Vendredi 11 novembre 2011 à 8:20

Biologie, santé.

   Comme vous, j’ai été horrifié de la mort d’océane, cette petite fille de 8 ans violentée et poignardée par un homme ivre et ayant de plus pris de l’ecstasy.
    Je ne cherche aucune excuse à cet homme pour ce geste horrible, mais cela me navre qu’un homme de 25 ans, père de trois enfants, en arrive à commettre un crime, parce que sous l’emprise de l’alcool, il ne se maîtrisait plus.
    Je pense que trop de jeunes (mais aussides gens plus âgés), ne se rendent pas compte des danger de l’alcool, lorsque l’on en boit trop,à fortiori quand on fait exprès entre copains de s’enivrer jusqu’à en être ivre-mort.

    En France, l’alcool est responsable directement tous les ans de plus de 25 000 décès (cancer, cirrhose alcoolo-dépendante). Si on y ajoute plus d’’un tiers des accidents mortels de la circulation, 10 à 20 % des accidents du travail, rixes, actes de criminalité, délits tous liés à la consommation de boissons alcoolisées, on arrive à plus de 50 000 morts par an.
    Boire un petit coup, c’est agréable... pas pour le cerveau !.
    L’alcool passe très rapidement dans le sang et est distribué dans tout le corps, y compris le cerveau.
    Les structures cérébrales ne parviennent plus à maîtriser le processus de décision, le libre arbitre de l’individu est atteint. Des régions telles que le cortex pré-frontal et l’hippocampe sont principalement touchées. Ces zones cérébrales sont liées à la mémoire et aux fonctions mentales supérieures. Mais l’alcool agit aussi à d’autres niveaux et notamment il entraîne la libération de dopamine au niveau des centres du plaisir..

    Voyons d’abord quel est le processus au niveau des neurones.
    Je vous ai déjà décrit plusieurs fois le rôle des synapse, et le mode de transmission de neuromédiateurs chimiques, qui agissent comme des “clés” sur des protéines, qui ressemblent à des “tubes”, dont la paroi serait constituée par une bande de  caoutchouc enroulée, qui en variant de longueur pourrait fermer ou ouvrir le tube. Dans la protéine, des séquences contenant des produits phosphorés qui changent de composition sous l’effet des neurotransmetteurs jouent le rôle du caoutchouc.
    Lorsque le canal ionique ( cette protéine-tube) s’ouvre, des ions pénètrent  dans la partie post synaptique. Si ce sont des ions positifs (K+, NA+, Ca++), un influx nerveux est alors déclenché. et si ce sont des ions négatif (Cl_, l’influx nerveux est bloqué.

    http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/GABAalcool.jpgL’alcool se lie directement sur les récepteurs de l’acétylcholine, de la sérotonine, du GABA et les récepteurs NMDA du glutamate.
    Le GABA (acide gamma amino butyrique), a pour effet de diminuer l’activité neuronale en permettant aux ions chlore de pénétrer à l’intérieur du neurone post-synaptique. L'ion chlore, porteur d’une charge électrique négative, contribue à rendre le neurone moins excitable. Cet effet physiologique sera amplifié par la fixation d’alcool sur le récepteur, probablement en permettant au canal ionique de rester ouvert plus longtemps et de faire ainsi entrer plus de Cl- dans la cellule.
    L’activité neuronale s’en trouverait donc davantage diminuée, d’où l’effet sédatif de l’alcool.
    Le Glutamate a au contraire un effet excitateur, grâce au passage d’ion positif au travaers d’un canal ionique (appelé NMDA), ouvert par ce neurotransmetteur. L’alcool a tendance à empêcher le glutamate d’ouvrir ces canaux ioniques ce qui renforce l’effet sédatif de l’alcool, dû au GABA.
    La sérotonine est notamment un régulateur de nos humeurs, nous permettant de rester calme. l’action de l’alcool qui perturbe son action rend donc l’individu excitable, coléreux, se contrôlant difficilement.
    L’acétylcholine est impliquée dans la commande de nos muscles. L’alcool qui perturbe son action, entraîne donc une perte de contrôle de la commande de nos muscles, d’où les gestes incertains, la démarche titubante d’un homme ivre, qui sont accentués par l’action du Gaba qui paralyse les commandes cérébrales..
    L’alcool contribue aussi à l'augmentation de la libération de dopamine par un processus encore mal compris, mais qui impliquerait la diminution de l'activité de l’enzyme qui détruit la dopamine. Cette libération conduit à un sentiment de plaisir passager.

    L’accoutumance intervient à deux niveaux :
    D’une part, on distingue une dépendance comportementale. Par habitude, l’alcool est intimement lié à l’ambiance de fête ;
    D’autre part, on note un phénomène d’accoutumance avec activation du processus de récompense. Les personnes boivent pour se faire plaisir mais les effets s’estompant, il faut augmenter les doses.
    ne consommation chronique d’alcool amène progressivement une "hypersensibilité" des récepteurs NMDA au glutamate ainsi qu’une "désensibilisation" des récepteurs GABAergiques. C’est ce type d’adaptation qui causerait l’état d’excitation caractéristique du sevrage à l’alcool, voire les manifestations graves  (tremblements, crises d'épilepsie, délirium tremens) .
    Par ailleurs, dans l'alcoolisme chronique, le sommeil est profondément désorganisé; il est fragmenté par de nombreux éveils et ne contient plus de stade 4 de sommeil lent profond; le sommeil paradoxal reste très instable.
  
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/corpsalcool.jpg

Tous ne sont pas égaux devant l’alcool.


Quand une personne consomme de l’alcool, celui-ci commence immédiatement à passer dans le sang. Une petite partie passe directement par la muqueuse buccale et par l’œsophage. Un quart environ de l’alcool passe dans le sang après assimilation par l’estomac et le restant par les intestins, principalement l’intestin grêle.
    Plus le passage de l’alcool dans le sang est rapide, plus le taux d’alcool dans le sang augmentera rapidement, et plus vite on sera ivre. A l’inverse, la concentration d’alcool dans le sang augmente plus lentement lorsque le passage par l’estomac est lui aussi ralenti, ce qui est avant tout le cas lorsque l’on a mangé. La digestion de la nourriture dans l’estomac fait que l’alcool y reste lui aussi plus longtemps et arrive ainsi moins vite dans les intestins.
Par le sang, l’alcool se diffuse rapidement dans le corps et se répartit dans tous les organes. La concentration maximale d’alcool dans le sang est généralement atteinte au bout de 60 minutes.
 
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/detruirealcool.jpg 







   
L’alcool est détruit peu à peu par le foie selon un processus décrit sur le tableau ci-contre et je n’en décrirai pas le détail, ce qui vous ennuierait. De plus en cas d’absorption importante d’autres enzymes sont produites et peuvent éliminer environ un quart de l’alcool.
    Chez certaines personnes l’absorption d’alcool produit des réactions d’empoisonnement, les enzymes le détruisant très vite, mais la destruction d’aldéhyde nocive ne se faisant que très lentement.

    Chaque personne a une sensibilité différente à l’alcool car il ne dispose pas de la même proportion d’enzyme, mais il existe en outre des différences notamment liées au sexe et à l’âge
    Les femmes sont plus sensibles à l’alcool car le corps d’une femme comporte en moyenne davantage de tissus adipeux et moins de liquide que celui d’un homme. L’alcool étant plus facilement soluble dans l’eau que dans la graisse, il se diffuse avant tout dans le liquide corporel. A poids égal et à quantité égale d’alcool consommée, la concentration d’alcool dans le sang est donc généralement plus élevée chez les femmes que chez les hommes.
    Par ailleurs, les femmes disposent d’une quantité moindre d’enzymes contribuant à l’élimination de l’alcool qui se trouve ainsi ralentie.
     En général, les adolescent-es ont un poids inférieur à celui des adultes. De ce fait, l’alcool se répartit dans une quantité plus faible de liquide corporel et la concentration d’alcool dans le sang se trouve ainsi augmentée et les enzymes contribuant à l’élimination de l’alcool par le foie sont présentes en plus petites quantités que chez les adultes.

    Je suis toujours attristé de voir des jeunes prendre plaisir à systématiquement se souler dans des réunions et fêtes, car c’est très dangereux pour leur organisme.
    Une consommation d’alcool chronique ou aiguë peut en effet provoquer une baisse de la production des hormones de croissance qui jouent un rôle déterminant dans le développement des os et des muscles.    
    Par ailleurs,  le développement du cortex frontal n’est vraiment achevé qu’après 20 à 25 ans, et des études ont mis en évidence les effets nocifsde l’alcool au niveau de la capacité d’apprentissage et de la prise de décision.
    La plupart des jeunes n’ont pas l’expérience nécessaire pour connaître la quantité d’alcool que peut supporter leur organisme, et ils sont souvent victimes d’intoxications graves lorsqu’ils boivent jusqu’à l’ivresse.
    Plus u adolescent est jeune lorsqu’il commence à boire de l’alcool, plus il risque de développer plus tard une alcoolodépendance.
    De plus la prise simultanée d’alcool et de stupéfiants ou de certains médicaments (psychotropes et somnifères notamment), se potentialisent mutuellement et peuvent conduire à des accidents graves, voire mortels (rappellez vous le décès de Romy Schneider).
    Sanas parler de tous les accidents , notamment de la route, que peut provoquer l’absorption excessive d’alcool.
Par MiMiNe le Vendredi 11 novembre 2011 à 9:06
En lisant un article, j'ai plus compris qu'il avait dis ça pour cacher réellement ce qu'il avait fait en même temps dans ce même article il n'avait qu'un enfant... alors on ne sait plus qui croire !

Moi ce qui me fait flipper, c'est que de nos jours, on a l'impression que l'on peut tous devenir dingue, faire des choses folles... car je sais pas si il y a que moi qui est remarqué ça mais ce sont toujours des gens "sans histoire", "normaux", blabla... :/ Flippant, est ce que moi un jour je me tuerais pas toute ma famille à la hâche à force de regarder les experts ? :o

Enfin, tu as raison de rapppeler les dangers liés à tous les excès... trop de personnes l'oublient... Le mardi 1er novembre d'ailleurs j'étais dans le premier tramway et ils avaient des jeunes filles qui sortaient de boite de nuit et une, se rappelait même plus ce qu'elle avait bu exactement et surtout elle se vantait d'avoir bu dans tous les verres qu'on lui a proposé... Elle doit surement pas connaitre la drogue du violeur :/ C'est triste aussi peu d'information, en même temps c'est surement normal pour une jeune fille qui se vante aussi de ne plus être scolarisé à 16ans...
Par Shcool-Day le Vendredi 11 novembre 2011 à 18:56
C'est peut être avoir trop confidence en moi mais les soirées alcoolisé ou je suis aller n'ont jamais tourner mal...Mais c'est vrai que là, je réfléchis...
Par HeleneP le Mercredi 19 juin 2019 à 9:39
Bon article, merci pour ce boulot que vous faîtes !
 

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