Dimanche 27 mai 2007 à 20:55

Adolescence



    Troisième besoin, celui du dialogue et de la communication, d'abord avec les parents, ensuite avec les camarades, enfin avec les professeurs.

     Paradoxalement, au temps de la télévision, du téléphone mobile et d'internet, ce facteur s'est considérablement détérioré. Les parents n'ont plus le temps, les grands parents sont loins, les camarades sont souvent égoïstes et susceptibles et ont leurs propres problèmes, et les professeurs ont déjà bien des difficultés à exercer leur métier.
     Et pourtant ce n'est pas si difficile, si j'en juge par tous les mails que j'échange avec vous, et toutes les peines et ennuis que vous m'avez confiées et qu'on a essayé de résoudre ensemble. Mais c'est vrai qu'il faut en prendre le temps.
     Je pense que pour beaucoup d'entre vous, l'écriture de votre blog correspond aussi au besoin de dialogue.

     Quatrième besoin celui de la confiance.
     Elle est inconditionnelle et ne saurait s'accompagner de réserves. Celui qui accorde sa confiance peut “passer un contrat” avec des clauses qui doivent être respectées par les deux parties, mais ensuite il doit renoncer à diriger et examiner en détail le comportement et les actes qui en résultent, et ne doit veiller qu'au respect général du contrat.
 (c'est le principe de la délégation en entreprise)
     Le jeune peut ainsi acquérir une confiance, une estime de soi, prendre les risques raisonnables et utiles qui lui apportent une certaine expérience et acquérir une certaine autonomie. Le “contrat” le protège contre les risques trop grands qu'il pourrait prendre. et c'est pour cela qu'il faut qu'il le respecte.
     Dans les discussions que j'ai eu avec vous, j'ai rarement entendu parler d'un tel”contrat” mais plutôt soit d'une surveillance tatillonne, soit d'un laxisme sympathique, mais dangereux.
     Je me rappelle pourtant, quand j'avais16 ans, et que je faisais une prépa scientifique, seul à Paris, alors que mes parents habitaient le sud-ouest, mon père avait discuté avec moi un tel “contrat”  que j'ai toujours respecté. Cela ne me pesait pas et j'avais une liberté très suffisante, mais ces règles étaient pour moi un garde-fou contre les catastrophes.

     Cette confiance va avec un autre besoin, celui d'autonomie
     Mais autonomie ne doit pas être confondue avec liberté totale et désintérêt de ce que fait le jeune. Toute l'éducation devrait être tournée vers elle : éduquer, ex ducare en latin, c'est conduire vers la sortie, c'est à dire vers l'autonomie d'adulte.
     Souvent les différents entre parents et enfant viennent de ce que ce besoin d'autonomie n'est pas suffisamment accordé..
     Mais l'autonomie suppose aussi que l'on s'intéresse à ce que fait l'adolescent et, ne plus s'occuper de lui sous prétexte qu'il doit être autonome, est encore pire. Certaines d'entre vous semblaient  beaucoup souffrir d'un tel désintérêt.
     Le contrat dont je viens de parler est un moyen de donner cette autonomie, et ensuite il faut s'intéresser aux actes, mais uniquement pour voir le contrat est respecté, et aider le jeune à maîtriser les problèmes et l'encourager quand il réussit.

     Au fur et à mesure que l'ado devient adulte ce besoin d'autonomie d'accompagne de ou se transforme, en besoin de responsabilités, de ses sentir utile dans son environnement.
     Le cerveau de l'ado n'est pas habitué à prendre des responsabilités et il faut l'aider à s'entraîner. Le faire participer à certaines tâches des parents, le responsabiliser vis à vis de ses frères et soeurs s'il en a. Lui donner des “tâches” à imaginer puis à réaliser, au besoin en équipe, tel la mise en scène d'une pièce de théâtre, la réalisation d'un site internet, l'organisation d'une “chasse au trésor”, l'organisation et la direction d'une junior-association....
     Beaucoup d'entre vous me disent ne pas avoir confiance en eux ou en elles et se sentent inutiles, et j'ai toujours peur de ne pas arriver à vous rendre cette confiance en vous car je ne peux que vous donner des conseils et je ne peux pas vous “confier des responsabilités”

     Enfin septième besoin qui n'est pas le moindre, le besoin d'espoir. Enfant, ado, adulte, qui n'a plus d'espoir vit dans le désespoir.
     L'espoir c'est la confiance en soi, c'est croire en son avenir, c'est arriver à trouver sa voie.
     Les adultes se doivent d'aider le jeune qui doute ainsi de lui même, d'une part en lui montrant qu'on a soi même des projets, des convictions, la volonté de parvenir à ses fins et de rechercher les moyens pour cela.
 Puis il faut l'aider, tout en le laissant libre de ses choix, mais en essayant de lui fournir les renseignements en notre possession, les éléments de décision dont il pourra se servir. Il faut aussi lui faire prendre conscience de ses défauts mais surtout de ses qualités et de ses goûts pour qu'il puisse s'orienter au mieux, dans son métier, mais aussi dans sa vie et dans ses relations avec les autres.
     Il faut l'aider à rêver, puis à voir ce qui n'est pas une utopie dans son rêve, puis à construire son projet, et enfin à prendre conscience des moyens et des efforts pour le réaliser.
     Cela m'est arrivé souvent de discuter avec mes correspondant(e)s de leur avenir et, si j'espère les avoir aidé(e)s j'ai trouvé cela non seulement intéressant, mais même enrichissant pour moi.

     Tout ce que je viens de vous expliquer, c'est ce que pense un vieux grand père sur les relations entre jeunes et anciens.
     Alors j'aimerais savoir ce que vous en pensez, vous les jeunes.



Par qui-ca-interesse le Mardi 29 mai 2007 à 20:19
Juste un petit commentaire avant le mail, puisque tu demandes notre avis. En grande partie, tu as raison. Je pense que pour la majorité des ados, ce sont les principaux besoins. Cependant, tu parles du besoin de responsabilité. C'est un besoin tellement paradoxal à l'adolescence! L'ado sent en effet le besoin de se responsabiliser, d'essayer d'arriver à un niveau comparable à celui des parents. Mais en même temps, le confort quand les parents font tout est tellement agréable. Aussi, il faut pour commencer que l'ado prenne la responsabilité de prendre ses responsabilités (lol), ce qui est difficile quand les parents ont pression pour qu'il la prenne...
sinon, je suis tout à fait d'accord avec toi
Par les-mots le Mercredi 30 mai 2007 à 19:29
Y a pas à dire, ce concept est bizarre. Je suis ici vraiment pas hasard, je n'ai pas l'habitude de regarder les autres blogs. J'ai lu les deux premières pages, je n'ai pas le temps de continuer, mais je le ferai, ça m'intrigue. Un commentaire inutile je l'avoue, mais c'est fait.
Par Le-Chat-De-Chester le Jeudi 31 mai 2007 à 17:10
Et bien je vais vous dire: pour un "vieux grand père", vous pensez très bien!
Par Rhum le Dimanche 3 juin 2007 à 15:52
"éduquer, ex ducare en latin, c'est conduire vers la sortie, c'est à dire vers l'autonomie d'adulte."

Je pense que c'est la notion la plus importante de votre article.

Romain 19 ans, encore assisté par ses parents.
Par souriredelune le Lundi 9 juillet 2007 à 16:29
Conduire vers la sortie ! Oh ...oui :)
Pensez-vous réellement de ma sorte ? Si c'est le cas, tout n'est peut-être pas perdu. Vous avez raison. J'ai simplement tendance à croire que même ici, l'espoir s'achète, des fois. Je pense que les gens ont beaucoup trop tendance à s'entourer, et quand on prend le temps de faire le tri, c'est incroyable le nombre de futilités dont on se pare ; pour rejoindre votre idée de la communication. Aujourd'hui, je suis blasée, et la question que je me pose parfois est si certaines personnes sont capables d'aimer pour ce que l'on est. Et ce que l'on n'est pas. Sans démesure. Pour rejoindre votre idée de l'espoir.
 

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