Mercredi 19 juin 2019 à 18:34

Enseignement, école, fac

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 Tous les ans, quand paraissent les sujets de philo et de français du bac, bien que je sois essentiellement un scientifique, j’aime bien faire deux ou trois articles sur ce qu’ils m’inspirent.
Il ne s’agit en aucun cas de corrigés. Je n’ai pas de formation dans ce domaine, je n’ai jamais été prof et mes études prébac sont lointaines 72 ans. Mais cela m’amuse de réfléchir et de me rappeler le temps où je passais le bac.

                                                 Sujets de la filière L:
                                  • Est-il possible d’échapper au temps?
                                  • À quoi bon expliquer une œuvre d’art?

Est-il possible d’échapper au temps?

    J’aime bien le premier sujet, probablement parce que je suis âgé.
    Nous naissons, nous vivons et nous mourrons. C’est inexorable et même si cela exige des durées différentes selon les personne, aucune n’échappe à cette destinée.
    Certes les catholiques peuvent croire à une résurrection et à la vie éternelle, mais personne n’a encore dit quand elle aurait lieu.
    Les scientifiques savent que l temps n’est qu’une dimension comme les dimensions spatiales et que les lois de la relativité indiquent que ce temps s’écoule différemment si on atteint des vitesses proches de celle de la lumière. Mais comme il est impossible à un corps ayant une certaine masse, d’atteindre de telles vitesse, en raison de son inertie, nous ne pourrons jamais être témoins de ce phénomène
    Alors oui nous n’avons pas prise sur le temps

    Notre organisme est pourtant fait pour le mesurer. Nos horloges circadiennes ( voir mes articles des), sont sensibles à l’alternance des jours et des nuits, et notre hippocampe, s’il fonctionne encore correctement, (c’est en effet un des problèmes de la maladie d’Alzheimer), nous permet de dire approximativement à quel heure de la journée on est ou quelle a été la durée d’un phénomène (sauf s’il est très court).
    Nous sommes donc immergés dans le temps au plus profond de nous mêmes.

    Par contre le temps des horloges, qui dans notre système cartésien s’écoule de façon linéaire, a de singuliers caprices dans notre psyché.
    Quand nous ne savons que faire et nous nous ennuyons, le temps s’écoule lentement et nous trouvons « le temps long ».
    Au contraire quand nous somme très occupés, en général le temps « passe trop vite », de même que lorsque nous sommes plongés dans la joie et les émotions positives.

    Le temps se dilate et se contracte au fil de nos émotions et de notre activité.
   Donc au travers d’elles nous avons une prise sur le temps

    Autre point important, pouvons nous oublier le passé, être actifs dans le présent ou le fuir, et se positionner dans l’avenir ou ne pas y songer?
    Au cours du temps, l’environnement évolue et les hommes changent, de même que les civilisations.
    Il est certain que ce qui est passé ne peut plus être changé, (« le temps perdu ne se rattrape pas », et que nous avons une certaine prise sur le présent et surtout sur l’avenir, selon l’orientation de nos actions.
    D’une part nous constatons qu’il existe des personnes qui ont l’air de ne pas vivre avec leur temps, soit qu’elles soient absentes, soit qu’elles n’aient pas pu évoluer, et d’autre part nous voyons aussi de nombreux cas où certains ne peuvent se débarrasser de leurs remords et leurs regrets et vivent dans le passé, tandis que d’autre ne peuvent envisager l’avenir ou au contraire rêvent en permanence d’un avenir utopique. J’ai déjà fait des articles sur ces sujets.
    Nous connaissons tous aussi des personnes qui procrastinent sans cesse.
    C’est en apparence un refus d’avoir conscience du temps. En réalité cela correspond à des phénomènes bien plus complexes : préférence cérébrale J ou P qui nous amène à agir sur les événements pour les maîtriser ou à nous y adapter; sensibilité au stress , pessimisme ou optimisme, préférence S ou G qui nous oriente plus ou moins vers l’avenir. Mais aussi influence de nos souvenirs heureux ou malheureux, de traumatismes que nous avons subis, d’émotions tout au long de notre vie.

    En fait pour nous qui vivons, le temps n’est pas une donnée mathématique et physique de la vibration d’une molécule ou d’un atome. C’est une suite de souvenirs de notre passé que nous avons en mémoire et qui influent, à travers notre inconscient, sur notre présent et sur notre futur, souvenir de faits, d’émotions, mais aussi de personnes avec lesquelles nous avons eu des relations humaines.
    Sur ce temps nous avons une certaine prise et c’est souvent ce que j’essaie d’apprendre à des jeunes que j’aide.
    Certes ne pas oublier le passer, se rappeler ses instants heureux, les gens qui nous ont aimé, mais sur les moments douloureux ou les échecs, savoir tirer les leçons et ensuite tourner la page.
    Le présent c’est réfléchir aux problèmes, les analyser, prendre des décisions et agir. C’est vivre avec son temps, s’adapter à l’évolution de la société, ne pas négliger l’avis des autres, et jouir de tous les petits instants de bonheur auxquels nous ne faisons pas assez attention. «  Carpe diem » disaient les anciens.
    L’avenir c’est essayer de prévoir les conséquences de nos actions, le construire le meilleur possible, le nôtre, celui des instances familiales ou professionnelles dont nous somme responsables, voire réfléchir à ce que peut être notre action pour la collectivité, le climat et la biodiversité, par exemple
    Finalement, avoir prise sur le temps, c’est ne pas rester inconscient, c’est vivre consciemment notre vie.

À quoi bon expliquer une œuvre d’art?

    J’avoue que ce sujet m’intéresse, mais me laisse perplexe.
    J’aime beaucoup la musique classique (certaines chansons aussi mai il faut qu’il y ait un air et de bonnes paroles). J’aime les musées notamment de sculpture et de peinture. J’aime aussi la photographie. Beaucoup moins le cinéma. J’aime lire mais je n’ai pas tendance à considérer mes lectures comme des oeuvres d’art, et pour certaines d’ente elle j’ai probablement tort puisqu’elles provoquent ne moi des émotions.
    J’ai entendu de nombreux guides dans des musées ou des monuments; certains m’ont intéressé, certains m’ont fait fuir. Je lis parfois des critiques d’arts; le plus souvent ils me paraissent très ésotériques et ne réussissent pas à me convaincre. Les historiens et des professeurs m’ont aussi parlé d’art et je ne peux pas dire que cela m’a passionné.
    Comme ces métiers existent et semblent utiles, je pense que c’est moi qui ne suis pas sensible aux explications sur l’art.

    Pour moi une oeuvre d’art soulève ou non des émotions, difficiles à définir. J’aurais souvent du mal à dire pourquoi je trouve beau un objet, un tableau, un monument, un paysage une musique. Il m’arrive d’être ému aux larmes et je ne sais pas trop pourquoi. Et c’est l’objet lui même qui en est responsable et pas ce qu’on me dira sur lui.
    Alors lorsqu’on me donne des explications (et en supposant que ce soit bien fait), qu’est ce qui m’intéresse : des données factuelles mais en aucun ca émotionnelles : quelle a été la vie de l’artiste, où cette oeuvre se place dans sa vie, des détails techniques comme sa faon de peindre; éventuellement attirar l’attention sur une particularité qui se voit peu.
    Par contre quand on veut m’expliquer ce qu’à voulu faire voir, dire, exprimer l’artiste, avec parfois d’ailleurs des théories curieuses, alors cela m’agace et je fuis;
à la rigueur cela m’intéresserait si c’était l’artiste lui même qui me le disait,
    Mais faire des hypothèses hasardeuses sur d-se intentions, et souvent farfelues sur ce que représente son œuvre, cela me parait prétentieux voire parfois ridicule quand par exemple l’œuvre est peu représentative de la réalité. Je me suis amusé un jour, quand j’étais jeune à commenter des tableaux de peinture moderne, avec une certaine ironie, et les visiteurs qui sont venus m’écouter me prenaient pour un guide! (Depuis d’ailleurs mes filles ne veulent plus m’accompagner dans les musées de peinture non représentative, mais je les laisse volontiers y aller seule !! Je me contenterai du Louvre et du musée d’Orsay).
    Cela dit je suis conscient qu’il faut faire connaître les artistes, les aider à subsister et donc je suis d’accord pour qu’il y ait des catalogues, des articles sur eux et leurs œuvres. J’ai moi même des livres sur les musées, les peintures , l’architecture et je lis volontiers ce que disent certaines bloggeuses sur les livres qu’elles lisent.
    Mais il faut que ce soit un compte rendu simple, direct, qui donne envie de voir l’œuvre et pas celui d’un « expert » qui se gargarise de mots et de connaissances ou qui veut absolument vendre quelque chose.
    Le pire que j’ai entendu, c’est un guide qui voulait me persuader qu’un tableau : une toile toute blanche avec un losange bleu au milieu, était une œuvre d’art extraordinaire. Je l’ai vexé car je lui ai dit avoir fait beaucoup de tableaux analogues quand j’avais 4 ans.!
Par coldtroll le Vendredi 21 juin 2019 à 23:05
Je suis assez partagé. Expliquer pour donner des clefs, donner la possibilité à l'autre d'être en capacité de mettre des mots sur sa propre appréhension, oui. Expliquer pour affirmer la prétendue supériorité de son savoir, non.
Ce fameux losange, on te l'a sûrement mal expliqué. J'ai fait de la médiation sur des monochromes de ClaudeRutault , c'est très bien passé, j'ai donné les clefs de compréhension tout en refusant de dire aux visiteurs ce qu'ils devaient en penser.
Je ne suis pas très art moderne et pourtant je trouve les monochromes bleus de Klein fascinant.
Tu as réduit le sujet. Une oeuvre d'art n'est pas forcément de l'art classique, mais peut être préhistorique, ou alors de l'artisanat. Et attention à éviter les amalgames entre oeuvre d'art et chef d'oeuvre.
 

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