Mercredi 22 juin 2011 à 8:41

Enseignement, école, fac

Je continue le tour de mes réflexions sur les sujets de philo du bac, cru 2011.

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          - "La liberté est-elle menacée par l'égalité ?"

    Sujet un peu dangereux parce qu’assez politique,; enfin Sarkozy n’est pas correcteur !
    Et puis évidemment on remarque qu’on ne parle pas de la fraternité, c’est à dire de la solidarité !
    Et ne peut on inverser le problème : l’égalité est elle menacée par la liberté ?. Vaste sujet !!
    Mes professeurs autrefois en seconde et en première nous apprenaient les méthodes pour faire les dissertations et ils nous disaient de rechercher d’abord les diverses significations possibles de tous les mots importants du sujet proposé.
    Je pense que le mot liberté a deux sens très différents : la liberté de pensée et d’expression et la liberté d’action. Mais on peut aussi le prendre au sens individuel (l’homme en tant qu’être humain), et au sens collectif  (l’homme dans la société), avec son aspect politique selon lequel les individus sont tenus par les mêmes obligations légales et jouissent des mêmes droits.
    Au plan politique, on s’avance en terrain miné lol, mais c’est pourtant fondamental : l'assemblée a déclaré en 1789 que “tous les hommes naissent libres et égaux en droit”.
    Le conflit entre liberté et égalité est le problème fondamental de la démocratie. L’égalité de tous devant la loi protège (en principe) contre les tyrans, (celui qui décide de tout croyant détenir la vérité), mais nous en voyons bien les limites actuellement.
    Il est bien certain que l’on ne peut pas faire n’importe quoi en société et que le rôle de la loi est de rendre la vie possible pour tous et donc un compromis entre liberté et égalité. “la liberté du citoyen ne doit pas compromettre la vie de la cité” disait la révolution française.
    L’Etat est garant de la loi, mais s’il se préoccupe surtout d’assurer la liberté et de protéger la jouissance des biens, il favorise les riches et devient alors inégalitaire. A l’inverse le trop égalitaire va amener des mesures qui peuvent être excessives comme la suppression de la propriété privée. On connaît bien cete dualité antre les thèses ultralibérales et le marxisme.
    Mais sans aller jusqu’à ces extrêmes, ne peut on parler de “tyrannie de la majorité” et cependant les républiques passées nous ont montré que, sans majorité, l’état est ingouvernable!
    Ce n’est d’ailleurs pas qu’une question de lois, car cet équilibre difficile à trouver intervient également dans le monde économique, partagé entre le libéralisme et la concurrence mondiale et le dirigisme, les deux systèmes ayant montré ou montrant tous les jours leurs limites et leurs défauts.
    Sans parler de la “raison d’état” qui parfois justifie des crimes !
    Mais j’aurais aimé aborder aussi ce sujet différemment que sous son jour politique et économique : j’aurais aimé parler de la liberté de pensée et d’expression, mais aussi de l’influence des média qui uniformise les esprits et par la mode et le bourrage de crâne, nous rend dociles et moutonniers.
    Mais aussi de l’égalité qui aboutit à la laÏcité, qui est en fait une liberté de pensée.
    J’aimerais aussi regarder l’égalité des chances , dans laquelle d’ailleurs on mélange allègrement mixité sociale et réussite scolaire qui sont deux objectifs totalement différent.
    Et puis je me pose aussi la question des quotas, de toutes les mesures faussement égalitaires qui effectivement entraînent des atteintes à la liberté pas toujours justifiées.
    Mais finalement je me demande “qu’a ton fait de la fraternité” ?

          - "L'art est-il moins nécessaire que la science ?"

    Traiter ce sujet m’aurait embarrassé car je le trouve très mal posé, mal rédigé.
    Quelque chose n’est pas nécessaire, utile en soi.
Je ne peux pas décréter que , si je trouve quelques chose d’utile pour noi, il doit l’être pour tous.
    La science comme l’art sont utile à quelque chose, nécessaire à certains et pour certaines raisons.
    A mon sens l’utilité et la nécessité de la science et de l’art sont de nature très différentes et on ne peut guère les comparer.
    La science c’est la recherche de la connaissance et de la compréhension du monde, l’expression de la curiosité intellectuelle.
    L’art c’est la recherche de la beauté, de l’émotion par nos sens, l’expression d’un besoin d’un désir, d’une création personnelle.
    Il y a cependant un lien entre utilité de la science et de l’art que l’on peut évoquer, leur pratique et leur apprentissage est formateur pour l’esprit.
    Or ils mettent en oeuvre des qualités intellectuelles voisines :  travail, imagination, créativité, une certaine rigueur, le sens de l’observation, une idée des ordres de grandeur et des proportions, un souci du détail allié à une vision globale des choses, ce qui est parfois contradictoire.

          - "Ressentir l'injustice m'apprend-il ce qui est juste ?"

    J’avoue que ce sujet ne m’emballe pas, p    rce qu’il est ambigu.
    Là encore question de sens des mots de définition.
    Qu’est ce que la justice ? Des règles juridiques ou morales, auxquelles l’homme doit se conformer pour vivre en société et au regard desquelles les comportements peuvent être sanctionnés ou récompensés selon leurs manquements ou leurs mérites.
    Je me souviens un peu de mes cours de philo, de Platon souhaitant l’harmonie entre les vertus humaines et l’ordre de la cité, et Aristote qui distinguait la justice individuelle et morale (la vertu) de la justice globale et communautaire (les lois) et je me souviens de traductions de Cicéron sur ce sujet.
    La phrase me paraît aussi ambigüe car à priori les règles qu’elles soient morales ou surtout juridique sont rationnelles et “ressentir” est une impression, presque une émotion, donc peu objective et peu rationnelle.
    Injustice, c’est essentiellement une erreur de justice, avoir accusé ou condamné quelqu’un pour une erreur qu’il n’a pas commise, pour une faute contre les règles qu’il n’a pas commises.
    Normalement pour être sensible à une injustice, il faudrait être objectif, et d’une part connaître la loi (ou les règles) et d’autre part connaître les faits, les actions reprochés.
    En fait ce n’est pas aussi simple, car notre connaissance des lois et des règles n’est pas aussi bonne ni aussi précise et celle des faits non plus (sauf si ce sont ceux de nos actions personnelles).
    D’où ressentir l’injustice, car c’est plus un sentiment qu’un raisonnement.
Donc un sentiment qui peut être fallacieux et qui n’est pas forcément objectif par rapport aux règles et aux faits.
    J’aurais volontiers fait une digression sur les règles morales , qui sont loin d’être universelles et où chacun de nous s’est approprié certaines d’entre elles : le “surmoi” de Freud.
    Et puis je suis souvent confronté aux plaintes de mes guenons, qui s’indignent et souffrent d’être accusées à tort par leurs parents, leurs profs ou leurs camarades, de “méfaits” qu’elles n’ont pas commis.
    Ce sentiment d’injustice est profondément ancré en nous, indépendamment des lois et règles et davantage associé à toute critique, tout reproche, mais bien sûr, pour que ceux-ci soient “injustes” il faut que nous ayons conscience d’avoir ou non enfreint les règles ou porté préjudice à autrui.
    A mon avis, ressentir l’injustice suppose que je connais au moins approximativement ce qui est juste, mais je ne pense pas que cela m’apprenne davantage sur ce qui est juste, sauf si je vais faire cette recherche de façon réfléchie et volontaire.
    D’ailleurs ne dit on pas “c’est injuste” pour “ce n’est pas mérité”, devant des catastrophes qui s’abattent sur des innocents.?


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