Jeudi 27 août 2015 à 9:01

Relations avec nos parents, famille

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Mes derniers articles sur les relations entre jeunes et parents, m’ont valu des mails, qui me disent les difficultés des ados vis à vis de leurs parents, dans l’utilisation des techniques du multimédia, et notamment leur utilisation d’internet.
    Je voudrais donc essayer de réfléchir à ces problèmes.

    Beaucoup d’ados n’aiment pas discuter de choses sérieuses, mais cela se produit cependant avec beaucoup de mes correspondant(e)s. Et je m’aperçois alors que les préoccupations fondamentale de jeunes n’ont guère changé. Elles ont toujours les mêmes interrogations :
        - Qu'est ce que je suis ?
                 - Qu'est ce que je veux ?
                 - Qu'est ce que je vaux ?
        - Que vais-je devenir ?
        - Comment me juge t’on ?
        - Est ce qu’on m’aime ?
et les problèmes relationnels ont les mêmes bases :
        - Le conflit avec les parents entre le besoin de liberté et de prendre son indépendance et celui de la sécurité au sein du nid familial.
             - Le besoin de tendresse que l'ado cherche à trouver hors de la famille, car il est persuadé que les parents ne l'aiment pas assez et qu'ils ne lui accordent pas toute l'attention qu'il attend ou sur les points qu'il souhaite.
             - Le problème de trouver la juste distance vis à vis de la famille et plus généralement vis à vis des autres, se pose donc plus que jamais : ni trop loin car on se sent abandonné, ni trop près car on craint alors de perdre son autonomie.  
    Le fossé entre jeunes et parents a été accru par le fait que les deux parents travaillent le plus souvent maintenant et que les conditions de travail leur laisse peu de temps pour s'occuper de leurs enfants qui se considèrent un peu comme abandonnés. L'éloignement géographique des grands-parents y contribue également.  

    Par contre la vie actuelle et notamment les nouveaux moyens de communication multimédia font aujourd'hui résoudre ces problèmes de façon tout à fait différente.
    La crainte d’être jugé, la timidité et le manque d’expérience, la crainte de perdre un peu de liberté, rendent difficile le contact direct avec les adultes, surtout s’ils ont l’autorité parentale.
    Au fil de mes contacts par mail avec des jeunes, je me suis aperçu qu'en virtuel, l'âge intervenait moins et qu'à condition de se garder de juger, la barrière de l'autorité parentale responsable n'intervenait plus comme au sein d'une famille, et que le vieux singe, pouvait finalement trouver sa place parmi les jeunes et même se rendre parfois utile en les conseillant et en étant écouté, bien qu’adulte.
    Et pourtant internet a plutôt augmenté le plus souvent, le fossé entre jeunes et adultes.La méfiance des parents pour internet (et parfois leur ignorance sur ce moyen de communication), aggrave l'incompréhension.
         Bien sûr les parents craignent la rencontre d'un pervers ou d'un pédophile. Certes le risque existe mais il est moins fréquent qu'on ne le croit, aucun(e) de mes correspondant(e)s ne m'a signalé de cas grave et la plupart des jeunes me paraissent conscients du danger et font attention.
    J'ai connu ainsi quelques blogs, qui m'ont paru dangereux pour des ados sensibles et impressionnables, et qui véhiculent des idées morbides et tristes. Il y a en effet un certain risque, si l'on est en permanence dans le virtuel, de se déconnecter du réel, de se faire une vie "rêvée" dans un monde imaginaire où l'on se trouve heureux, qui devient alors une "prison de verre dont on a perdu la clé », ou de s’enfermer dans un monde déprimant, qui englue votre cerveau dans la désolation et le désespoir..
         Il ne faudrait aller sur le net que bien portant psychiquement, ce qui n'est pas le cas de tous les adolescents.
         Ces risques sont réels mais peu fréquents et les parents qui diabolisent internet en raison de ses dangers, ne font que se couper davantage de leurs enfants.

      Les parents ont tendance à regarder les pratiques de leurs adolescents avec une condescendance amusée : être pendu en permanence à son portable, qui est parfois sous son oreiller la nuit, échanger des banalités sur les réseaux sociaux, zapper d’un site à l’autre sur le web, diffuser ses photos à tous vents, raconter sa vie sur son blog…,  « Ça finira bien par lui passer. »
        Pourtant il ne faut pas croire que l'adolescent féru des nouvelles technologies s'adonne à un passe-temps provisoire avant d'entrer dans la « vraie vie ». Il est déjà de plain-pied dans ce que beaucoup de parents perçoivent avec inquiétude comme le monde de demain, un monde dont ils se sentent exclus.  Alors beaucoup d'entre eux sont tentés de penser que ce qu'il y fait est malsain ou dangereux.
    Cela s’améliore avec les jeunes parents qui pratiquent aussi ces technologies, car au moins ils en comprennent le sens, mais ils ne communiquent pas pour autant avec leurs enfants et ne partagent pas ces activités et cela leur prend du temps an plus, ce qui donc aggrave le manque de communication.
        C'est pourquoi, si nous voulons lutter contre le risque de fracture générationnelle, il nous faut partir du point de vue exactement opposé. Ce que les adolescents font sur Internet vaut la peine d'être connu parce que c'est intéressant et que nous gagnerons à nous en rapprocher. Et pour cultiver cette attitude, le mieux est de toujours nous rappeler que les espaces virtuels ne modifient pas fondamentalement l'adolescence: ce sont les mêmes angoisses, les mêmes déceptions et les mêmes espérances que par le passé, et aussi les mêmes attentes vis-à-vis des parents.
    Car ces nouveaux territoires sont aussi pour eux des espaces de construction de leur personnalité pour lesquels ils ont envie d'une reconnaissance des adultes, même s'ils ne l'explicitent que rarement. Tout, sur Internet, est seulement « habillé » autrement.
    En revanche, ces espaces donnent aux émotions et aux représentations des ados un écho qui est méconnu.. Sur Internet, tout message est certain de trouver un interlocuteur qui le confirme. Cela donne aux messages joyeux une ampleur jubilatoire, et aux malheureux une profondeur dramatique.

    Pour ne pas allonger trop cet article, je parlerai demain des avantages possibles d’internet et pourquoi on n’en utilise qu’une très faible partie.
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