Jeudi 15 septembre 2016 à 9:38

Psychologie, comportement

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Un de mes correspondants qui avait un bureau individuel vient d’être transféré dans un bureau collectif que l’on appelle maintenant, avec cette manie anglo-saxone, un « openspace ». Il me demande si j’ai connu cela autrefois et ce que j’en pense.
    Je n’ai jamais travaillé dans ce qu’on appelait alors un « bureau paysager » (c’était un nom plus joli, inventé en 1950 par des industriels allemands, mais le bureau avait les mêmes inconvénients !), et il y en avait dans mon entreprise. Mais cela fait 20 ans que je suis en retraite, alors mon expérience est un peu vieille, mais je vais vous dire ce que j’en pense.

    D’abord pourquoi faisait on un tel espace commun?

    Raison économique d’abord : le nombre de mètres carrés accordés à un bureau est très supérieur à l’espace accordé à une personne dans le bureau paysager. Les espaces de circulation sont aussi plus restreints. On passe de 12 à 16 m2 par personne à 8 à 9 m2.
    C’est aussi un espace plus flexible, puisqu’on peut modifier l’agencement sans être obligé de modifier des cloisons.
    Les installations de chauffage et de climatisation sont moins onéreuses.

    Problème de communication entre les personnes : on suppose qu’elle est améliorée par la proximité des espaces de travail.et donc l’échange d’informations.
    Certains utopistes avaient même, à l’origine, pensé raccourcir les liaisons hiérarchiques et les rendre plus facile en mélangeant cadres et employés.

    Un souci de discipline et de contrôle n’était pas exclu, la vue permanente des uns sur les autres évitant de dormir, de jouer sur son ordinateur, ou de téléphoner aux copains.

    Il s’est avéré que ces espaces avaient autant d’inconvénients que d’avantages. 
Le principal inconvénient était le bruit et d’énorme difficultés pour recevoir des visiteurs ou téléphoner. Impossibilité pour les cadres de discuter avec ses subordonnés, encore plus lorsqu’il y avait problème ou faute. Plus le bureau paysagiste contient de personnes, plus le bruit est important.
    La réflexion n’est pas non plus facile dans ce bruit.
    Très vite on a redonné des bureaux aux cadres, éventuellement en faisant un bureau vitré dans l’espace commun.
    L’atmosphère commune n’est pas non plus favorable à la santé : les germes microbiens circulent d’un poste à l’autre et les maladies sont beaucoup plus fréquentes notamment l’hiver.
    Les bureaux paysagers ont à l’origine été construits pour des tâches techniques comme des bureaux d’études ou d’approvisionnement, dans lesquels on dispose d’ordinateurs. L’évolution de la messagerie a diminué l’usage du téléphone ainsi que les visites de personnes externes.

    Les bureaux paysagers devaient augmenter la coopération et les échanges entre personnes y travaillant. Cet objectif était plus important dans les années 80 où la messagerie n’existait pas.
    En fait il apparait que si certains échanges sont accrus, des échanges non utiles et désirés le sont aussi, perturbant le travail. Entre ces échanges et le bruit, il est très difficile de se concentrer pour réfléchir et le travail est en général plus fatigant dans ces bureaux communs. On a constaté une baisse de rendement et des erreurs plus nombreuses et un absentéisme plus grand, augmentant jusqu’à 50% supplémentaires.
    Le fait d’être « sous la surveillance des collègues » déplaît aussi. D’autre part vous partagez l’espaces avec toutes sortes de collègues, certains sympathiques, d’autres envahissants, des gens normaux et des originaux. Certains ne sont pas faciles à éviter et  votre tranquillité en souffre.
    D’ailleurs les personnes que l’on fait passer d’un bureau individuel à l’open space, sont en général très mécontentes de ce changement.

    Aucune étude n’a pu à ce jour montrer l’efficacité des openspace, sauf pour de très petites équipes nécessitant la présence d’experts dans des domaines différents sur un même projet, dans des startups notamment. Mais ce n’est plus un bureau paysager mais un simple grand bureau où travaillent quatre ou cinq personnes sur un projet commun.
    Les openspaces évoluent pour diminuer ces inconvénients : on lutte contre le bruit en installant des cloisons amovibles, dont le bas est opaque et le haut vitré ce qui permet une certaine intimité et une meilleure possibilité de concentration. Les personnes assurant l’encadrement  gardent en général un bureau séparé clos, avec éventuellement une vitre ouvrant sur l’openspace.
    Mais aujourd’hui la justification de ces bureau paysagers n’est plus qu’économique au plan de l’investissement et de l’entretien, et sa rentabilité est contestable par la baisse de rendement et l’augmentation d’absentéisme qui est engendré par les inconvénients de la promiscuité.
Par jazz le Samedi 17 septembre 2016 à 11:46
un musical coucou Jean-pierre
te proposant de nouvelles découvertes sur "jazz"
bon w end et A+ du troubadour Emmanuel
 

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