Dimanche 28 octobre 2012 à 8:31

Biologie, santé.

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            Pour terminer sur l'autisme, je voudrais aborder deux aspects : aujourd'hui, les interactions sociales de l'autisme, et demain, un cas particulier d'autisme, le syndrome d'Asperger.
 
            Ce que l'on appelle le" retrait autistique traduit une incapacité à développer des relations interpersonnelles, un manque de réactivité aux autres, ou d’intérêt pour eux. L’enfant autiste établit rarement le contact, paraissant même l’éviter, le refuser : il ne regarde pas en face, mais jette de brefs regards périphériques, ou bien le regard est vide, transparent. Le contact oculaire pour communiquer un intérêt ou attirer l’attention n’est pas utilisé. L’enfant peut être agacé, inquiet, lorsqu’il est sollicité.
 
            Dans les années 1980, le Britannique Simon Baron-Cohen et ses collègues ont émis l'hypothèse que les autistes auraient des troubles la capacité à attribuer à autrui des pensées. (Ils avaient baptisé cette capacité du nom pompeux de "théorie de l'esprit).
            L'impossibilité de se représenter les pensées des autres permettait d'expliquer des symptômes apparemment très différents, tels que les difficultés des autistes à comprendre les intentions du langage (par exemple, ils ne sont pas sensibles à l'humour et l'ironie), ou le fait qu'ils ne savent pas "faire semblant" et bien mentir.
            Plusieurs situations expérimentales ont montré que les autistes devinent moins bien les pensées des autres que la moyenne et certains neurobiologistes pensent à une certaine déficience au niveau des "neurones miroir" qui nous permettent de nous mettre à la place des autres par imitation. (voir mon article du 28 octobre 2009).
 
            Les interactions sociales de l'autiste ont certaines particularités caractéristiques :
 
            Les interactions sociales mettent en jeu des processus perceptifs spécialisés qui nous informent sur des caractéristiques telles que l'identité, les émotions, les comportements adoptés par nos partenaires, et notamment les expressiosn de leurs visages.
            Les études montrent plusieurs points :
                        - les autistes reconnaissent les visages par leurs détails. En particulier ils ont des performances meilleures que les non autistes, si on leur présente un visage à l'envers, ou si on modifie des distances ou proportions caractéristiques.
                        - leur mémoire des visages, ainsi que le traitement de la région des yeux, semble moins efficace, pour des raisons encore inconnues.
                        - les régions cérébrales impliquées dans la reconnaissance des expressions faciales et la détection des mouvements vivants s'activent en général moins chez les autistes que chez les non-autistes.
                        - on constate des différences dans l'activité électrique ou métabolique du cerveau lors des mouvements des yeux des différences entre autistes et non-autistes.
            Mais on ignore si ces faibles activations cérébrales sont une cause ou une conséquence des particularités sociales des autistes.
 
            Le manque d'intérêt pour l'environnement social est l'un des signes les plus précoces de l'autisme. Alors qu'au cours du développement typique,les bébés sont fascinés par les visages et les voix, les bébés futurs autistes regardent moins les yeux, davantage la bouche et la périphérie des visages. Ils fixent plus le décor et leur attention est davantage attirée par les aspects sensoriels de l'environnement (textures, couleurs, mélodies) que par ses aspects sociaux (sourires, regards).
            Les autistes suivent moins la direction du regard de leurs interlocuteurs.
            Les autistes savent que le regard montre ce que la personne voit, et face à un visage faisant une saccade oculaire, (un cligenment des yeux), les réactions du cerveau chez les autistes et les non-autistes semblent similaires. Par contre, chez les non-autistes, l'activation diftre selon que le regard présenté est dirigé vers un objet, ou un être vivant, ou dans le vide. (c'est à dire la direction du regard d'autrui). Cette différence n'apparaît pas chez les autistes.
 
            Un autre aspect de nos interactions sociales est l'attention que nous portons à notre réputation.
            Nous sommes prêts à beaucoup d'efforts pour elle. Ainsi, nous essayons de nous montrer sous un jour favorable en mettant en avant nos succès plutôt que nos échecs, ou encore nous faisons preuve de modestie ou de flatterie selon la situation.
            Les autistes n'attachent pas beaucoup d'importance à ces problèmes : ils semblent peu doués pour pratiquer hypocrisie comme flatterie et ils ont tendance à conserver le même comportement, qu'ils soient observés ou non.
            Il est difficile d'interpréter ces résultats comme une simple insensibilité à la présence ou à l'absence d'un témoin. Les autistes ont plaisir à montrer leurs talents à quelqu'un plutôt que de les exercer seuls. Ils réussissent mieux certaines tâches fastidieuses en présence d'un observateur.
            On ne peut donc pas interpréter la baisse de l'hypocrisie chez les autistes comme le résultat d'une insensibilité générale à la présence d'autrui. On ignore si les autistes ne sont pas hypocrites et ne flattent pas leurs interlocuteurs parce qu'ils ne veulent pas ou ne savent pas le faire.
            On a tendance à beaucoup critiquer le comportement social des autistes, mais leur irréductible probité, l'indifférence à leur propre réputation, une grande indépendance, voire une certaine naïveté, ont pu, bien avant que la psychiatrie ne s'intéresse à eux, conduire à considérer certains autistes comme des modèles moraux.
            Ce n'est pas nier ou banaliser le handicap dramatique et les souffrances associés à l'autisme que de rappeler que le comportement social normal gagnerait par certains aspects, à être plus autistique.            
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