Mercredi 21 mai 2014 à 7:38

Libertés et règles

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J’avais dit ce que je pensais du problème des homosexuels et du mariage pour tous. Vous pouvez retrouver les articles dans la catégorie correspondante.
    Mais je pense que pour cette raison, des correspondantes me demandent ce que je pense de la procréation médicale assistée, la PMA.

`    C’est un sujet difficile mais je vais vous répondre quand même, mais avec une réserve : je connais plusieurs couples homosexuels et certains ont des enfants. Donc je peux en parler. Je n’ai connu qu’un couple ayant eu recours à la PMA, et un  couple à la fécondation in vitro, (FIV), et ils étaient hétérosexuels. Je serai donc plus prudent, car je n’ai pas une expérience suffisante.

    D’abord il faut bien s’entendre sur les termes et ce qu’ils recouvrent.
    La FIV est une pratique médicale courante puisque plus de 12 000 enfants naissent chaque année en France en ayant recours à  cette méthode. Elle est pratiquée quand une femme n’arrive pas à avoir un enfant parce que la  fécondation qui devrait avoir lieu dans les trompes de Fallope entre l’ovaire et l’utérus, ne se fait pas pour des raisons très diverses, y compris une moindre résistance des spermatozoÏdes.
    Pour que la fécondation ait lieu, il faut en effet que la trompe ait pu capter l’ovocyte au moment où il est libéré, qu’elle le fasse progresser au moyen de petits mouvements de ses plis (l’ovocyte est, en effet, incapable, à la différence des spermatozoïdes, de se déplacer seul). Il faut également qu’un nombre suffisant de spermatozoïdes mobiles capables de remonter depuis le col utérin jusqu'à la trompe après avoir traversé l'utérus.
    En général, en cas de stérilité, on commence par un traitement pour stimuler l’ovulation, puis on peut injecter des spermatozoîdes dans la trompe, et sans résultats, on peut alors envisager la FIV.
    Les ovocytes, contenus dans des follicules, sont stockés dans les deux ovaires, et, à partir de la puberté, chaque mois, un ovocyte va en effet terminer sa maturation cellulaire au sein d'un follicule et être expulsé de l'ovaire, tandis que d'autres follicules, qui auront repris leur développement au même moment, vont stopper automatiquement leur croissance et disparaître.
    Pour les besoins de la FIV, on va stimuler grâce à des médicaments l’ovulation pour disposer de plusieurs ovocytes vont être ponctionnés par les voies naturelle sous anesthésie locale.
    Ces ovocytes sont mis en présence des spermatozoïdes (entre 10 000 et 100 000, le plus souvent du compagnon de la femme) au sein d’un milieu de culture, dans une boite de verre, dans un incubateur à 37 d°C.
    Deux jours après la ponction, les embryons comportent en moyenne quatre cellules ou blastomères. Ils peuvent alors être transférés dans la cavité utérine mais, de plus en plus fréquemment, leur culture est poursuivie in vitro durant un à quatre jours supplémentaires. Ceci permet une meilleure sélection des embryons qui favorise les chances de grossesse, et s’assurant par ailleurs qu’il n’y a pas d’anomalie génétique.
    L’enfant conçu par FIV est donc de même nature qu’un enfant conçu naturellement par le père et la mère.

    La PMA, au plan médical, regroupe toutes les méthodes de procréation assistée, y compris la FIV. Mais dans la polémique politique actuelle, elle désigne une insémination artificielle pratiquée par un médecin, par le sperme d’un donneur autre que le compagnon, et elle est donc réservée à des femmes dont le compagnon est stérile.
    Elle pourrait donc être utilisée par une femme seule ou un couple de femmes homosexuelles.
    C’est donc un acte médical très banal où l’homme est remplacé par une seringue et où le sperme provient d’un donneur, qui en principe n’est ni choisi, ni même connu. L’enfant ne connaîtra donc pas son vrai père au sens géniteur, mais il sera en fait élevé par le compagnon de la mère.

    La polémique qui est actuellement soulevée entre le gouvernement et l’opposition avec des groupes intégristes catholiques qui attisent le feu, est en fait un faux problème, posé par la coutume juridique actuelle. C’est d’ailleurs en partie vrai pour l’adoption.
    Quand un couple où l’un est stérile a recours à un don de sperme, tout est fait pour simuler une procréation du couple et le droit et l’habitude sont faits pour cacher le don et faire passer le mari stérile pour le géniteur de l’enfant.
    C’est peut être mieux pour l’enfant sur le moment, mais à condition qu’il ne le sache jamais, car alors la découverte sera le plus souvent une torture. En fait la plupart du temps, cela est fait pour cacher la stérilité du mari.
    Le mensonge de pseudo-procréation charnelle est devenu presque un rite sociétal et le fait que deux femmes recourent elles aussi à un donneur apparaîtrait alors comme une sorte de "scandale ontologique ».
    Tout serait simple et sans scandale si, à la place de cette disposition la France avait, comme la plupart des pays voisins, une habitude responsable, de reconnaître que depuis un demi siècle, un enfant peut naître de la coopération de trois personnes : un couple d’intention (les futurs parents) et un donneur d’engendrement (qui ne sera jamais un parent) et que la situation soit expliqué comme naturelle à l’enfant, lorsqu’il sera en âge de comprendre. Cela n’enlève rien au père qui l’a élevé. Avoir des spermatozoïdes qui ne sont pas assez résistants, c’est moins grave qu’un diabète ou une faiblesse immunitaire.
    Le problème est aussi de savoir si la loi doit permettre à l’enfant de connaître son vrai géniteur. Je suis plus réservé, car finalement ce donneur n’a pas fait plus que de donner son sang et on ne va pas à chaque fois qu’on vous fait une transfusion, vous dire qui vous devez remercier.
    Donc, pour moi, alors qu’une femme an couple (et pas forcément mariée) avec un homme, peut avoir recours à la PMA, je ne vois pas pourquoi une femme identique ne pourrait y avoir recours sous prétexte que son compagnon est du même sexe.
    C’est à nouveau un procès moral de l’homosexualité, comme au temps de l’Inquisition.

    Troisième problème, la « gestation pour autrui » (GPA), qui est le problème des mères porteuses, et celui des femmes qui, ne pouvant avoir d’enfant, le font faire contre rémunération par une autre femme, inséminée par le mari, ou, dans certains cas, ayant recours à une FIV l’ovocyte étant celui de la mère fécondé par le mari en éprouvette.
    Trois choses me gênent dans ce problème :
    La première c’est que c’est un service payant, et je crains donc que les mères porteuse ne soient obligées d’avoir recours à cette solution que parce qu’elles sont dans une situation financière catastrophique et n’ont pas de travail permettant de subvenir à leurs besoins. Je ne crois pas qu’elles fassent cela de gaîté de cœur.
    Le deuxième point est qu’on ne porte pas en soi un enfant pendant 9 mois (même si ce n’est pas son ovule), sans s’attacher à lui. C’est un amour commandé par les hormones, même si on s’en défend sentimentalement. Donc c’est une souffrance pour la mère porteuse dont le couple se fiche éperdument : il a payé, acheté cet enfant.
    Troisième raison : l’adoption cela existe : bien sûr ce n’est pas un enfant issu de son sang, mais on peut en partie le choisir et surtout son avenir dépend à 80% au moins de l’éducation qu’on lui donnera. Certes il peut avoir des problèmes de santé (mais votre enfant avec votre ADN aussi), mais par contre on ne naît pas délinquant, on le devient par éducation et fréquentation.
    Je suis donc contre la GPA, que ce soit pour un couple hétéro ou homosexuel, par contre les formalités d’adoption pourraient être simplifiées et surtout plus rapides, tout en évitant tout trafic d’enfant.

    Voilà donc mon opinion; sans doute soulèvera t’elle quelques critiques, mais je suis prêt à en discuter, si vous le souhaitez.
Par JACk-sCEPTikE le Mercredi 21 mai 2014 à 11:23
Pour ce qui est de la PMA chez un couple de femmes homosexuelles, je ne sais pas vraiment quoi penser, mais je sais ce que je ressens.

Je crois assez fort en le rôle de chacun des parents (père/mère différents !) dans un développement harmonieux de l'enfant (L'évolution du rôle de la femme dans le couple et la société, et donc un "décalage" du rôle père/mère explique sûrement selon moi beaucoup de 'déficiences' de notre génération).
J'espère ne pas entendre les féministes intégristes râler (celles qui voudraient avoir un zizi à la place de...) : nier les différences entre homme et femmes relève pour moi de l'obscurantisme. Attention, il ne s'agit cependant pas de différences hiérarchisantes, mais de complémentarité.

Alors oui, je pense que ce besoin de deux parents complémentaires (un masculin et un féminin) pourrait constituer un argument contre la PMA dans les couples homosexuels, mais également contre l'adoption.

Après c'est du ressenti pur, je ne connais aucun couple homosexuel avec des enfants (d'ailleurs assez peu de couples avec enfants tout court) et je n'ai pas connaissance d'éventuelles études sur le sujet.

Et comme j'aime bien les scénari complètement burlesques :
Quand dans une petite centaine d'année un savant complètement frâlé mettra au point un utérus artificiel implantable pour que les hommes homosexuels puissent avoir des enfants "de leur sang" ? Je vois pas pourquoi les femmes pourraient être enceintes et pas les hommes, c'est injuste... oui m'enfin......

Pourquoi ne pas arrêter la folie et rester simple.
Des couples qui ne peuvent pas concevoir d'enfant.
Des centaines d'enfants qui crèvent de manque d'affection à la DDASS...
Ca vous parle ?
 

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