Vendredi 3 décembre 2010 à 8:23

Enseignement, école, fac

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   Mes correspondantes me racontent souvent que dans leurs devoirs faits en classe, elles avaient parfois l'impression de relire cent fois l'énoncé, sans parvenir à bien comprendre cedont il s'agissait.

Leur pensée était ralentie, et elles ont rendu une copie médiocre. 

Le soir-même,en relisant ce problème à tète reposée, tout a paru extrêmement simple. Comment ne pas avoir trouvé immédiatement la solution ?

“J’étais stressée, je n'ai pas réfléchi, j'ai pris la mauvaise décision.et j’ai perdu en un instant toutes mes capacités de réflexion”, me dit on..


La peur diminue les capacités de réflexion, car elle épuise les ressources de la mémoire de travail, une capacité mentale qui permet de garder à l'esprit simultanément plusieurs données d'un problème. Cette mémoire de travail est située entre le cerveau frontal et le cerveau émotionnel et est composée de deux centres, l’un pour les données sémantiques (les mots) l’autre pour les données sensitives, notamment les images les schémas, les scènes.

Pour aboutir à cette conclusion, des psychologues de l'Université du Michigan ont réuni des étudiants et leur ont distribué des problèmes de mathématiques qui sollicitent la mémoire de travail. 

Les psychologues ont distribué à la moitié des étudiants des formulaires leur indiquant qu'ils risquaient de redoubler leur unité de valeur s'ils n'obtenaient pas un score suffisant à ce test. (les vaches, c’est inhumain lol)

Ces étudiants stressés se sont trompés beaucoup plus souvent que les autres, car leur mémoire de travail tournait au ralenti. En outre, ils étaient sujets au phénomène des pensées parasites: au milieu de leur raisonnement, qui leur faisait oublier le résultat intermédiaire et ils devaient tout recommencer.


Pourquoi la peur perturbe-t-elle la mémoire de travail ? La mémoire de travail est gérée par le cortex préfrontal médian, dont j’ai souvent déjà parlé dans mes articles. La peur stimule le complexe amygdalien, dans le cerveau émotionnel, qui entraîne la libération d'une hormone du stress, le cortisol. 

Le cortisol se fixe sur ses récepteurs dans le cortex préfrontal médian, ce qui inhibe l'activité cérébrale dans cette zone, et perturbe la mémoire de travail.


Face à une situation de danger, ce recul de la mémoire de travail, “intellectuelle”, permet à une mémoire instinctive, la mémoire épisodique, qui stocke tous les événements dans l’ordre chronologique, de travailler à plein régime. C'est elle qui mémorise les circonstances ayant causé le stress, de façon à ce que la personne concernée évite à l'avenir toute situation analogue. 

Ce système cérébral aurait été sélectionné pour soustraire nos ancêtres aux dangers naturels auxquels ils étaient exposés, mais, aujourd'hui, il n'est plus adapté (l’évolution est un phénomène très lent) et pourrait tout au plus conduire les élèves à fuir les salles d'examens ! Malheureusement, c'est bien souvent le cas des élèves qui ne parviennent pas à surmonter la peur de l'événement. 

Or, l'étude a montré que les plus vulnérables sont souvent ceux qui ont la meilleure mémoire de travail. Les systèmes de sélection qui soumettent les candidats à des stress trop intenses, risquent donc de laisser passer les meilleures recrues. Hélas, les organisateurs et exeminateurs de concours ne savent pas cela.


C’est très dificile de lutter contre ce stress car comme vous venez de le constater c’est instinctif et partiellement inconscient.

La meilleure lutte est une bonne préparation, qui vous donne confiance en vous. C’est aussi l’habitude des devoirs en temps limité en classe et des interrogations. On apprend peu à peu à maîtriser son stress. Les prépa scientifiques ont un régime barbare de “colles” toutes les semaines, mais c’est ainsi qu’on s’habitue aux oraux et à y réagir vite et calmement.

Lorsque la peur vous tord les tripes, il faut essayer de refaire fonctionner son cortex préfrontal : s’il lit sans comprendre il faut l’obliger à réfléchir : noter les éléments clés de la dissertation, réécrire les équations à résoudre, faire un schéma logique de la question.

Au besoin fermer les yeux dix secondes, se concentrer et se remettre au travail, avec méthode. Faire travailler sa main et son stylo car il est obligé de faire attention aux mouvements.

Et se répéter qu’on est capable de réussir et non qu’on risque d’échouer.


Et avant l’examen, 

Riez avec des copains, cela vous détendra et vous permettra de vous sentir mieux:Quand vous riez votre organisme produit des endorphines, un opiacé naturel et grâce à elles on se sent bien quand on rit.

Respirez à fond avec votre ventre. Notre respiration naturelle n’est pas suffisante pour l’oxygénation maximale de notre organisme. Quand le stress nous envahit, les muscles de l’abdomen se contractent, les battements du cœur sont plus rapides, nous respirons plus difficilement. La respiration abdominale détend les muscles, calme notre organisme et apporte une meilleure oxygénation. C’est l’anti-stress naturel. Pensez-y devant votre copie…

Mangez ! Votre cerveau a besoin d’aliments (j’ai fait un article sur les besoins du cerveau il y a environ huit jours) . Si vouus l’alimentez mal, votre cerveau puisera ces substances dans vos autres organes. Ne sautez jamais un repas et faites des repas équilibrés ! Surtout en période d’examen, pour bien fonctionner votre cerveau réclame au moins de 120 g de glucose par jour, soit une consommation de 5 g par heure. 

Le plus important ? Le petit-déjeuner… Après le jeûne de la nuit, votre organisme doit refaire le plein d’énergie. Il doit couvrir environ 25 % de vos besoins quotidiens en éléments nutritifs et calories : une boisson pour se réhydrater, par exemple un jus de fruit pour ses vitamines, des céréales (riches en fer et en vitamines) et un produit laitier sucré ou du pain et du beurre, éventuellement de la confiture; des fruits secs (noix, noisettes, amandes…) sont riches en magnésium, qui facilite la transmission d’information dans les synapses et  entre les neurones.

Et n’oubliez pas de sucrer votre café ou infusion, comme nous disait Maud.

Par Yggdrasil le Vendredi 3 décembre 2010 à 11:37
Je me retrouve bien dans cet article dans le sens où j'étais dans un lycée qui nous mettait la pression à longueur de temps, avec des devoirs type bac toutes les semaines (le samedi) et parfois durant des jours banalisés niveau cours (le mardi et le mercredi le plus souvent, pour enchaîner les matières scientifiques). Je pense avoir perdu beaucoup de mes moyens à cause du stress qu'on nous imposait... en gros, on nous répétait bien que ces devoirs étaient coeff 4, de quoi bien faire descendre la moyenne en cas de mauvaise note. Une fois, j'étais tellement paralysée à l'idée d'aller faire un devoir surveillé de physique chimie (la matière que j'avais en horreur pour des raisons particulières...) que j'ai presque supplié mes parents de ne pas m'emmener. Pourtant, si on loupait le devoir du samedi, on y retournait le mercredi après-midi suivant pour le rattraper!

En bref, ils nous imposaient une pression digne d'une prépa - chanceux ceux qui ont des excellents souvenirs au lycée, même en cours - mais pas vraiment dans le bon sens puisque ça tenait souvent plus de la menace du redoublement d'autre chose... je n'ai vu les effets bénéfiques qu'après. En effet, en sortant de ce lycée, dans ma tête rien ne pouvait être pire que lui. Je pense que c'est pour ça que je suis très sereine dans mes études à la fac... le travail exigé en licence n'atteint jamais pour moi ce que j'ai été obligée de fournir au lycée, et puis au moins je fais quelque chose qui me plait.

Le stress des examens, c'est donc fini pour moi! =D Et puis même si ce stress apparait légèrement juste avant une intervention oral, je m'en sers pour me donner l'énergie nécessaire pour donner du dynamisme à ma présentation ^^.
Par lalileloluly le Dimanche 5 décembre 2010 à 12:08
la prépa apprend plutôt que si on a trop de travail vaut mieux pas tout faire et dormir : ) .
Par Lazzi le Mardi 14 décembre 2010 à 0:13
Comment fait-on quand le trac rend idiot, devant un homme/femme qui nous plaît?
Peut-on se préparer à un rendez-vous avec la même méthode ou presque, que pour un devoir?
Doit-on supprimer la spontanéité ? Peut-on la supprimer ?
Comment fait-on quand la personne de nos pensées est aussi imprévisible qu'un orage ?
Comment fait-on quand on sait qu'on pourrait briller de mille feux devant lui, mais que l'on arrive tout juste à produire quelques fades étincelles, les mains moites et le visage rouge?
Comment fait-on ?
Par croque-framboise le Jeudi 16 décembre 2010 à 13:48
J'ai bien connu ce phénomène ! Et c'est rigolo, parce que bien que toujours sujette à ça, le jour du concours de première année de médecine... c'était l'opposé ! Je suis arrivée en stress, incapable d'avaler quelque chose, avec ces espèces de petits "engourdissements", comme une mini-vague de froid dans la poitrine... Je ne sais pas si tu comprends ce que je veux dire...
En tout cas, arrivée à ma table, une fois les copies distribuées, tout s'en est allé. Je me suis penchée calmement sur les énoncés et j'ai calculé, écrit, ressorti les définitions de ma mémoire... Dans ma tête, c'était comme si je me disais : ça ne sert à rien de stresser, de toute façon c'est la dernière chance que tu as de l'avoir ce concours, tu l'as ou tu l'as pas, point. Un peu défaitiste peut-être mais en attendant, j'ai pu me concentrer beaucoup plus que d'habitude !
Maintenant... je stresse moins qu'avant mais il me reste quand même cette mauvaise habitude de me tordre les mains parfois !
Par Brandon le Lundi 6 décembre 2021 à 1:41
 

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