Jeudi 31 janvier 2013 à 7:44

Energie, nucléaire, économies

Suite de l'article sur les objections à l'exploitation des gaz de schistes.
 
8 - Inconvénients sonores.
 
http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/gazdeschiste-copie-1.jpg            Les forages effectués ou Cap Ferret, résidentiel et station estivale réputée, ont été réalisés avec des appareils entièrement insonorisés. Les habitants de Lacq et de Parentis, dans les Landes, ne se sont jamais plaints. Le trafic des camions peut être limité à la journée.
            L'activité la plus intense a lieu pendant la phase de forage, qui dure de 6 à 8 semaines et la phase de stimulation qui dure quelques jours, rnême si l'opération proprement dite ne dure que quelques heures.
           Ensuite une fois que les tètes de puits sont installées, il n'y a plus aucun bruit pendant les 20 ou 30 ans de l'exploitation à part les quelques jours de maintenance des puits.


 
9 - Contamination chimique.
 
             Les additifs chimiques pour la fracturation, certains bio-dégradables, sont utilisés en quantités minimes et leur nature est clairement et obligatoirement divulguée publiquement. Tous ces produits sont utilisés dans la vie courante.
            Ces produits sont remontés peu à peu avec l'eau et le gaz produit. Ils peuvent aussi contenir des matériaux naturellement radioactifs (radium notamment), et du benzène. L'eau et ces additifs sont séparés du gaz en surface. La teneur de radioactivité est mesurée à la sortie de la tête de puits et l'eau est épurée par traitement.
 
10 - Risques pour la santé.
 
            On a reproché au gaz de schistes d'être la cause de traces de benzène dans l'organisme, qui est un  toxique dans le sang. Or il s'est avéré que toutes les personnes testées étaient des fumeurs et que là était l'origine du benzène.
            Les opposants ont aussi affirmé, que dans les régions d'exploitation de ces gaz, le nombre de cancers avait augmenté. Aucune étude sérieuse ne l'a constaté. La présence de benzène cancérigène dans certains gaz naturels conventionnels ou non conventionnels oblige à pratiquer un traitement spécifique pour éliminer, en même temps, tous les composés organiques volatils et le soufre. Aucun additif chimique pour la fissuration n'est cancérigène.
 
11 - Le permis d'exploration est forcément suivi du permis d'exploitation.
 
            Ce n'est pas le cas en France. où de nouveaux dossiers doivent être déposés et examinés après enquêtes publiques. Le préfet statue finalement par arrêté après consultation du CODERST, conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques.
 
12. L'aggravation du réchauffement climatique.
 
            C'est le dilemme de tous les pouvoirs publics : comment subvenir aux besoins énergétiques sans aggraver l'effet de serre. La priorité actuelle est de retrouver le plein emploi, et de rétablir nos finances en se souciant évidemment aussi de minimiser la pollution de l'air. Il faut rappeler que la France, grâce à ses centrales nucléaires et ses barrages est le grand pays le moins polluant du monde (deux fois moins de rejets de CO2 que l'Allemagne), et seulement 1,5% des rejets mondiaux. Certes le gaz naturel n'est pas l'énergie idéale, non polluante, sûre, économique, pérenne, mais c'est une ressource indispensable pour nos économies tant que l'on ne saura pas :
            - stocker à grande échelle, l'électricité produite par les éoliennes et les capteurs solaires,
            - capter et séquestrer le CO2 De nombreuses recherches sont en cours.
            - développer la géothermie profonde.
            - exploiter les profondeurs des océans : hydrates de méthane gazeux, pétrole profond.
            - développer l'Arctique.
            - mieux exploiter les huiles lourdes (Canada, Vénézuéla).
            - mieux utiliser la biomasse
            - utiliser la fusion thermo-nucléaire.
            Ces progrès ne seront pas disponibles économiquement avant 20 à 50 ans.
            De plus le développement des énergies renouvelables forcément intermittentes, est favorable à la demande de gaz naturel, qui est le meilleur et moins cher moyen de produire de l'électricité à la demande, quand en hiver il n'y a pas de vent ou de soleil et que la demande d'électricité est maximale.
 
13 - Le développement de cette ressource va entraver le développement des énergies renouvelables.
 
            Les énergies renouvelables actuelles, même très subventionnées ne peuvent subvenir aux besoins énergétiques pour le présent et pour le futur proche, même si leur coût diminue. De plus cette ressource du gaz n'empêche pas la poursuite des économies d'énergie indispensables, rentables et bonne pour l'environnement. Il n'y a pas lieu d'opposer l'exploitation des gaz de schistes, financée par le privé, à la nécessité d'économiser l'énergie, les deux activités étant favorables à l'emploi.
            Comme on le constate aux Etats-Unis, le prix du gaz suit les lois du marché, son abondance baisse son prix. Les énergies renouvelables ne peuvent se développer avec les seuls investissements privés et dans la situation de déficit de nombreux pays, les subventions déclinent.
 
14 - Pollution de l'air.
 
http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/Epuisementdesressourcesdepetroleinfonuggetmain.jpg            Elle n'est pas spécifique du gaz de schistes mais de tous les hydrocarbures quand des tests de mise en production sont effectués et que le gaz est brûlé à la torchère. Ces essais sont nécessaires pour évoluer la capacité du réservoir. C'est une procédure classique, courante, de courte durée, pratiquée depuis plus de cent ans.
            Quant aux émissions de méthane dons l'atmosphère, elles représentent 10% de l'ensemble des gaz à effet de serre (la plus importante après le CO2, étant la vapeur d'eau) mais seuls 3% proviennent des puits de gaz, des gazoducs et des fuites de réservoirs de stockage. Les 7% restants proviennent des dépôts d'ordures ménagères, des mines de charbon et de la fermentation stomacale du bétail. Les fuites de gaz attribuables aux gaz de schistes sont négligeables.
 
            En définitive, certes l'exploitation des gaz de schistes a certains inconvénients, comme toute action industrielle. Mais ces inconvénients sont faibles, et les connaissances actuelles et une réglementation sévère permettent de les minimiser.
            Il faut constater malheureusement le rôle négatif de nos médias, qui ont failli dans leur rôle non seulement d'information non biaisée, mais aussi de pédagogie, et ont distillé avec les "verts" la peur dans l'opinion publique.
            Il faut espérer que les pouvoirs publics ne passeront pas à coté de cette opportunité de redresser notre balance commerciale, assurer notre dépendance énergétique, créer des emplois non délocalisables, et développer notre industrie pétrolière, qui a tendance actuellement à rechercher des marchés hors de France, puisque l'exploitation de gaz de schistes y est impossible temporairement.
            De plus, les compétences acquises, notamment dans la connaissance géologique du sous-sol français, préparerait la mise en place de la géothermie profonde et de la transition énergétique. La géothermie profonde est la seule énergie thermique illimitée, permanente, non polluante, pouvant être installée à peu près partout, pour des investissements du même ordre que ceux des forages pétroliers et sensiblement inférieurs à ceux de l'éolien. (Le gradient de température est de 3,3 d°/ 100 m de profondeur).
            La France est, parmi les grands pays, l'un des mieux placés pour réussir cette transition énergétique et disposer ainsi avec son hydraulique, son nucléaire, sa biomasse, le gaz et les énergies renouvelables, d'un avantage compétitif unique. Elle dispose déjà d'un prix de l'électricité avantageux qui lui permettrait d'implanter rapidement un parc d'automobiles électriques peu polluantes.
         Il y a un effort à faire; il faut le faire pour nos enfants et au moins pour leur laisser un pays compétitif, avec moins de chômage, et le moins polluant possible, où il fait bon vivre.
Par lalileloluly le Samedi 16 février 2013 à 2:17
Bien que peu renseigné, j'ai jamais eu l'opportunité de voir le gaz sous cette aspect.
+ une chimicienne que j'ai rencontré récemment allait dans le sens contraire de votre article sur le gaz de schiste.
 

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