Samedi 10 mars 2012 à 8:34

Notre cerveau : intelligence; langage

  L'attention est une fonction cognitive complexe qui est primordiale dans le comportement humain.
             La plupart des activités cérébrales demandent une forte concentration, aussi bien pour la mémorisation d'une information, la compréhension d'un texte, que la recherche d'une chose donnée.         

            A chaque instant, un nombre plus ou moins important d’informations de notre environnement se présente à nos sens. Or, il est impossible de traiter en détail toutes ces informations simultanément. C’est l’attention sélective qui va permettre de sélectionner parmi toutes ces informations, celles à traiter prioritairement, en fonction de leur pertinence pour l’action ou par rapport à nos attentes. Elle permet de se focaliser sur un élément en particulier en se coupant mentalement des autres éléments non pertinents, sans qu’il soit nécessaire pour autant de s’isoler physiquement. Elle est donc indispensable à l’action et au fonctionnement cognitif en général.
            Par exemple en lisant cet article, votre cerveau a choisi de ne tenir compte presque uniquement des informations visuelles de la lecture et d'ignorer les messages relatifs à la sensation de vos vêtements sur votre peau ou de la position de vos jambes. Par contre, le simple fait d'avoir mentionné cela, vous a fait prendre conscience de la texture de votre linge et de la position de vos jambes. Vous y avez fait "attention".

            Quand on cherche des articles sur les recherches concernant l'attention, on trouve de nombreux articles sur l'influence des techniques multimédia sur l'attention des jeunes ou sur leur manque d'attention à l'école, sur les difficultés de concentration des malades Alzheimer, mais très peu d'articles sur le mécanisme cérébral de l'attention.
            Je vais essayer d'en dire quelques mots, mais c'est un mécanisme très complexe et par conséquent mal connu encore.

            Le chef d'orchestre de vos capacités d'attention, c'est votre cortex préfrontal à l'avant de votre cerveau. C'est lui qui assure la supervision attentionnelle, c'est-à-dire qu'il détermine quelle information doit être considérée comme primordiale et quelles ressources cognitives doivent être allouées pour en faire l'analyse, tout en inhibant les éléments de distraction qui surviennent.
          Je vous ai montré dans mon article du 3 juin 2010 que notre cortex frontal était plus performant s'il ne traitait qu'une seule tâche et ne pouvait guère traiter plus de deux tâches à la fois et, si vous lui demandez d'accomplir simultanément deux tâches qui requièrent un haut niveau de supervision attentionnelle, alors votre performance pour chacune de ces deux tâches diminuera de moitié.             
        Faire attention, c'est donc ne pas se disperser, ne pas faire plusieurs choses à la fois et ne pas sauter du coq à l'âne
        Les gens que l’on admire pour leurs capacités « multitâches » sont plutôt des gens hautement performants qui effectuent chacune des tâches l’une après l’autre, très rapidement et efficacement.

            Toutefois il faut que nous soyons éveillé pour que le cerveau frontal soit actif et que par ailleurs le Thalamus coordonne les informations de nos sens (voir mes articles du 15 décembre 2007 et du 7 août 2011). Il n'est donc pas étonnant que la fatigue et la veille diminuent nos capacités attentionnelles.

           L'attention, c'est également mobiliser nos sens, les orienter vers une cible (par exemple regarder ce que vous lisez), et mobiliser les centres du cerveau qui interprètent les données correspondantes.
 

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/visionprolongee.jpg            Nous ne portons finalement attention, à un moment donné, qu’à une infime partie de notre environnement et nous négligeons tout le reste, qui cependant est quand même enregistré pendant un certain temps dans notre inconscient.
            Dans cette mobilisation de nos sens les centres du sommet du cerveau qui contrôlent les mouvements sont mis en jeu, notamment le "champ oculo-moteur", qui oriente notre regard..
           Lorsque nous observons une scène, les neurones des aires visuelles sont activés, mais leur activité est éphémère car la vision est en quelque sorte effacée pour faire place à la suivante. Quand nous voulons faire attention à un objet des neurones voisins du "gyrus fusiforme" sont activés et ils gardent l'information visuelle suffisamment de temps pour que nous puissions l'analyser.

 

          

           Mais les centres du cerveau émotionnel sont aussi mobilisés.   

          
L'hippocampe et les centres du cerveau temporal, ainsi que toutes les zones qui gèrent nos informations mémorisées sont aussi très concernées car l'attention fait en permanence appel à la mémoire.

            L'attention est particulièrement mobilisée lorsque l'information à traiter est nouvelle, c'est-à-dire qu'elle n'a pas d'équivalent en mémoire, alors qu'une information connue ou familière (comme par exemple l'emplacement des meubles dans notre maison ou le bruit du réfrigérateur), n'attire plus l'œil ou l'ouïe.
            L'attention ne se portera sur une information familière que si elle diffère du contexte habituel, ou si nous recherchons volontairement un objet dans l'environnement.
            Notre (pré)nom, entendu dans des contextes divers (dans la rue, au restaurant, au travail....) captera aussi immédiatement notre attention, même si cette information nous est extrêmement familière. Depuis le plus jeune âge, nous sommes en effet conditionnés à réagir à notre (pré)nom.

            Les centres d'apprentissages et les neurones à dopaminesont aussi concernés, car pour apprendre ils doivent mobiliser l'attention .

            Pour vous donner une idée de la complexité de ces phénomènes, j'analyserai de façon simplifiée ce qui se passe si nous cherchons un objet que nous avons perdu au bord d'une rivière.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/attention.jpg            Dans le paysage, le cerveau repère les objets qui attirent son attention (par exemple, des cerises mûres ou l'eau de la rivière). Cette « carte de saillance" élaborée par le "colliculus supérieur", le "sillon intrapariétal" et le champ oculomoteur (en violet), définit les probabilités que l'attention soit attirée par tel ou tel objet.

            Mais, pour retrouver l'objet égaré dans les herbes, le cortex préfrontal renforce l'importance de lo zone herbeuse dons la carte de saillance du sillon intrapariétal et rend également plus sensible à cette zone les neurones de l'aire visuelle (flèche 1).

            Mais si, dans les herbes apparaît une forme évoquant un serpent, comme je ne suis pas Kaa,  je ne suis pas très tranquille et l'amygdale alerte le champ oculomoteur pour détourner le regard vers lo zone à risque (flèche 2) et elle agit aussi sur l'aire visuelle, afin que l'analyse de l'objet détecté soit plus précise, ce qui permettra de savoir si c'est réellement un serpent ou un bout de bois mort : le détecteur de danger est activé (flèche 3).

 

         Lorsque nous portons notre attention vers ce qui nous entoure, certaines régions du cerveau s’activent : c’est le réseau de l’attention, dont je viens de parler un peu. Mais d’autres régions interrompent dans le même temps leur activité, comme si elles gênaient d’ordinaire l’orientation de l’attention vers le monde extérieur. Ces régions forment un réseau appelé communément « réseau par défaut », parce qu’il a longtemps semblé s’activer quand le cerveau n’a rien de particulier à faire.

            Lorsque nous cherchons un objet autour de nous,  les neurones de ce réseau par défaut interrompent leur activité. Mais cette interruption ne dure que le temps strictement nécessaire à la recherche : aussitôt l’objet trouvé, et en un dixième de seconde à peine, le réseau par défaut reprend son activité comme avant. Et si parfois notre réseau par défaut ne se désactive pas suffisamment, nous mettons plus de temps pour trouver l’objet.

            Ce réseau touche beaucoup de centres du cerveau, mais notamment le cortex pariétal moteur (qui est chargé aussi du contrôle des mouvements très précis) et du cortex préfrontal médian (qui est impliqué dans le contrôle de nos états émotionnels et l'imagination de ce que pense autrui).

            Le cerveau a donc horreur du "vide intellectuel" et ne reste jamais sans rien faire, pas même pendant un dixième de seconde.

Par jazz le Samedi 10 mars 2012 à 15:58
bonjour Jean-pierre

un musical coucou "jazz
bon w end et A+ du troubadour Emmanuel
Par Doc Jpeg le Lundi 9 septembre 2013 à 12:32
Le déficit d'inhibition latente est un trouble qui m'affecte. Mon cerveau semble incapable de tout filtrer lorsqu'il y a trop de stimuli.
Pour exemple, en ce moment je suis au bureau et j'ai un peu de temps libre, je lis donc vos articles qui sont très a mon gout, mais j'ai du mal a lire car il y a le bruit des ventilateurs d'ordinateur, les clics de souris des collègues ainsi que ceux qui parlent, le tic tac de la pendule la lumière des néons, les gens qui passent dans le couloir etc. Je fais sans cesse des retours dans le texte pour bien comprendre.
Pour info, je suis autiste asperger.
 

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