Samedi 29 septembre 2012 à 8:02

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

http://lancien.cowblog.fr/images/images/8w9nkd86.jpg

Je vous disais hier qu'internet modifiant quatre de nos comportement de façon sensible, voyons lesquels :
 
Google et l'ordinateur appauvrissent il notre mémoire?
 
            Certainement si nous n'y prenons pas garde !
            Toutes les études menées dans ce domaine montrent que le fait d'accéder facilement et presque instantanément à toutes sortes de données, nous incite à ne rien retenir, si ce n'est l'endroit où nous avons noté l'adresse du renseignement ou de la connaissance recherchée et stockée.
            Il est certain qu'alors qu'autrefois je connaissais quelques centaines de numéro de téléphone, alors que maintenant je ne connais plus que ceux de ma famille que j'utilise souvent. Vous me direz que cela n'a pas grande importance, vu la nature de l'information et je suis d'accord avec vous.
            Mais nous faisons pareil avec des formules, des méthodes, des processus, et certaines connaissances utiles à notre travail. Là c'est notre intuition technique, notre créativité et notre expertise que nous abandonnons car elles sont toutes basées sur des connaissances en mémoire que l'on rapproche les unes des autres, avec pour objectif le problème à résoudre.
            Donc si nous n'entrainons pas notre mémoire à retenir un certain nombre de données (les plus utiles, celles dont nous nous servons souvent), notre mémoire va décliner par manque d'exercice, d'apprentissage.
            Certes nous nous sommes toujours servi de la mémoire d'autrui, de livres, d'articles, de bibliothèque, mais la différence est qu'avec internet la quantité d'information est énorme et presque instantanée.
            Le problème est déjà de trouver la bonne information pertinente, et la plus complète possible. Je fais beaucoup de recherche d'articles scientifique, mais ce n'est pas toujours facile à trouver si je ne sais pas quelle est leur origine. Et finalement bien que très habitué à cet exercice, je ne le trouve pas plus facile qu'en bibliothèque. Le moteur de recherche ne comprend pas votre problème aussi bien qu'une bibliothécaire!
            Un autre problème est de retrouver l'information mémorisée et il faut connaître son adresse sur l'ordinateur, même après un grand laps de temps. Pour moi qui en stocke depuis 1980 sur mes ordinateurs successifs, et sur des CD, (j'ai des dizaines de milliers de dossiers), il me faut un classement hiérarchique extrêmement rigoureux et une nomenclature pour m'y retrouver.
            Quand on donne à des jeunes des informations à rechercher sur Google, cela fonctionne bien au début, puis devant la multitude d'informations, ils oublie peu à peu les directives initiales et donc ce qu'il cherche. C'est dû à la mémoire de travail de notre cerveau, qui lors d'une tâche ne peut mémoriser plus de 5 à 10 informations et donc a du mal à mener plusieurs actions : c'est notre deuxième problème
 
Notre cerveau n'est pas multitâches
 
            J'ai déjà fait un article à ce sujet (3/6/2010; 8/7/2012).
            Notre cortex frontal dirige nos actions et il est câblé pour une seule action. Il peut en mener deux de front en partageant ses moyens et notamment la mémoire de travail, mais il est alors deux fois moins performant sur chacune. A partir de trois tâches il commet des erreurs et au delà de 4, il renonce.
            Les études montrent qu'internet ne nous fait pas progresser dans ce domaine, parce que nous sommes vite dépassés par la multitudes des informations à trier et que d'autre part, les informations non pertinentes nous distraient et nous détournent de la tâche principale.
            Le fait de zapper d'un site à l'autre nous donne plus d'informations, mais nous ne les voyons que de façon superficielle, et la compréhension en souffre.
 
Les écrans changent notre façon de lire.
 
            Gary Small a démontré que les zones cérébrales activées lors de la lecture sur le Web sont différentes des zones activées lors de la lecture d'un livre.
            Les personnes qui lisent des ouvrages imprimés activent des régions associées au langage, à la mémoire et au traitement visuel. Chez les internautes, c'est dans les régions associées à la prise de décision et à la résolution de problèmes que l'on observe l'activité la plus intense.
            Par ailleurs alors qu'on lit un document de façon linéaire par mots ou groupes de mots, alors que sur internet, on a tendance à bien lire la première phrase, puis le début de la seconde ligne, et plus on descend, moins on lit de texte, mais on saute parfois de "mot clé" en mot clé, sans lire le texte intermédiaire.
            Lisant de façon très partielle, préoccupé par le choix de la pertinence, le lecteur a beaucoup moins d'attention, de réflexion et de capacités pour comprendre et retenir.           
 
Le numérique favorise t'il l'apprentissage ?
 
            Nous avons donc accès à beaucoup plus d'information qu'autrefois; ceci favorise til notre apprentissage, nos connaissances, notre savoir faire, notre culture. ET quel est l'impact sur notre éducation.
            Toutes les études montrent que ce n'est pas en passant beaucoup de temps sur internet (même s'il s'agit de recherches et non de jeu ou de chat), que l'on progresse à l'école.
            L' apprentissage scolaire est fondé sur des savoirs, sur la réalisation de tâches exigeantes, nécessitant du temps, un lieu, des ressources et du travail, qui doit être fait par notre cerveau et pas par l'ordinateur : avoir à portée de souris des bibliothèques ou des sites remplis de théorèmes et de formules mathématiques ne se substitue pas à Ia connaissance nécessaire de la façon de les utiliser.
            Internet ne favorise pas cette acquisition, car , les nouvelles technologies posent un problème nouveau à l'attention qui est indispensable à l'apprentissage.
            En temps normal, notre cerveau est capable de faire le tri entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas, mais sur Internet, c'est plus difficile.
            Par ailleurs, nous y sommes confrontés à de nombreuses tentations, comme visionner une vidéo, envoyer un mail ou partager sur les réseaux sociaux, soit autant de sollicitations qui nous détournent de notre but initial.
            En définitive, l'interface Web ne favorise donc pas I'acquisition des connaissances indispensables à l'apprentissage.
 
            Finalement, dans tous les cas, l'éducation et la pédagogie sont indispensables pour faire du Web, un outil au service de l'acquisition de la connaissance           
             Aujourd'hui, Ia plupart des élèves qui sortent de l'école primaire sont peu, voire pas du tout, préparés à utiliser Intemet.
 
Après une pause demain, je verrai après demain, comment les diverses actions que nous menons sur internet, (chercher de l'information, jouer, discuter sur les réseaux sociaux), ne mobilisent pas les mêmes parties du cerveau
Par alyane le Samedi 29 septembre 2012 à 8:30
Internet favorise la noyade d'informations. La source semble intarissaable, mais il faur opérer un tri et savoir comment les utiliser. Essayer d'établir une hiérarchie dans les informations trouvées pour les utiliser ensuite de manière efficace.
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3208914

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast