Samedi 8 février 2014 à 7:45

Notre cerveau : intelligence; langage

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    J’ai lu un article intéressant de Patrick Bonin, sur le choix des mots dans notre langue, lorsque nous parlons ou voulons exprimer une idée.
    Lorsque nous nous exprimons, nous n’utilisons pas au hasard les mots, mais nous les choisissons en fonction de ce que nous voulons dire, selon leur signification, mais aussi les nuances de celles ci.
    Par exemple nous pouvons employer les mots « réunion » ou, « assemblée, , colloque, comité, congrès, débat, meeting, séance, séminaire, session, symposium…. »,
mais aussi dans un tout autre sens « adjonction, association, jonction, agrégation, agglomération,rassemblement, jonction…. », et j’en oublie sûrement.
    Pourtant nous choisissons dans cette multitude et nous avons le choix, car un homme instruit et cultivé connaît entre 50 000 et 100 000 mots.
    cela nous vient naturellement, sauf parfois (et plus souvent en vieillissant), nous avons un mot « sur le bout de la langue » et nous le retrouvons tout à coup qund un autre mot amorce cette restitution.

    Des mesures en laboratoire ont montré que dénommer un objet à partir de la présentation d'un dessin de cet objet prend entre 0,6 et 1,2 seconde en moyenne.
    Les chercheurs en psycholinguistique cognitive pensent que sélectionner un mot pour exprimer une idée est un processus qui se réalise en plusieurs étapes ou niveaux de traitement mental.
    Dans un premier tremps on définit ce qu’on veut dire, le message et ses différents aspects, les idées à communiquer.
    Puis on met sur pied la phrase avec les mots en fonction de leur sens. La troisième étape est grammaticale : choix du genre du mot, de la conjugaison du verbe…
    Le cerveau cherche alors les sons (les phonèmes) pour les divers mots, puis vient en dernier la commande vers les organes qui vont les prononcer.
    La vitesse avec laquelle on va pouvoir coder un mot dépend de facteurs divers : le nombre de synonymes, le sens plus ou moins précis ou ambigu, la fréquence avec laquelle nous rencontrons les mots (plus on les utilise souvent, opus ils reviennent vite, et un mot jamais utilisé finit par être oublié), et l’âge d’acquisition des mots intervient aussi.
    La personne jeune retient plus facilement des mots et notions dont elle s’est beaucoup servi lors d’un apprentissage et cette aptitude décroit ensuite avec l’âge. Par exemple je me souviens encore maintenant de nombreuses formules mathématiques ou de physique dont je me suis beaucoup servi lorsque j’étais au lycée ou en classe de prépa des grandes écoles, et que j’ai fort peu utilisées ensuite dans mon métier.

    On s’intéresse évidemment à l’acquisition des langues étrangères afin de les parler couramment.
    Il y a dans l’apprentissage d’une langue trois données de natures différentes : la musique des mots et l’acquisition de l’accent de la langue, la signification des mots eux mêmes et des expressions, et l’acquisition du vocabulaire, et enfin l’usage des mots c’est à dire la syntaxe et la grammaire.

    La “musique des mots” nécessite un apprentissage de l’oreille analogue à celui d’un musicien et les neurobiologistes se sont aperçu qu’il n’était possible que chez un très jeune enfant.
    Un jeune enfant de moins de 3/4 ans possède encore assez de souplesse neurologique pour adapter parfaitement son cerveau aux sons d’une langue. Il aura alors une accent parfait dans sa langue maternelle et dans une autre langue qu’il apprendrait à la maternelle.
    Un adulte certes pourra apprendre une langue étrangère, mais n’atteindra jamais cette perfection de prononciation et d’accent.

    Le vocabulaire, la syntaxe et la grammaire sont avant tout une question de travail. Donc adulte ou enfant on peut apprendre une langue sans problème. Mais l’enfant qui a plus de plasticité neuronale (et moins de complexes quant à l’opinion d’autrui), apprendra plus facilement le vocabulaire et de façon plus instinctive, plus naturelle, même s’il fait un peu plus de fautes de grammaire.

    Chose curieuse, les neurologues ont constaté que les neurones concernés n’étaient pas les mêmes selon l’âge d’apprentissage de la langue.
    Avant deux ans, le vocabulaire (les mots) sont associés à des images et les neurones concernés sont donc classés presque en fonction de la date d’acquisition du mot.
    Puis quand l’enfant apprend vraiment à parler, la mémoire se réorganise et les neurones voisins concernent alors la même catégorie de mots :  les couleurs, les plantes, la nourriture, les outils, les instruments de table et de cuisine .....
    S’il apprend sa langue maternelle et en même temps une autre langue, alors les mots des deux langues concernant les mêmes objets, sont traités par des neurones voisins : en quelque sorte par exemple les dénominations des outils français et anglais sont stockés au même endroit, et les plantes en français et en anglais en un autre.
    Au contraire si l’on apprend sa langue maternelle, puis deux ou trois ans plus tard une autre langue, les vocabulaires des deux langues sont séparés : tous les mots français par un groupe de neurones et tous les mots anglais par un autre groupe, par exemple.
Par maud96 le Samedi 8 février 2014 à 23:17
Sur le dernier paragraphe : pas toujours vrai dans la langue parlée : les adultes québécois, entre autres, finissent par "parler" un "franglais" souvent assez savoureux (d'autant que leur accent s'en mêle)
 

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