Mardi 23 octobre 2012 à 7:47

Biologie, santé.

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              J'ai parlé hier de l'autisme en général; j'essaierai aujourd'hui de connaître ses causes initiales.
 
Les causes de l’autisme ne sont pas à ce jour totalement élucidées.
 
L'hypothèse des années 50, selon laquelle de mauvaises relations entre les parents et leurs enfants pouvaient en être responsables a été abandonnée et est remplacée par un faisceau d’explications d’ordre génétique, biochimique, immunologique et traumatiques.
L'action suspectée du mercure contenu dans certains vaccins (utilisant un conservateur le "thiomersal", a également été rejetée.
 
           D'après de nouvelles recherches publiées dans la revue Nature du 9 juin 2010, (analyse du génome entier de 1 000 personnes présentant des troubles liés à l'autisme, et de 1 300 personnes témoins), des mutations affectant certains gènes pourraient influencer la survenue de l'autisme. Les résultats mettent en évidence des insertions et des suppressions de très courtes séquences d'information génétique chez les personnes autistes.
             Mais on n'a pas mis en évidence des anomalies génétiques communes à toutes les personnes atteintes d'autisme, ce qui n'a rien d'étonnant étant donné la multitude de manifestations différentes de ce que l'on appelle maintenant le "spectre autistique.
Parmi les modifications, on trouve souvent celles des gènes qui codent le développement des synapses, et d'autre part une mauvaise duplication du chromosome 15, qui devrait être constitué d'une moitié venant du père et une moitié venant de la mère et qui comporte, chez les autistes, des séquences supplémentaires.
          Certaines modifications pourraient être épigénétiques et ne se produire que à la suite de traumatismes ou d'événements particuliers, entraînant l'expression de ces gênes présents chez certains enfants.
          Des chercheurs de Melbourne auraient mis au point en 2012, un test portant sur 237 marqueurs génétiques de 146 gènes impliqués dans les troubles autistiques : soit ces derniers contribuaient au développement des TSA; soit, au contraire, ils en protégeaient, ce test mesurant à la fois les marqueurs "protecteurs" et les marqueurs "inductifs".
Ce test, essayé sur des "populations témoins" s'est révélé exact sur 71,7 % des individus de type européen et 56,4 % des cas seulement sur les personnes chinoises.
D'après le Journal of Neuroscience, des chercheurs anglais auraient mis au point en 2010 une méthode de diagnostic par imagerie (IRM) de l'autisme chez les adultes, dont la fiabilité dépasserait 90 %. Les recherches se poursuivent pour l'étendre aux enfants.
 
Une hypothèse formulée par certains chercheurs est  une anomalie de formation "in utero", due à  une "masculinisation" du cerveau, liée à une action de la testostérone et du chromosome Y. Ces différentes actions inhiberaient les potentiels de communication (échanges visuels et parole), qui se traduirait par l'enferment dans son monde de l'autiste, l'action nocive des hormones pouvant se déclencher dès le stade foetal (lorsqu'elles sont secrétées par la mère) ou plus tard lors du développement de l'enfant. Si cette hypothèse se confirmait, il serait alors possible de dépister un excès d'hormones mâles lors de la grossesse, voire de traiter l'enfant.
 
          Récemment, l'équipe d'Eric.Courchesne, de l'université de Californie, a trouvé un nombre de cellules neuronales supérieur de 67 % à la normale, dans le cortex préfrontal de sept garçons autistes.
Selon ces neurobiologistes, on remarque souvent chez les autistes un faible périmètre crânien à la naissance, suivi par une augmentation brusque et excessive de ce périmètre pendant la première année de la vie; ce serait une défaillance des processus impliqués dans la régulation de la production ou l'élimination normale (l'élagage) des neurones durant la fin de la grossesse et la toute petite enfance, qui aboutirait à une surabondance des neurones corticaux.
          Ces derniers sont fabriqués avant la naissance, ce qui suggère que les troubles autistiques serait à l'origine in utero comme on l'a dit précédemment. utero.
 
            On constate donc qu'on connaît mal les causes initiales de l'autisme, ce qui n'a rien d'étonnant vu les cas très différents que recouvre cette appellation.
            Les conceptions, de l’autisme ont considérablement évolué. Il est maintenant admis qu’il répond à des facteurs
de développement neurologiques avec des troubles cognitifs spécifiques, et que la génétique joue un rôle clef dans la pathogénie.
            La recherche s’efforce d’établir les correspondances entre les différentes approches, ainsi que les liens entre facteurs physiologiques neurologique et aspects comportementaux des troubles autistiques.
            En particulier la neurobiologie a identifié des anomalies au niveau du fonctionnement physiologique du cerveau et c'est ce dont je vous parlerai après-demain, après un intermède, demain , de photos d'un superbe jardin fleuri.
            En effet l'autisme, qui apparaît dans les livres de médecine comme une "maladie", est certes un handicap qui peut être très sévère, mais ne correspond pas à une déficience du cerveau, comme dans les maladies mentales, mais en fait à un fonctionnement différent, inadapté aux habitude du monde actuel, et qui isole l'enfant dans un monde à part : le sien. Le problème n'est donc pas de soigner une maladie, mais d'adapter l'éducation et l'environnement aux spécificités de fonctionnement du cerveau autiste, pour lui permettre de s'adapter en partie à notre monde.
Par pakita le Mardi 23 octobre 2012 à 20:39
Ouais ben, comme d'hab quoi :-)
On nous a tellement baladés dans des suppositions plus ou moins farfelues qu'on a finit quant à nous par ne plus vraiment lire les multiples études qu'on nous balance pour nous faire patienter.
Ce qui fait peur, c'est qu'un jour certains vont vouloir tripatouiller dans le cerveau de nos gosses pour voir, pour vérifier...
Et si en attendant, pendant qu'on laisse nos chercheurs travailler tranquils, on nous proposait de vraies prises en charges ? :-)
Par Christine le Mercredi 24 octobre 2012 à 9:50
Merci beaucoup Jean Pierre pour ces deux articles sur l'autisme. Je pense à mon petit voisin Julien autiste profond placé dans une structure en Belgique. Quand je promenais Julien avec sa maman mon Dieu que de regards craintifs, méprisants de la part des gens, l'autisme reste en France encore trop méconnu, 1 médecin sur 3 ne connaitraient pas la pathologie !!! et le manque cruel de structures d'accueil en France pour les autistes adolescents et adultes !!!???
 

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