Mardi 24 février 2009 à 8:43

Scarification, suicide

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/P1010113.jpg

    Il y a eu, il y a deux semaines,  une journée où des personnalités ont réfléchi sur le problème du suicide et plus particulièrement de celui des jeunes.
    Je voudrais en faire part sur ce blog des diverses constatations que j’ai
entendues.


    Le suicide est un grave problème de Santé Publique en France puisque l'on recense annuellement 12 000 décès par suicide, et que l'on estime à environ 160 000 le nombre de tentatives de suicide. Ces statistiques sont vraisemblablement sous-estimées en raison de la dissimulation du caractère suicidaire de l'acte par l’individu lui même ou par la famille l
Cette sous-estimation pourrait être de 20 %, soit environ 2000 suicides qui ne seraient pas enregistrés.
    La France occupe le quatrième rang après la Finlande, le Danemark et l’Autriche.
    Le suicide est une cause importante de mortalité prématurée car, par rapport aux autres causes de décès, il touche plus les adultes jeunes. Exprimé en années potentielles de vie perdues, calcul qui ne prend en compte que les décès avant 70 ans, le suicide représentait en 1995 la troisième cause de mortalité prématurée (9,6%), à égalité avec les accidents de la circulation (9,7%), derrière les maladies cardio-vasculaires (12,1%) et le cancer (30,0%). En 1970, la part des suicides n'était que de 4,6%.
     L'importance du suicide dans la mortalité prématurée a donc plus que doublé en 25 ans et en 50 ans, le suicide des jeunes a triplé !

    Les tentatives de suicide de jeunes (authentifiées comme telles) sont passées,en dix ans de 40 000 à 60 000 environ, dont 800 à 900 décès chaque année, les trois quarts concernant des garçons.   
    La France arrive en tête en ce qui concerne le nombre de suicides chez les jeunes de 15 à 24 ans, , pour lesquels c’est la seconde cause de décès en France. C’est la première cause chez les jeunes de 25 à 34 ans.    
    Les tentatives sont beaucoup plus fréquentes chez les filles (3 fois plus) mais leurs conséquences moins graves. Chez le garçon, le passage à l'acte est généralement plus violent et le geste est donc plus définitif.

    D'après les statistiques, 80 % des jeunes suicidaires ne sont pas des dépressifs mais uniquement 10 % d'entre eux.
    S'il existe des caractères prédisposants, chaque ado peut avoir des pensées morbides, en raison de cette période de profonde mutation avec ses difficultés spécifiques, et même si apparemment tout va bien.
    Il existe toujours un accident initial :
        - un accident, une agression;
        - un chagrin d'amour;   
        - la perte de la personne aimée;
        - des difficultés relationnelles avec les parents,   
        - de mauvais résultats scolaires;
        - des relations coonflictuelles avec ses copains.
    Même s'il donne parfois l'impression d'être la conséquence d'un événement, la tentative de suicide est avant tout l'aboutissement d'un cheminement souterrain et douloureux.
    Les problèmes familiaux sont parmi les premières raisons évoquées et parmi ceux-ci :
        - les conflits parentaux et conjugaux ;
        - le manque de soutien des parents,
        - les familles recomposées;   
        - les conflits dans la fratrie;
        - un climat de violence;
        - les violences physiques ou morales..

.    Des évocations au suicide sont fréquentes peuvent être annonciatrices du geste. Il ne faut pas les prendre à la légère.

        Le désir de mourir :
    On a souvent tendance à croire qu’une personne suicidaire veut mourir. C’est faux : elle veut plutôt cesser de souffrir et non arrêter de vivre. Elle a épuisé les moyens qu’elle connaissait pour mettre fin à sa souffrance.
Son problème l’aveugle et l’empêche de voir les autres solutions qui s’offrent à elle et celles-ci existent. C’est ce que j’appelle “l’overdose de tristesse”.
    Les adolescents peuvent épuiser très rapidement les moyens qu’ils connaissent pour tenter de diminuer leur souffrance d’où l’importance de rester à l’écoute lorsqu’un adolescent vit des difficultés.

        Des causes multiples s’additionnent :
    Il n’existe pas une cause unique expliquant pourquoi certaines personnes ont des idées suicidaires.
Une personne peut vivre des difficultés à différents niveaux dans sa vie ce qui la rend plus fragile. Elle peut rechercher des moyens pour résoudre ses problèmes et se sentir mieux. Lorsque les moyens qu’elle utilise ne sont pas efficaces, le suicide peut commencer à lui apparaître comme la solution lui permettant de mettre fin à sa souffrance. A force de ne pas trouver de solution, ses idées suicidaires deviennet de plus en lpus fréquente et la personne peut commencer à planifier son geste (comment, où, quand).

        Une goutte de trop et c’est l’overdose de tristesse :
    Lorsque le vase est trop plein et que la personne envisage le suicide comme la solution à sa souffrance, un événement précis, parfois banal, peut le faire déborder. La personne peut alors basculer et passer à l’acte. Le témoignage que je vous ai rapporté dans mon article du 17 février 2009 en est un exemple.

        L’alerte :
C’est effectivement difficile de repérer un jeune ayant des pensées morbide s’il n’en parle pas. On peut cependant indiquer quelques symptômes : dans le monde réel, le mal-être avec l'agressivité et la souffrance ; dans le monde imaginaire : l’adolescent est absent, distant, froid, dans une totale indifférence. Ce sont ces aller-retours d'un état à l'autre qui sont symptomatique de l'entrée dans la trajectoire suicidaire.
    Mais très souvent l’adolescent cache son mal-être sous une insouciance joyeuse pour donner le change et ne pas inquiéter.

  
  L’important, si un(e) de vos camarades à des idées morbides, c’est d’abord de l’écouter de lui montrer que vous tenez à elle, que vous êtes là pour l’aider, mais si vous voyez que cela persiste, il faut alerter des personnes plus expérimentées que vous : l’infirmière du lycée, le professeur principal, vos parents...
    Il ne faut pas laisser le mal progresser

Par Momzelle le Mardi 24 février 2009 à 9:05
C'est ce genre d'article que je le en entier, qui a chaque fois me donne mal a l'estomac en pensant a des jeunes qui ont pas eu ce qu'il fallait quand il le fallait.
Et je le genre d'idées que je n'aimerais plus jamais avoir. Il y a des sujets qui sont trop tabou encore ...
Par ambrosia le Mardi 24 février 2009 à 9:18
je comprends si bien leurs détresses, quand on croit qu'il n'y a personne qui pourra comprendre, qui pourra enlever toute cette douleur...
Par plop-maw le Mardi 24 février 2009 à 18:50
C'est super gentil merci =).
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/2796327

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast