Mardi 15 novembre 2011 à 8:30

Informatique, médias, internet

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Aujourd’hui, je vous parlerai du centre de commandement des pompiers de Melun.

    Quand on arrive, on voit une grande tour au centre d’une grande cour et de hangars, et des pompiers qui d’affairent autour de véhicules rouges avant de démarrer, sirène hurlante.
    Mais ce n’est là que la caserne de pompier du site.
    Si on fait le tour, on arrive à un petit bâtiment moderne, le Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS), et son Centre de Traitement des Appels (CTA), qui utilise 125 personnes.
   Parmi ces personnes certaines ont un travail administratif et sont là durant les heures ouvrables. 
   Les autres personnes font partie des opérationnels et se relaient aux postes de travail pour que le centre puisse fonctionner 24 heures sur 24, dimanches et jours fériés.
   Il y a donc en permanence 10 à 25 opérationnels qui répondent aux appels.









    Le coeur de ce Centre, c’est une grande salle avec deux groupes de micro-ordinateur, reliés au centre informatique où se trouvent deux gros serveurs jumeaux en tandem “miroir” (l’information y est à tout moment identique et en cas de panne de l’un d’eux, l’autre prend le relais).
    Le centre reçoit environ 900 appels du 18 par jour et environ un tiers aboutissent à des interventions.

 http://lancien.cowblog.fr/images/images/lo1022828261apx470.jpg   Devant le premier groupe d’opérateurs, un téléphone qui reçoit les appels du 18 dans le département.
    L’opérateur est relié à un logiciel qui lui permet d’abord de localiser le mieux possible l’appel, par le numéro de téléphone d’une part, mais surtout par ce que dira la personne qui appelle. Un plan de la localité s’affiche à l’écran et la localisation et les conditions d’accès sont définies le mieux possible.
    Dans le cas d’un immeuble, ou à fortiori d’une entreprise ou d’une usine, un plan des bâtiments plus détaillé s’affiche ensuite afin de guider le plus rapidement possible l’intervention.
    Puis l’opérateur essaie de savoir quel est l’incident ou l’accident qui motive l’appel. Un médecin de garde se trouve à proximité et peut venir aider l’opérateur.
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    Nous avons assisté à l’appel d’une petite fille qui appelait parce son grand-père qui la gardait ce jour là venait d’avoir un malaise probablement cardiaque.
    Après avoir localisé l'appel de façon précise, l’opérateur a fait dire à la petite fille ce qui était arrivé à son grand père, s’il était encore conscient, s’il parlait, s’il souffrait.
    Tout cela se passe très vite car le temps est précieux.
    L’opérateur décide alors s’il y a intervention ou pas. S’il y a doute le chef de l’équipe, un pompier expérimenté prend la décision.

   


    Dans le second groupe, un opérateur a suivi la discussion et pendant qu’elle se déroulait, a consulté l’ordinateur, qui lui désigne le centre d’intervention (parmi les 61 du département) le plus proche (en temps d’intervention) et examine les moyens opérationnels qui ne sont pas engagés et si donc une intervention est possible (sinon un deuxième centre serait examiné aussitôt).
   
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Le centre d’intervention est alerté en attente.
   
Eventuellement plusieurs centres pourront intervenir si l’opération nécessite des moyens plus importants.
    Dès que la décision d’intervention est prise, c’est l’opérateur du second groupe qui va l’organiser et la suivre, jusqu’à sa conclusion. L’opérateur du premier groupe se remet en attente d’un autre appel.
    Il va définir sur l’ordinateur la mission, les moyens à envoyer et envoie au centre alerté toutes les informations utiles
    Entre l’appel et cette transmission quelques minutes seulement ont passé. L’intervention part aussitôt, car dès l’alerte, les équipes s’étaient rassemblées avec les documents et le matériel nécessaire près des véhicules d’intervention. L’arrivée sur les lieux a lieu dans les 10 à 15 minutes après l’appel.
    Là aussi l’opérateur s’il rencontre des problèmes est aussitôt assisté par le chef de groupe et éventuellement le médecin.
    Ensuite l’opérateur va suivre la mission par téléphone, exclusivement au début car on lui rendra compte une fois arrivé sur place de la situation exacte. Il pourra éventuellement décider d’envoyer des renforts.
    Puis quand le principal de la mission sera exécuté, il pourra passer à une autre opération, se contentant de suivre sur son ordinateur, où se trouve l’équipe d’intervention, jusqu’à son retour à la caserne.
   
    Nous avons été émerveillés du niveau d’organisation et de la précision des données présentes sur la base de données de l’ordinateur.

    D’abord au plan topographique : des plans détaillés des rues avec tous les travaux en cours qui risquent de retarder l’arrivée des secours. Des plans détaillés des usines, entreprises et immeubles, avec, bien entendu les points d’eau, mais aussi tous les risques, notamment chimiques ou d’explosion, les conduites électriques ou de gaz.
    Les équipes d’intervention ont des tirages de ces plans dans des classeurs et l’équipe cherche dès l’alerte le classeur correspondant.
    Au plan des moyens matériels, la liste indique en permanence les disponibilités, et la situation des matériels engagés (par exemple si le véhicule d’intervention est en train d’amener une victime à l’hôpital ou est en train de revenir vers sa caserne et le délai d’arrivée)
    C’est important pour décider d’éventuels renforts ou autres interventions. Il peut parfois être bénéfique de détourner une équipe en train de revenir, si elle est toute proche d’un nouvel incident, et si elle a la compétence pour le traiter.
    Mais l’organisation est aussi extrêmement efficace au plan des moyens humains.
    Chaque pompier a une ou plusieurs qualification et un niveau dans chacune d’entre elles.
    Les diverses interventions sont répertoriées (et il est très rare que l’on soit en dehors de cette classification. Pour chaque type d’intervention est défini un po plusieurs véhicules et, dans chaque véhicule, plusieurs qualifications nécessaires.
    A chaque instant les personnels disponibles dans une caserne sont répertoriés par l’ordinateur et la machine propose donc un véhicule avec les noms des personnes ayant la qualification voulue (ou qui s’en approche le plus). L’opérateur qui organise l’intervention a donc une aide à la décision extrêmement précieuse qui lui permet de décider très vite.
    Par exemple pour une intervention médicale, le véhicule st un véhicule de secours avec des matériels médicaux tels que brancards, respirateur à oxygène, électro-encéphalo et cardio-grammes, mise sous perfusion, trousse d’intervention, médicaments d’urgence....
    Les personnels doivent être deux conducteurs brancardiers, habitués à faire fonctionner les appareils médicaux, un infirmier et un médecin ou selon le cas un étudiant de 5 ou 6ème année en médecine, qui reste en liaison permanente avec le médecin du centre qui peut la conseiller. (ces qualifications sont au masculin, mais de nombreux pompiers de ce domaine sont des femmes).
    Dans le cas d’un accident majeur, de façon à laisser disponibles les équipes du 18, le chef de centre peut décider de constituer une équipe spécifique qui est alors implantée dans une salle à part, dispose des mêmes micro-ordinateurs et de tableaux permettant un suivi de crise en temps réel.
    L’équipe coordonne alors les premiers secours, puis l’arrivée de renforts successifs provenant d’autres casernes.

    Il y a dans le CTA, en permanence une trentaine de personnes de garde qui se succèdent jour et nuit devant téléphones et ordinateurs.
Les équipes sont renforcées certains jours où l’on estime les risques plus grands (notamment Noël et le jour de l’an, les grandes intempéries...)
    Le centre dispose de plus de salles de cours et de salles spécialisées, car les pompiers sont souvent en formation pour se perfectionner, acquérir de nouvelles qualifications, ou augmenter leur sécurité, notamment au feu.
    Il y a également des salles de sport pour le maintien de la forme physique et une excellente cantine où nous avons déjeuné avec le chef de centre et nos cicerones.   

    Je voudrais encore répéter que j’ai été amené en diverses circonstances à appeler les pompiers et leur intervention a été très rapide et efficace, et faite avec un sérieux, une amabilité et un sens du facteur humain, notamment vis à vis des victimes, tout à fait remarquables.
    Quand on  constate ensuite le salaire qui leur est alloué, on ne peut, comme pour infirmières des hôpitaux, qu’admirer leur dévouement.
Par alyane le Mardi 15 novembre 2011 à 10:41
Nous avons appelé une fois les pompiers pour mon père, ils sont venus immédiatement et même avec l'hélicoptère...
Votre article apporte des éclaircissements très intéressants sur leur organisation et leur structure souvent ignorées du public.
 

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