Lundi 17 décembre 2007 à 15:00

Eveil, sommeil, rêves




    Bien que beaucoup de psy appliquet encore les théories de Freud, celles-ci sont tout à fait périmées, à la umière des connaissances de la neurobiologie actuelle.

    Voyons d'abord les notions générales de psychologie, indépendamment du rêve. Que nous apprends la neurobiologie ?

    L'inconscient existe, mais il est différent de la conception qu'en avait Freud.
La mémoire stocke d'abord inconsciemment pour des temps courts toutes les informations de perceptions que nous enregistrons tous les quarantièmes de seconde (voir mon précédent article).

    Nous pouvons garder en mémoire des souvenirs, par exemple des images que nous n'avons pas conscience d'avoir vues, des paroles ou des mots que nous n'avons pas le souvenir d'avoir entendues ou lus. C'est en particulier ce que l'on appelle les “perceptions subliminales” (au dessous du seuil de perception conscient) utilisées parfois par la publicité (bien que ce soit interdit) et les services secrets.   
    Certains souvenirs sont gardés par notre mémoire, se déforment dans le temps et s'ils nous ont “traumatisés”, ne sont pas facilement évoqués, bien que nous nous en souvenions en faisant un très gros effort. C'est une sorte de refoulement, mais il n'est pas inconscient.Et la plupart de ces "difficultés de mémoire" ne sont pas d'ordre sexuel.
    Il y a aussi des “blocages” : le cerveau émotionnel peut intervenir au passage sur les ordres donnés par le cortex qui réfléchit, soit à d'autres parties du cerveau, soit à notre corps. S'il a été traumatisé il peut systématiquement bloquer certaines réactions ou certains sujets que nous ne voulons pas évoquer. C'est assez proche de la censure de Freud, mais la plupart de ces blocages ne sont pas non plus d'ordre sexuel.
    Notre inconscient nous “trompe” parfois en nous donnant de fausses raisons de nos actes pour nous protéger. C'est effectivement proche du “déplacement” de Freud, mais sur de nombreux sujets très divers.

   
L'inconscient de l'enfant n'a pas plus d'aptitude que l'enfant lui même, contrairement à ce que pensait Freud et l'enfant ne peut donc, comprendre dans son inconscient, plus que ce qu'il ne comprend consciemment.
    L'enfant n'a pas de vrais désirs sexuels avant la puberté
(sauf évidemment si on le conditionne par des lectures). Il y a certes notamment à l'adolescence des divergences et des heurts entre parents et enfants, les filles s'entendent souvent mieux avec leur père et les garçons avec leur mère, il peut y avoir une certaine rivalité entre parents et enfants dans la famille, mais ces problèmes ont la plupart du temps bien d'autres causes que les problèmes sexuels et les refoulements systématiques d'inceste et d'anthropophagie ne correspondent pas à la réalité et ne sont constatés que dans des cas très particuliers.
    Freud a tiré des conclusions générales (d'ailleurs niées par ses psychiatres et amis Jung et Adler) de l'observation de malades sexuels de Vienne et peut être de son propre cas personnel.

    Par exemple lorsqu'une très petite fille de 3 ou 4 ans dit  “je vais me marier avec mon papa”, les psys qui y voient un complexe d'Oedipe, sont dans l'erreur. L'enfant aimerait rester avec son père comme sa maman, mais il ne faut pas y voir un complexe sexuel, chez un enfant de cet âge pour lequel toute réaction d'ordre sexuel est physiologiquement impossible, l'hypothalamus n'étant pas encore développé complètement.
   
    Les neurones “phi” de stockage des pulsions n'existent pas. Les neurones ne stockent rien, excepté le glucose nécessaire à quelques minutes de fonctionnement ou des neurotransmetteurs chimiques. Ils transmettent simplement des informations et ils établissent de très nombreuses connexions entre eux (environ 10 000 /neurone en moyenne).
    L'information est constituée e connexions en de multiples neurones.

    Voyons maintenant le différences concernant le rêve, mais notons que par ce mot, nous désignons aussi la production d'images mentales virtuelles, sans qu'il y ait conscience de ces images et surtout mémorisation.
    On sait par exemple (grâce aux électroencéphalogrammes) que les animaux produisent des images mentales  virtuelles pendant leur sommeil, mais rêvent ils à leur réveil ? Scientifiques ou psys n'ont jamais réussi à faire raconter ses rêves à un singe, un chien ou un chat !!!
   
    Le rêve n'est en aucun cas le gardien du sommeil, comme l'affirmait Freud.
    La répression des désirs n'est pas la cause du rêve : L'activité automatique et périodique des neurones du tronc cérébral et de l'hypothalamus est responsable du sommeil et de ses phases et on en connaît le mécanisme.
    Le rêve n'est pas seulement psychique, il a une base neurobiologique : la physiologie moderne sait où, quand et comment une activité psychique se produit. On sait cartographier le cerveau et visualiser les zones actives, la consommation d'énergie et d'oxygène :
        • pendant le sommeil lent, le cerveau fait des réserves de glucose, synthétise certaines protéines et évacue lentement certains souvenirs superflus.
    Le cortex frontal est peu actif et il y a peu de mémorisation.
        • pendant le sommeil paradoxal, les neurones consomment glucose et oxygène en grande quantité. Le cortex frontal est légèrement actif et il y a une forte activité de “mise à zéro” de la mémoire en évacuant des souvenirs vers les centres d'interprétation des perceptions créant ainsi les “perceptions mentales virtuelles".
    Le sommeil “léger “ de Freud n'existe pas.
    Le sommeil paradoxal est la base physiologique du rêve. Cette hypothèse, émise dès la découverte du sommeil paradoxal, a été confirmée par diverses constatations et par une preuve expérimentale : La suppression médicamenteuse du sommeil paradoxal supprime les souvenirs de rêves, sans altérer la fonction mnésique. Ainsi le sommeil paradoxal et le rêve sont indissociables.
    La fonction mnésique est liée à un éveil cortical, absent du sommeil lent. et n'intervient lors du sommeil paradoxal qu'à l'occasion de multiples “microréveils”.
    Le rêve est indépendant des besoins instinctifs : Les enregistrements du comportement onirique du chat montrent qu'il n'est pas influencé par la faim, par la soif ou quelque autre besoin instinctif réprimé.
    Le rêve existe chez les mammifères et les oiseaux depuis des millions d'années. Quand un chat rêve et que l'on observe son comportement onirique, il reproduit les comportements instinctifs spécifiques de l'espèce : attaque, défense, toilette, postures de chasse. Mais il n'a jamais raconté ses rêves !!

    Chez les humains, le rêve existe avant les premiers désirs instinctifs du nourrisson et ses refoulements éventuels. Le foetus in utero est en état de "rêve" presque permanent,
      Au moment de l'accouchement, le nourrisson dort et a une activité d'images mentales.
Le traumatisme psychique du nouveau-né au moment de la naissance,  n'existe sans doute que dans l'imagination de certains analystes. La capacité "psychique" du nouveau né est presque inexistante, car elle résulte de l'apprentissage tout au long de sa vie.

    Le rêve représente 80 à 50% du sommeil du nouveau-né selon son âge : cette activité intense ne résulte pas de désirs refoulés. Ce n'est pas un résidu de l'activité de veille. Il s'agit d'une activité autonome, automatique, rythmique. Elle précède les autres fonctions neuropsychiques et le développement du cerveau et de la conscience. Les enregistrements permettent d'affirmer que l'activité d'imagerie mentale est antérieure à la conscience.
    Quand un nourrisson rêve, son visage exprime tour à tour l'inquiétude, le plaisir, le dégoût, la tristesse, la peur, émotions qu'il manifestera réellement un peu plus tard, mais il ne s'agit pas de vrais sentiments, mais de mécanismes instinctifs hérités de notre évolution.

    De nombreuses personnes, y compris des psys, accordent une symbolique aux rêves, faisant correspondre sujets des rêves et état psychologique souvent liée aux aspects sexuels du fait des théories de Freud, par exemple tout objet long et fuselé -fusées, obus, guèpes et abeilles .;;) symbolisant un phallus ! (ne riuez pas s'il vous plaît ).
    Ces divers catalogues symbpliques n'ont aucune valeur ni scientifique ni expérimentale.
    Tout au plus les rêves peuvent renseigner sur les préoccupations conscientes ou non de l'individu, sur ses pensées les plus fréquentes au moment de s'endormir, et certaines peuvent évidemment correspondre à des désirs.

   
Pour vous faire mieux comprendre, je vais prendre un exemple vécu.
     Une de mes "guenons" m'envoie un jour un mail affolé, car elle avait rêvé qu'elle avait blessé son père en le frappant avec un bâton, et son psy lui avait dit que c'était normal et qu'elle était inconsciemment obsédée par le désir de tuer son père pour prendre la place de sa mère sur le plan sexuel. Ma jeune guenon qui était encore au collège, et avait été élevée dans une morale religieuse assez stricte, était bouleversée et très culpabilisée.
   
J'ai dû lui expliquer que son psy n'avait pas dû beaucoup se recycler depuis ses études de la psychologie freudienne.On a d'abord examiné ses rapports avec son père et on s'est aperçu qu'ils s'entendaient bien, mais avec quelques heurts comme pour tous les adolescents, à propos d'interdictions, pas suffisamment expliquées quant à leurs raisons.
    On a parlé aussi de ses désirs et elle est arrivé à la conclusion que ses "refoulements sexuels" étaient quasi nuls.
    On a discuté des événements des jours précédant son rêve. Nous nous sommes aperçu qu'elle avait été en colère contre son père qu'il lui avait refusé une autorisation d'aller dans une soirée chez des camarades de classe, et que la veille elle avait vu à la télévision un film policier dans lequel un jeune garçon frappait à coup de batte de base-ball quelqu'un qui l'agressait.
    Son cerveau avait évacué ces images et les avait mélangées avec d'autres souvenirs de son ressentiment et de son père. D'où ce rêve.
    La plupart des rêves ont ainsides raisons proches de la date à laquelle ils se produisent !
   
   
Par matetedanslesetoiles le Lundi 17 décembre 2007 à 21:19
article très interessant qui m'apprend bcp de chose : si non pr etaler un peu ma CULture, le cerveau humain se forme se forme durant la phase embryonnaire qui dure 8semaines ( 5000 neuronne par seconde se forment ) ce qui explique que le singe est moins de cellule nerveuse car sa phase embryonnaire ne dure que 2 semaines ! arf les cours de SVT me pete le cerveau lol
Par bidula le Jeudi 21 août 2008 à 13:02
Merci pour cet article, vraiment. C'est clair, précis et interessant...
Ceci dit, le fait que les théorie de freud soient périmées n'empeche pas qu'il soit aie été un génie. Pour son époque, déduire une théorie aussi complexe basée sur presque rien, c'est tout de meme fort...
Par exprime.toi le Lundi 23 février 2009 à 21:32
Je n'ai pas tout lu (trop fatiguée mais je reviendrai). Cependant je voulais préciser que, durant des séances, il y a eu la preuve que l'inconscient stocke TOUT depuis la naissance , et le corps se souvient de tout, également.
Grâce à ue forme d'hypnose (de vrai pas un truc de charlatan "regardez ma pendule et fermez les yeux" hein !) il est possible de revivre sa naissance. Il s'agit d'une expérience horrible, on se sent macéré dans un tube très étroit, l'oxygène nous brûle les poumons, pour la première fois (etc.)
Un homme, après avoir revécut sa naissance plusieurs fois, a eu la surprise de voir réapparaitre la trace des forceps sur son front ou ses tempes, je ne sais plus. Bref ^^'

Voilà la petite anecdote !
 

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