Mardi 15 octobre 2013 à 8:48

Inné et acquit

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    Les jumeaux, du fait de leur patrimoine génétique presque identique (voir l’article d’hier), sont des témoins extrêmement intéressants pour étudier l’influence de la génétique, c’est à dire de l’inné et de l’acquit chez l’homme.
    Des essais sur animaux, souris notamment, permettent aussi certaines observations;
    L’anthropologue anglais Francis Galton, au 19ème siècle, (qui était un cousin de Darwin), a particulièrement étudié des groupes de jumeaux, très semblables, moyennement semblables et dissemblables, bien que la plupart aient été élevés ensemble, Binet au début du 20ème siècle a poursuivi ces études, et elles sont maintenant très développées et plus techniques, grâce aux tests ADN et de biochimie.
    Les études sur les jumeaux concernent aujourd’hui plus d’un million et demi de personnes.

    Les tests ont montré que l’intelligence est le critère sur lequel les jumeaux se ressemblent le plus.surtout s’ils ont eu une éducation commune.
    Les américains ont fait des études à partir de la théorie du BIG FIVE, qui teste 5 grands traits de personnalité (voir mes articles des 29 juillet et 6 août 2010), à savoir :
    - l’extraversion / introversion : tire t’on sa motivation des autres ou de soi même.
    - l’amabilité : tendance à être (ou non), sociable, altruiste, agréable, conciliant, généreux.
    - l’esprit consciencieux : degré d’organisation, de ponctualité, de contrôle des événements, d’obstination et de motivation.
    - l’ouverture d’esprit : curiosité intellectuelle, créativité, désir d’expériences nouvelles, tolérance aux idées des autres.
    - la stabilité émotionnelle : vulnérabilité au stress, humeurs positives et négatives,  remords et regrets, souffrances psychologiques.
    Ils ont trouvé que l’extraversion/introversion et l’ouverture d’esprit étaient les traits qui se ressemblaient le plus même si les jumeaux ont été séparés assez tôt, et donc la partie innée la plus commune, mais avec une corrélation beaucoup moindre que pour l’intelligence.     Ensuite par ordre décroissant, la stabilité émotionnelle, l’esprit consciencieux et l’amabilité.
    Par ailleurs, plus les jumeaux avaient été élevés ou avaient même vécus longtemps ensemble, et plus leurs traits psychologiques se ressemblaient, ce qui montre l’influence importante de l’éducation et de l’environnement.

    Un point important pour les jumeaux est leur relation psychologique réciproque.
Il est nécessaire pour chacun de se comparer en permanence à autrui et c’est très important (trop même aujourd’hui) chez les adolescents.
    Les jumeaux sont dans une situation particulière, car, d’une part le jumeau est pour l’autre le principal élément de comparaison, mais également quand ils ses comparent aux autres c’est le couple qui est face à autrui, comme s’il n’était qu’une seule personne.

    Mais il arrive que, sur certains jumeaux,I'on observe des destins d’adultes très différents, avec des traits psychologiques parfois opposés ou même des évolutions de santé très différentes.
    Les événements de la vie et notamment de la petite enfance, et notamment le stresse et les traumatismes,  laissent une trace sur I'ADN nucléaire, sous forme de modifications biochimiques qui modulent la façon dont les gènes sont exprimés.
Ces marques épigénétiques peuvent influencer le métabolisme, mais aussi certains comportements sociaux, I'humeur et Ia mémoire.
    Le mode de vie, les conditions environnementales et les apprentissages ont donc probablement aussi un impact sur I'ADN, dont l’évolution réagit ensuite sur la personne et la personnalité.
    L’exposition à certains produits chimiques peut aussi être en cause.
    Mais si l’on a surtout étudié les effets du stress, d’une éducation difficile, de traumatismes, voire de génocides, par les effets négatifs qu’ils peuvent provoquer, il faut aussi examiner les effets d’impacts positifs, par exemple d’une vie amoureuse. Pour le moment ces études d’épigénétique débutent.

    Finalement bien qu’ayant au départ des patrimoines génétiques très voisins, certes les jumeaux ont beaucoup de ressemblances, mais les modifications épigénétique de l’ADN font que leurs gènes peuvent peu à peu s’exprimer différemment et que si une même éducation les rapproche plutôt, les aléas de la vie et leur environnement peut au contraire les faire évoluer différemment.
   
Ils sont évidemment une matière expérimentale extraordinaire pour les chercheurs, mais c’est aussi un sujet d’étonnement pour les personnes à leur contact.
    J’ai connu, quand j'étais jeune, un professeur de biologie qui avait 7 enfants, deux fois des vrais jumeaux et de «faux triplé». C’était une famille assez remarquable et originale.
    Evidemment, les élèves ne pouvaient s’empêcher de faire des plaisanteries de mauvais goût quand le professeur leur parlait de la reproduction des lapins et des mouches. 

Par maud96 le Mardi 15 octobre 2013 à 23:42
2 articles intéressants ! Tu ne chômes pas !
 

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