte augmentation depuis quelque années (23% entre 2010 et 2011).
    Les donneurs ne sont pas assez nombreux; le nombre de procréation est limité à 10 et leur rémunération plafonnée à 150 €. Et de plus seul un candidat sur 10 est déclaré apte à être géniteur.
    Alors la Grande Bretagne se tourne vers le Danemark, qui satisfait à une part importante de la demande. Et le Daily telegraph d’ironiser avec un certain racisme : « C’est un peu comme l’invasion des Vikings en l’an 800 ! Bientôt, toutes les adolescentes anglaises voudront devenir jeunes filles au pair, et nos enfants erreront dans les supermarchés en quête de rollmops ».
    Toutefois les lois sont différentes et les donneurs doivent être connus, car leur identité pourra être révélée à leurs « enfants », à leur majorité.
    Ils risquent donc de recevoir beaucoup de courrier dans les prochaines années.

    La banque danoise lorgne sur le marché américain, en se rapprochant de la banque américaine de sperme Xytex, mais le rapprochement a échoué. Xytex, qui fournit des vidéos sur le donneur écoule un tiers de sa production au Canada.
    Alors Cryos va se rabattre sur l’Europe, mais en France le don de sperme est très encadré par la loi bioéthique de 1994.
    La gestion des dons de gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) est régi en France par la Fédération Nationale des CECOS (Centre d'Étude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains), qui regroupe tous les centres publics autorisés à recueillir et à distribuer les paillettes de sperme.
    Le don de spermatozoïdes est volontaire, anonyme et gratuit. Il ne peut être utilisé pour la naissance de plus de 10 enfants. ll n’est possible que pour un couple hétérosexuel en âge de procréer et ne pouvant avoir d'enfant pour causes médicales.
    Le don aussi bien que la demande sont gardés secrets
    Le donneur doit être âgé de moins de 45 ans et doit déjà être père (restriction levée en juillet 2011, selon la nouvelle législation, en attente du décret d'application). Il ne doit pas être porteur de maladies génétiques ou de maladies infectieuses transmissibles par le sperme.
    Le choix du sperme s'effectue en tenant compte des caractéristiques physiques comme la couleur de la peau ou des cheveux et des groupes sanguins du couple receveur., ceci afin d'éviter un trop grand contraste d'apparence physique entre l'enfant et ses parents et ainsi rendre possible le maintien du secret sur le mode de conception.
    Pour le moment, les couples homosexuels ne peuvent avoir recours à la procréation assistée, mais évidemment ils peuvent aller au Danemark et rien ne les oblige à dire comment ils ont conçus leur enfant.
Par Jean Champeaux le Vendredi 7 août 2020 à 6:10
Incroyable ecrit, merci pour ce travail que vous avez fait
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3267698

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast