Jeudi 30 septembre 2010 à 8:18

Sciences et techniques

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    Espèce?: Avidien. Genre?: organisme digital. Habitat?: logiciel Avida. Signe particulier?: ne possède pas d’ADN, mais des lignes de code pour seul génome. Voilà à quoi pourrait ressembler la carte d’identité de l’une de ces créatures étranges, développées au sein du département d’informatique de l’Université du Michigan.
    Elles ne sont pas faites d’eau et d’atomes de carbone d’hydrogène et d’azote, mais peuvent néanmoins vivre, se multiplier et s’adapter à leur environnement comme n’importe quel être vivant. Ces « avidiens » appartiennent en fait à la famille des « organismes digitaux », de petits programmes informatiques pouvant s’auto-répliquer, muter et évoluer à grande vitesse au sein d’ordinateurs multiprocesseurs.
   
    Comme je vous l’ai montré dans l’article d’hier, chaque avidien est logé dans son propre microprocesseur possédant une mémoire minimale et avec au départ une puissance de calcul minimale.
    Au départ, par contre chaque avidien reçoit un “génome” un “ADN informatique" composé de quelques lignes de codes. Ces lignes sont presques identiques, comme pour les humains et vont lui permettre de vivre, de se reproduire, d’évoluer dans leur monde virtuel.
    Chaque avidien a son microprocesseur, indépendant de celui de chaque autre avidien, qui possède sa mémoire et une certaine puissance de calcul.
    Ce processeur constitue en quelque sorte le « cerveau » de la créature, et lui permet d’exécuter les commandes contenues dans son génome, un peu comme l’embryon humain se développe à partir des codes de son ADN et des facteurs de croissances en construisant peu à peu son cerveau et son organisme..
    Quelques minutes suffisent pour faire naître et se reproduire des milliers d’individus avidiens sur une centaine de générations, et donc de parcourir des “pseudo-siècles” de l’espèce humaine.

    Les vrais organismes vivants ont besoin d’énergie pour vivre et se reproduire et ils la puisent dans l’air, la lumière, la température et la nourriture.
    Et en général on leur demande dans le monde moderne de “gagner leur vie” en travaillant pour la communauté.
    Les avidiens vont puiser leur énergie à partir de l’électricité fournie à leur micropossesseur et on leur demande aussi de travailler à faire des calculs mathématiques, prescrits par le programme Avida et les modifications qu’ils lui apportent eux mêmes peu à peu.
    Les chercheur ont imaginé un système voisin du “système de récompense” de notre cerveau que je vous ai déjà décrit, lequel est à la base de l’apprentissage et de l’évolution de l’homme.
    S’ils font un calcul intéressant, le programme Avida les récompense en augmentant la puissance et la mémoire de leur processeur, et plus le processeur est puissant, plus les organismes peuvent effectuer de calculs en un temps réduit. Donc plus ils gagnent de l’énergie supplémentaire, et plus ils peuvent se multiplier et évoluer rapidement.
    Le programme Avida convertit tout simplement la lutte naturelle pour la survie en une lutte digitale pour résoudre des équations .

    Par ailleurs, à chaque génération, des mutations aléatoires se produisent dans le « génome » des avidiens : quelques lignes du programme sont modifiées au hasard.
    Comme dans le règne animal ou végétal, ces mutations peuvent provoquer des dysfonctionnements de l’organisme et entraîner sa mort. Mais à l’inverse, elles peuvent aussi engendrer des progrès, et générer des individus plus efficaces que leurs ancêtres.
    Un organisme ayant de "bons gènes", c’est-à-dire un programme capable d’accomplir une évolution fructueuse et rapide, va surpasser les organismes ayant de “mauvais gènes”.
    Dans cette réalité virtuelle, les chercheurs reproduisent ainsi en accéléré plusieurs milliards d’années d’évolution. Et surtout, ils peuvent retracer la descendance entière de chacun des individus, traquer chaque gène, chaque mutation, sans le moindre chaînon manquant.  
    En fait la situation est plus complexe. Car en intelligence artificielle, l’ordinateur a la capacité de modifier dans certaines conditions le programme qui le gère et donc il s’adapte comme l’être humain le ferait.
    Ce sont donc ces adaptations plus les mutations qui interveinnent et qui, si elles sont en définitive bénéfiques, permettent la survie des avidiens (depuis environ 10 ans d’études).
    Je vous en donnerai quelques exemples dans l’article de demain.

    Les chercheurs ont montré ainsi que Darwin était un être génial car ses conclusions sont confirmées par le comportement des avidiens : les comportements complexes sont bâtis à partir de comportements initiaux plus simples, par un apprentissage et la sélection des comportements bénéfiques pour l’évolution de l’espèce.

Par cocorolo le Vendredi 14 janvier 2011 à 19:17
L'expérience en est elle même n'est pas neutre. Il s'agit ni plus ni moins d'une projection de notre comportement, il aurait été intéressant de développer des groupes indépendants d'avidiens au sein d'ordinateur différents et de voir si une interaction s'opère et quelle sont ses effets. Ici l'expérience place l'avidien dans une situation telle , de part l'ingérence de l'homme qui donne la récompense, qu'elle s'en retrouve tronquée. L'action de l'homme est bien trop importante pour que l'on puisse parler d'un développement autonome car celle-ci influe sur la direction de l'évolution de manière trop prévisible.
 

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