Vendredi 30 janvier 2009 à 8:43

Notre cerveau : émotions

    Les émotions des types peur, colère, tristesse, stress, anxiété, angoisse sont assez bien connues et les responsables principaux dans le cerveau, des manifestations correspondantes sont les centres amygdaliens.
    Les amygdales semblent en fait moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie. Ceux qui nous avertissent d'un danger imminent sont donc des stimuli très importants pour les amygdales, mais également ceux qui signalent la présence de nourriture, de partenaires sexuels, de rivaux, d'enfants malheureux, etc.
    Ces centres nous permettent de réagir presque instantanément à la présence d'un danger. Tellement rapidement que c'est seulement après avoir sursauté que l'on comprend souvent ce qui nous a effrayé.
    Tout doit bien sûr commencer par une stimulation sensorielle quelconque comme la vue d'une forme étrange ou un son menaçant.

    L'information en provenance d'un stimulus externe atteint l'amygdale de deux façons différentes : par une route courte, rapide mais imprécise, directement du thalamus, et par une route longue, lente mais précise, celle qui passe par le cortex.

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    C'est la route courte, plus directe, qui nous permet de commencer à nous préparer à un danger potentiel avant même de savoir exactement ce dont il s'agit. Ces précieuses fractions de secondes peuvent, dans certaines situations, faire la différence pour notre survie.

    Le thalamus est le coordonnateur de nos perceptions : 40 fois par seconde, il interroge nos cinq sens et recueille leurs stimulus. Après une analyse ultra succincte en liaison avec les centres d’interprétation de nos perceptions et notamment ceux d’analyse de la vision situés à l’arrière du cerveau, il envoie quelques millisecondes après une alerte aux amygdales.
    Cette action fait naître des réactions émotionnelles avant même que la perception complète n'ait eu lieu et que le système puisse se représenter complètement le stimulus.

    Les amygdales vont en effet aussitôt réagir, comme on l’a vu dans l’article précédent, en intervenant par le canal du tronc cérébral (des centres au dessus de la colonne vertébrale qui règlent nos processus vitaux comme les battements de coeur, la respiration...) et  de l’hypothalamus, qui à eux deux agissent sur les systèmes sympathiques. (orthosympathique qui accélère les processus et parasympathique qui les ralentit).
    Elles vont agir sur le striatum qui contrôle nos mouvements.
    Elles vont aussi polariser tous nos sens et notre attention sur le phénomène détecté.
    Puis si le danger n’est pas vital, elles nous figent, en attente d’une analyse de la situation par le cortex, ce qui est la route “longue” qui va prendre quelques secondes.

    En effet, après un traitement des différentes modalités de l'objet par le cortex sensoriel primaire, le cortex associatif (deux centres que l’on appelle “quoi” et “ou”) fournit à l'amygdale une représentation de l'objet.
    Cette représentation élaborée de l'objet peut alors être comparée au contenu de la mémoire explicite grâce à l'hippocampe qui entretient lui aussi des liens étroits avec l'amygdale.
    C'est l'hippocampe qui permet en premier lieu l'apprentissage du caractère dangereux d'un objet ou d'une situation grâce à la mémoire explicite. L'hippocampe est aussi particulièrement sensible à l'encodage du contexte associé à une expérience aversive. C'est lui qui fait en sorte que non seulement un stimulus peut devenir une source de peur conditionnée, mais également les objets autour, la situation ou le lieu où il se trouve.
    A un niveau d'analyse encore supérieur les cortex préfrontaux et frontaux conceptualisent la situation, ses conséquences ainsi que celles de réactions futures; il élabore donc une stratégie et en informe également l'amygdale.

    Par cette voie lente, le traitement de l'information  arrive à l'amygdale et précise si c'est un véritable stimulus menaçant ou s'il n'y a pas lieu de s'inquiéter.
    La présence imminente d'un danger poursuit alors le travail d'activation de l'amygdale, qui au contraire va ramener tout à la normale si le danger s’avère être une fausse information.

    Pour mieux vous faire comprendre je vais vous donner un exemple.
Vous venez de vous réveiller et de vous lever et vous allez vers la fenêtre de votre chambre voir le temps qu’il fait.
    Et là horreur !,... une énorme araignée noire toute velue est sur le rideau de tulle !
    Vous êtes bloquée sur place, une bouffé de chaleur monte à vos joues, vos mains deviennent moites, votre coeur tape dans votre poitrine, votre respiration s’accélère, vos muscles ventraux se contractent et vous semblez prête à fuir.
    Mais là; vous êtes paralysée quelques secondes et vos yeux ne quittent pas l’araignée, votre attention est bien plus forte que pendant vos cours au lycée !!

    Quelques secondes passent ainsi pendant lesquelles se produit un dialogue dont vous êtes à peine consciente.
    Le cortex sensoriel a envoyé l’image au cortex frontal, qui prend la situation en main, à grand renfort de transmissions multiples .
    Il demande à un centre du cortex associatif le “Où”, qui est chargé de faire la cartographie de l’environnement, de repérer de façon précise la position de l’araignée et de voir ses variations dans le temps, : autrement dit, bouge t’elle, est ce un objet vivant ?
    Il demande à l’hippocampe combien une araignée a de pattes et comment est fait son corps, puis aux centres visuels aidés par le centre “mathématique” de Broca (celui qui gère la production de mots), de compter les pattes : tiens il n’y en a que six !!! Et elle n’a pas de tête cette araignée.
    Cortex frontal consulte le préfrontal : dans ces conditions d’informations, qu’est ce que je risque si j’approche pour mieux voir ? Cortex préfrontal réfléchit, évalue et donne son feu vert.
    Vous faites un pas et l’analyse se poursuit plus précise.
    Finalement le cortex se rend compte que l’araignée est en laine, un “épouvantail” d’araignée, sans danger (danger à l’origine tout à fait minime, mais vous avez peur des araignées !).
    Les amygdales sont averties et lèvent l’alerte rouge en envoyant du GABA qui va ramener les paramètres de votre organisme à la normale.

    Mais les amygdales sont “vexées” d’avoir ainsi travaillé pour rien et de “s’être fait avoir”, alors elles vont mobiliser leurs neurones à adrénaline pour susciter une petite colère et aller baffer votre petit frère, à l’origine de cette mauvaise blague. ! IOI

    J’espère que vous avez compris comment fonctionnent nos centres amygdaliens, et comment les émotions dues à la peur sont contrôlées.
    Des chercheurs ont étudié ces dernières années le fonctionnement de centres, sous-ensembles des amygdales, mais je n’ai pas voulu rentrer dans ce détail.

    Dans les prochains articles, je parlerai de nos mémoires et du circuit de Papez, puis de la mémorisation des émotions traumatisantes et des blocages correspondants.

    Mais il faudra que je vous montre aussi que nos centres amygdaliens ont d’autres fonctions importantes dans des domaines plus “positifs”.




Par lavieselonmoi le Samedi 7 février 2009 à 20:09
Ceci expliquant que face au danger nos réactions sont instantanées, et bien souvent salvatrice. La peur et la réflexion venant après. J'espère avoir bien compris.
 

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